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PAIRE D'ÉPAULETTES DE GÉNÉRAL DE BRIGADE C.D. BOURBAKI, SECOND EMPIRE.

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PAIRE D'ÉPAULETTES DE GÉNÉRAL DE BRIGADE C.D. BOURBAKI, SECOND EMPIRE.

Elles sont brodées en frisure de torsades et paillettes d’or. Le corps est brodé d’un dessin figurant un galon à bâtons en forme de V bordé d’une baguette d’encadrement festonnée sur un drap de laine bleu foncé presque noire ; son écusson est décoré d’un bouclier au bord festonné, orné de deux étoiles en métal argenté. Les franges sont en grosses torsades mates. Le contour se compose de trois tournantes : une grosse en bourdon mat et filé brillant roulé alternativement sur une âme en coton ; une seconde intérieure en petite milanaise mate tordue, mélangée d’une autre simple brillante ; une troisième, du même travail, est appliquée au-dessous de la grosse, à la naissance de la frange. Bouton d’uniforme d'aide de camp (demi-bombé, doré au bruni et mat, estampé et relief d’un casque antique avec live dans une couronne de branches de chêne et de laurier), fixé en haut du corps d’épaulette, une forte agrafe en métal blanc marqué « ROUART - M&I PARIS » est placée au-dessous, à la partie correspondante (cette agrafe s’engage dans un petit gousset cousu sur l’uniforme).

Parfait état proche du neuf.

Boîte de transport en bois recouvert de papier vert foncé, intérieur gainé de drap blanc et coussin. Le couvercle de la boîte est bordé d'une baguette dorée au fer avec en son centre l'inscription en or « BRIGADIER GENERAL C-D BOURBAKI » surmontant une aigle impériale. Poignée et fermetures en laiton marquée « ROUART RUE RICHELIEU 86 PARIS ».

Très bon état.

France.

Second Empire.

BIOGRAPHIE :
Charles-Denis Bourbaki est un militaire français né à Pau le 22 avril 1816 et mort à Bayonne le 22 septembre 1897.
Fils du colonel grec Constantin Denis Bourbaki (1787–1827), mort pendant la guerre d'indépendance grecque, il se distingue dans l'armée d'Afrique et notamment dans la guerre de Crimée. Nommé général, il sert brièvement lors de la guerre franco-allemande dans l'armée du Nord en cours de constitution avant de prendre le commandement de l'armée de l'Est.
Bourbaki, comme certains autres généraux du Second Empire dont la formation s'est déroulée en Afrique, est appelé aux plus hauts postes de commandement pendant la guerre de 1870.

Il entre à Saint-Cyr et, en 1836, rejoint les zouaves puis, promu au grade de lieutenant, entre dans la Légion étrangère. Il assume également la charge d'aide de camp du roi Louis-Philippe Ier.
Son baptême du feu a lieu lors d'une expédition en Afrique. Capitaine des zouaves en 1842, au siège de Zaatcha en 1849, lieutenant-colonel du Premier Zouaves en 1850, colonel des Turcos en 1851, et brigadier général en 1854, il commande une partie des troupes algériennes pendant la guerre de Crimée, et se rend célèbre à Alma, Inkerman et au siège de Sébastopol.
En 1857, il est nommé général de division et participe à la bataille d'Icheriden aux côtés de Patrice de Mac Mahon. En 1859, il commande à Lyon. Lors de la campagne d'Italie, il combat à la bataille de Magenta et à la bataille de Solférino à la tête de la 3e division du IIIe corps d'armée français du général Canrobert.
Il est proposé en 1862 comme candidat au trône vacant de Grèce, en raison de son ascendance grecque, mais il décline l'offre.

En 1870, l'Empereur lui confie le commandement de la garde impériale, et il joue un rôle important dans les opérations liées au siège de Metz. Toutefois, Bourbaki est impliqué dans un curieux événement au moment du siège de Metz : un homme, qui se fait appeler Regnier, apparaît à Hastings vers le 21 septembre 1870, pour demander une entrevue à l'impératrice Eugénie qui y est réfugiée, mais il ne parvient pas à l'obtenir ; il réussit cependant à recevoir du jeune prince impérial une photographie signée avec un message pour Napoléon III, dont il use comme sauf-conduit vis-à-vis d'Bismarck, et comme pièce d'identité pour le maréchal Bazaine, auquel il se présente à Metz, lui racontant sous l'autorité de l'impératrice que la paix doit être signée et que, soit le maréchal Canrobert, soit le général Bourbaki, doit se rendre à Hastings dans ce but. Aussitôt Bourbaki se rend au Royaume-Uni, avec la connivence de la Prusse, croyant qu'il est en mission officielle. Dès qu'il découvre par l'impératrice que l'on s'est moqué de lui, il revient en France.

Bourbaki offre ses services à Léon Gambetta. Le 22 octobre 1870, le général Bourbaki est appelé au commandement de la région militaire du Nord. Aidé du colonel Farre et du préfet du département du Nord — Achille Testelin — il tire des dépôts de l'armée des effectifs qu'il constitue en régiments de marche et réorganise la garde mobile en bataillons à cinq compagnies de cent cinquante hommes chacune, commandées par trois officiers. Plusieurs batteries d'artillerie sont organisées dont une de douze qui arrive de Mézières et la cavalerie est organisée avec le dépôt du 7e régiment de dragons de Lille qui prend le nom de dragons du Nord et avec deux escadrons de la légion départementale de la gendarmerie montée. L'armée du Nord est constituée.

Le 10 novembre 1870, Bourbaki est démis de son commandement et transféré à l'armée de la Loire pour former l'armée de l'Est destinée à secourir Belfort. Farre, qui vient d’être promu général, le remplace provisoirement à la tête de l'armée du Nord.

À la tête des troupes hâtivement entraînées et mal équipées de l'armée de l'Est, il tente de lever le siège de Belfort. Cette opération est obérée par de considérables problèmes de ravitaillement, en vivres notamment. Après la victoire inexploitée de Villersexel, elle se conclut par la retraite des Français à la suite de l'échec de la bataille d'Héricourt (1871). Après la guerre, certains déplorent le peu de combativité et l'excès de prudence de Bourbaki qui, à l'image de Bazaine à Mars-la-Tour, aurait surestimé la puissance de l'adversaire et a contrario sous-estimé la sienne pour finir par abandonner le combat sans avoir livré toutes ses forces dans la bataille. Ce point de vue est réfuté par les officiers de l'entourage du général.

La retraite de Bourbaki vers Besançon est coupée par d'autres forces allemandes dirigées par Manteuffel, et cela le contraint à replier son armée vers la frontière suisse. Ses troupes sont dans la situation la plus déplorable et manquent de nourriture. Des 150 000 hommes avec lesquels il était parti, il n'en reste plus que 84 000.

C'est alors le passage en Suisse aux Verrières (commune proche de Pontarlier-Doubs), mais aussi à Sainte-Croix et Vallorbe, où l’armée de l'Est est désarmée puis internée dans les divers cantons de la Confédération, à la suite de la Convention des Verrières. Cet épisode dramatique est immortalisé par le peintre Édouard Castres (voir ci-contre). Bourbaki lui-même, plutôt que de se soumettre à l'humiliation de la reddition, le 26 janvier 1871, délègue ses fonctions au général Clinchant puis, dans la nuit, se tire une balle dans la tête ; mais la balle, ayant dévié, ricoche contre son crâne et Bourbaki est miraculeusement sauf. Le général Clinchant le transporte en Suisse, où il retrouve assez de force pour retourner en France.

En juillet 1871, Bourbaki devient gouverneur militaire de Lyon. En 1881, du fait de ses opinions politiques, il est placé dans la réserve. En 1885, sa candidature au Sénat est un échec.

Citations ou expressions contenant le nom de Bourbaki
De nos jours dans l'armée française (mais aussi dans la Police nationale ou les sapeurs-pompiers), l'expression l'armée de Bourbaki désigne de façon péjorative un groupe hétérogène mal équipé, comme lorsque le port de l'uniforme n'est pas règlementaire. Ceci est sans doute une référence aux troupes mal équipées de l'armée de l'Est qui furent placées sous le commandement de Bourbaki. Il semble que ce soit les légionnaires qui, engagés dans un conflit sur le sol national métropolitain pour la première fois en 1870, et découvrant une armée française métropolitaine encore plus démunie qu'eux, auraient inventé l'expression suivante, destinée à un autre légionnaire mal accoutré : « T'es pas dans l'armée à Bourbaki ».
On trouve par ailleurs une petite vacherie de la part de Maupassant dans sa nouvelle intitulée Le Lit 29 ; elle ne concerne pas directement Bourbaki mais celui-ci est cité dans un passage, avec toutefois un peu d'ironie : le général Bourbaki passait aux yeux du capitaine Épivent, bel homme vain et superficiel, pour le plus grand des généraux français, « […] Il [Épivent] ne respectait, en somme, que les beaux hommes, la vraie, l'unique qualité du militaire devant être la prestance. Un soldat c'était un gaillard, que diable, un grand gaillard créé pour faire la guerre et l'amour, un homme à poigne, à crins et à reins, rien de plus. Il classait les généraux de l'armée française en raison de leur taille, de leur tenue et de l'aspect rébarbatif de leur visage. Bourbaki lui apparaissait comme le plus grand homme de guerre des temps modernes. Il riait beaucoup des officiers de la ligne qui sont courts et gros et soufflent en marchant, mais il avait surtout une invincible mésestime qui frisait la répugnance pour les pauvres gringalets sortis de l'école polytechnique, ces maigres petits hommes à lunettes, gauches et maladroits, qui semblent autant faits pour l'uniforme qu'un lapin pour dire la messe, affirmait-il. Il s'indignait qu'on tolérât dans l'armée ces avortons aux jambes grêles qui marchent comme des crabes, qui ne boivent pas, qui mangent peu et qui semblent mieux aimer les équations que les belles filles. Le capitaine Épivent avait des succès constants, des triomphes auprès du beau sexe […] ».
À Pau, un stade et le club de football y résidant portent son nom, ainsi qu'un théâtre.
Le nom du mathématicien imaginaire Nicolas Bourbaki est peut-être inspiré de lui.
Reference : 16043
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