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ENSEMBLE SHAKO ET HABIT D'UN ADJUDANT-MAJOR DE GRENADIER DU 75ème RÉGIMENT D'INFANTERIE DE LIGNE, modèle 1812, Premier Empire. 27652/27653

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ENSEMBLE SHAKO ET HABIT D'UN ADJUDANT-MAJOR DE GRENADIER DU 75ème RÉGIMENT D'INFANTERIE DE LIGNE, modèle 1812, Premier Empire. 27652/27653

SHAKO. Fût en feutre noir, bordé dans le bas d'un bourdalou en velours noir (H 3 cm) sans boucle de serrage à l'arrière (les shakos d'officier étaient souvent réalisés sur mesure). Il est recouvert par une calotte en cuir de vache ciré noir de 26 cm de diamètre rabattue sur le feutre et recouvert d'un galon en passementerie d'argent doré tissé « cul de dé » de 2,2 cm de large posé sur un galon de velours noir de 3,5 cm de haut. H du fût compris le bourdalou et la partie de calotte repliée 20 cm. Visière (largeur 6,5 cm) en cuir verni noir imprimée en relief sur le dessus et cirée vert en-dessous. Cocarde tricolore en passementerie argent-écarlate et bleu (diamètre 6 cm). Plaque frontale type 1810 de forme losangique en laiton doré estampé en relief de l'aigle impériale couronnée aux ailes déployées tenant dans ses serres le fuseau de Jupiter, en-dessous le chiffre « 75 » estampé, bordé de moulures saillantes décorées. H de la plaque 11,7 cm, largeur 10,7 cm.
Jugulaires composées d'une mentonnière en cuir souple gainé de velours noir et recouvert de 15 écailles découpées alternativement en quatre festons ; les écailles sont fixées au cuir au moyen d'agrafes en cuivre, longueur environ 21 cm, largeur de l'écaille la plus large 3,5 cm et de l'écaille la moins large 2 cm, terminées par un lacet remplacé postérieurement. Rosaces de forme ronde (diamètre 4 cm) estampées en leur centre d'une bombe enflammée sur fond sablé et bordées d'une moulure saillante.
Coiffe intérieure en cuir ciré noir découpé en 10 dents de loup.
Plumet d'époque en plumes vert foncé à sommet écarlate, monté sur une baleine, H des plumes 33 cm, H totale 37 cm.
France.
Premier Empire.
Très bon état, oxydation d'usage du galon d'argent, base de la baleine du plumet raccourci.

HABIT en drap bleu national.
Revers en drap blanc coupés droit dans la partie basse, à trois pointes dans les parties hautes, entièrement passepoilé écarlate, chacun est bordé de sept boutons d'uniforme petit module en laiton doré et bombé frappé du numéro « 75 » (diamètre des boutons 1,7 cm). Largeur des revers en partie basse 9 cm, en partie haute environ 13,5 cm, H au niveau du centre 31,5 cm, H maximale au niveau des pointes 36 cm.
La partie droite de l'uniforme est garnie de 16 crochets au niveau du revers. La partie de gauche est garnie de la même manière d'anneaux recevant les crochets pour la fermeture.
Parements droits écarlates passepoilés blanc (H 7,2 cm), pattes de parements bleu national passepoilées écarlate à trois petits boutons d'uniforme (H 10,7 cm, largeur 3,5 cm).
Collet en drap écarlate passepoilé bleu national, garni sur sa partie droite de quatre crochets et sur sa partie gauche de quatre anneaux destinés à recevoir les crochets. H du collet 7,7 cm.
Fausses poches arrière passepoilées écarlate formant trois pointes chacune garnie d'un bouton d'uniforme au modèle gros module (diamètre 2,5 cm). H des fausses poches 30 cm, largeur en partie haute 9,5 cm, et en partie basse 6 cm.
Basques avec revers en drap blanc, les quatre angles du bas sont décorés de grenades en fils, cannetilles et paillettes d'argent brodées sur drap écarlate et cousues (H des grenades 7,5 cm, largeur 4, cm).
Passants d’épaulettes en passementerie d'argent doré tissée « cul de dé » doublés de drap écarlate (largeur 1,2 cm).
Habit doublé de toile et de drap blanc.
France.
Premier Empire.
Bon état, quelques réparations et reprises en dessous des manches, doublure intérieure mitée.

ÉPAULETTE et contre-épaulette entièrement en fils et cannetilles d’argent doré, corps en passementerie d'argent doré doublé de drap bleu national, franges d'argent doré du modèle dit « cordes à puits», double tournante.
France.
Premier Empire.
Très bon état.

NOTE :
Il est très rare de rencontrer un ensemble Premier Empire au même numéro de régiment.

HISTORIQUE :
- 1812 : Espagne
Pendant l'année 1812, nous trouvons encore le 75e à Madrid. L'Historique régimentaire indique que le 4e Bataillon, rentré de Portugal, se réorganise en France et le 5e a été désigné pour l'organisation du 3e Régiment provisoire et se trouve également à Madrid et Tarascon. Tout cela mérite d'être clarifié.

Le 28 mars 1812, à Paris, "On propose à Sa Majesté d'ordonner que sur la somme de 3.735 fr. 36, montant de la perte faite le 25 mai 1811 par le 5e bataillon du 75e régiment, celle de 2.826 fr. S3, qui revient aux hommes présents, sera seulement remboursée par le Trésor Impérial"; "Approuvé", répond ce dernier (Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 5, lettre 7031 - Non signée ; extraite du « Travail du ministre de la guerre avec S. M. l'Empereur et Roi daté du 25 mars 1812 »).

Le 3 avril 1812, Jourdan écrit, depuis Madrid, à Berthier : "… Sa Majesté a décidé que M. le général Darmagnac se porterait sur Talavera avec les 2 bataillons, des 9e et 75e régiments d'infanterie de ligne, et le 19e régiment de dragons, qui sont dans la province de Cuença, avec le bataillon de Francfort, qui est en marche pour revenir de la Manche, et avec le régiment de chevau-légers westphaliens, dont partie est près de Madrid et l'autre partie est du côté de Tarancon, et qui serait envoyé à Talavera ; 50 mille rations de biscuit, restant des 400 mille rations que le roi a données anciennement à l'armée de Portugal, qui n'ont pas pu être expédiées, à défaut de moyens de transport ; 100 autres mille rations de biscuit, prises sur les approvisionnements du Retiro. Sa Majesté a aussi décidé que M. le duc de Mahon, qui est à Tolède, se rendrait à Cuença pour y prendre le commandement de cette province en remplacement de M. le général Darmagnac ; que le 75e régiment d'infanterie serait remplacé dans cette province par un régiment d'infanterie de l'armée d'Aragon, et le 19e régiment de dragons par environ 150 chasseurs à cheval du 1er régiment espagnol, qui sont dans la province de Tolède, et par la compagnie franche de Moralez, qui est à Alcala.
Tous les ordres sont expédiés ; mais on ne peut pas dissimuler que ces secours, tout faibles qu'ils sont, arriveront vraisemblablement trop tard.
Le bataillon de Francfort n'arrivera à Madrid que vers le 10 ; à peu près à cette même époque, le régiment westphalien sera aussi réuni à Madrid. Ces deux corps escorteront tout le biscuit qu'on pourra faire partir par les moyens de transport que M. l'ordonnateur en chef s'occupe à réunir, et qui vraisemblablement seront fort au-dessous de ceux qui seraient nécessaires. Ainsi on ne doit pas espérer que ces troupes et une partie du biscuit puissent arriver à Talavera avant le 15. Quant au 75e régiment d'infanterie et au 19e de dragons, qui sont à Cuença, leur marche dépend de l'arrivée dans cette province du régiment d'infanterie de l'armée d'Aragon, qui doit les remplacer. Il est donc difficile de calculer à quelle époque ces deux régiments arriveront à Talavera ..." (Du Casse A. : "Mémoires et correspondance politique et militaire du roi Joseph", 1853-1854, t. 8, p. 342).

Le 30 avril 1812, l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, au Général Clarke : "Monsieur le duc de Feltre, je réponds à votre lettre du 28 avril relative à l'organisation des demi-brigades ...
A la 11e demi-brigade provisoire, vous prenez 350 hommes du 75e, et 340 hommes du 43e, pour les mettre dans le cadre du bataillon du 50e de ligne. J'approuve cette disposition ...
P.-S. Faites-moi connaître quand les 16 demi-brigades provisoires seront en mouvement" (Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 5, lettre 7186 ; Correspondance générale de Napoléon, t.12, lettre 30538).

Le 4 mai 1812, Joseph écrit, depuis Madrid, à Berthier : "… Je fais diriger sur la Caroline 15 à 1800 hommes des détachements de l'armée du midi, qui seront remplacés par le 75e d'infanterie de ligne dans les postes qu'ils occupent …" (Du Casse A. : "Mémoires et correspondance politique et militaire du roi Joseph", 1853-1854, t. 9, p. 4).

Le 8 mai 1812, l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, au Général Clarke : "Monsieur le duc de Feltre ... Les deux compagnies du 4e bataillon du 75e se rendront également à Santona pour rejoindre les quatre compagnies du même bataillon.
Il y aura donc à Santona :
Le 3e bataillon du 28e de ligne, 4 compagnies. 500 hommes ;
Le 4e bataillon du même régiment, 6 compagnies, 800 hommes ;
Le 4e bataillon du 75e régiment, 6 compagnies, 700 hommes.
Le major Maury se rendra à Santona pour commander ces trois bataillons. En conséquence, le 7e bataillon de marche de l'armée du Midi sera dissous et remplacé par ces trois bataillons qui prendront le titre de régiment de marche de l'armée du Centre ..." (Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 5, lettre 7232 ; Correspondance générale de Napoléon, t.12, lettre 30611).

Selon l'Historique régimentaire, le 3e Bataillon quitte Madrid à la fin de 1812 pour rentrer en France, après avoir versé dans les 1er et 2e ses hommes valides. Il ne reste donc plus en Espagne que les 1er et 2e Bataillons.

- 1813 : Espagne

Le 19 janvier 1813, nous trouvons les 1er et 2e Bataillons du 75e faisant partie de l'Armée du Centre, commandée par le Général comte d'Erlon, 2e Division (Général Darmagnac); 1re Brigade (Général Chassé). Le 75e est commandé par le Colonel Rochert-Lamorandière. Ces deux Bataillons sont, à cette époque, à Madrid.

Le 15 mai (mars ?), dit l'Historique régimentaire, les deux Bataillons (?) quittent Madrid et se dirigeaient sur Ségovie. Toute la Division Darmagnac est rendue le 21 mars dans cette ville.

Dans les premiers jours d'avril, les cadres du 2e Bataillon quittent l'Espagne pour se rendre au corps d'observation de la Bavière. Les hommes de troupe sont versés au 1er Bataillon, qui seul représente le 75e à l'Armée d'Espagne jusqu'en juillet 1813.

Le 2 juin, les trois armées qui opèrent en Espagne sont réunies vers Valladolid ; mais le Roi Joseph, menacé par Wellington, décide l'évacuation de cette ville. Les trois armées vont s'établir dans le bassin de Vittoria.

- Bataille de Vittoria (21 juin 1813)

Le 20 juin, pendant que nos convois sont dirigés sur Bayonne, l'armée s'établit face aux défilés de Puebla. Le 21, les Anglais de Wellington attaquent notre Armée du Midi vers 8 heures du matin. Le Comte d'Erlon, apprenant que l'effort principal de l'ennemi se porte sur notre droite, y envoie sa 1ère Division.

La Division Darmagnac soutient un combat très vif au village de Margaritha, lorsque la 2e Division vient la renforcer. Bientôt l'Armée du Centre doit suivre le mouvement rétrograde de l'Armée du Midi, qui, accablée sous le nombre, se retire sur Vittoria.

Le Général Hugo raconte, dans ses Mémoires : "… Le maréchal Jourdan, que ces obstacles avaient séparé du roi, inquiet de ce qu'il pouvait être devenu, m'envoya à sa recherche. Mes efforts, pour percer jusqu'à S. M., furent inutiles, il me fallut revenir à M. le maréchal, que je trouvai marchant à pied au milieu de l'infanterie. S. E. me dit alors de voir si je pourrais rallier quelques corps et protéger la retraite.
Empressé de remplir les instructions du maréchal, je le laissai continuer sa marche et je me portai vers les corps qui se retiraient, j'en trouvai plusieurs qui m'étaient particulièrement connus et auxquels je fis faire halte à la hauteur d'Alegria, dans la direction de Pampelune, la droite appuyée à la montagne, la gauche au ruisseau, le front vers Vittoria. De ce nombre étaient le régiment de Baden, le régiment de Francfort, un bataillon du 27e léger et un bataillon de mineurs. Leurs masses, formées en bon ordre, en imposèrent au corps, chargé de poursuivre, et l'obligèrent à s'arrêter à demi-portée de canon. Cette disposition contribua puissamment au salut de plusieurs milliers d'hommes, qui s'échappèrent par nos intervalles vers Salvatierra, où se dirigeait le gros de l'armée.
Comme les troupes étaient fatiguées du long et malheureux combat de la journée, et comme elles avaient besoin de repos, je fis former les faisceaux et déposer les havresacs, avec injonction de ne pas s'en écarter ...
Les ordres de rallier quelques troupes et d'arrêter l'ennemi, ordres que j'avais reçus de M. le maréchal Jourdan, ayant été ponctuellement exécutés, et les représentations des chefs n'étant pas sans fondement ; nous rompîmes les faisceaux vers onze heures du soir, et prîmes en silence notre route dans l'obscurité, à travers les champs et dans la direction, tracée par les troupes, dont le mouvement de retraite avait précédé le nôtre.
A une lieue du point de notre première halte, nous joignîmes la garde royale, le 75e de ligne et au milieu d'eux, au même bivouac, le général de division Tirlet. Nous primes alors position sur leur alignement" (« Mémoires du Général Hugo », Paris, 1823, t. 3, p. 141 et suivantes).

Le 22, l'armée continue son mouvement sur Pampelune, suivie de près par les Anglais ; le 23, elle doit livrer plusieurs combats ; le 24, la Division Darmagnac est à l'arrière-garde ; elle subit des pertes assez sérieuses en protégeant la retraite.

Au commencement de juillet 1813, le 4e Bataillon réorganisé vient remplacer le 2e Bataillon à l'Armée d'Espagne. Le 75e compte à nouveau deux Bataillons à l'Armée d'Espagne : le 1er et le 4e.

Le 12 juillet 1813, le Maréchal Soult prend le commandement de l'Armée d'Espagne. Les premières opérations du Maréchal sont de tenter de débloquer Pampelune et Saint-Sébastien.

D'après les instructions du Duc de Dalmatie du 23 juillet 1813, sur la reprise des opérations de l'Armée d'Espagne, le Corps du centre doit tenter d'emporter le col de Maya, afin de déboucher dans la vallée du Bastan, passer ensuite le col de Belate et venir faire sa jonction avec l'aile droite et l'aile gauche de l'armée, qui doit déboucher sur Pampelune et Roncevaux.

- Combat du col de Maya (25 juillet 1813)

La position du col de Maya peut être considérée comme inexpugnable, surtout lorsqu'elle est bien défendue. Deux Divisions anglaises occupent ce point, s'appuyant à droite à un rocher, sorte de citadelle. Cependant l'ordre d'attaquer est donné ; les Divisions Darmagnac et Abbé doivent tourner la position, attaquée aussi de front par le Général Marausin. Le Général Darmagnac, qui doit tenir la tête des colonnes, réunit toutes les Compagnies de Voltigeurs de sa Division, et leur fait poser les sacs. Elles marchent sur le revers de la montagne, suivies de près par les Régiments de la Division, qui n'a pas encore été vue de l'adversaire.

Nos Voltigeurs, chassant devant eux les postes ennemis, gravissent avec la plus grande intrépidité les hauteurs, qu'un ravin très profond sépare du rocher. Il faut franchir ce ravin pour donner l'assaut. Les Voltigeurs le descendent, le traversent et montent à l'assaut du rocher. Ils sont repoussés plusieurs fois ; enfin leur intrépidité surmonte tous les obtacles, et la position est emportée de vive force. Les têtes de colonne continuent à avancer ; elles attaquent la principale position, qui est également enlevée ; l'ennemi, surpris par l'impétuosité de cette attaque, se retire de mamelon en mamelon ; il met en batterie quatre pièces que les Voltigeurs enlèvent sans que rien puisse arrêter leur ardeur.

Cette journée a été très glorieuse pour toutes les troupes qui y ont pris part, mais surtout pour la Division Darmagnac, à laquelle appartient le 75e ; elle perd 1,400 hommes. L'ennemi a 3,500 hommes hors de combat et laisse entre nos mains cinq pièces de canon.

Les opérations du Corps du centre se continuent au milieu de difficultés, de surprises et de combats nombreux. La Division Darmagnac franchit, le 28 juillet, le col de Belate, à la poursuite de l'ennemi, qui doit abandonner beaucoup de matériel et de nombreux traînards.

- Combat de Gorronz

Le 30 juillet, la même Division doit attaquer de front le village et la hauteur de Gorronz pour en déloger la Division anglaise qui l'occupe. Nos troupes, vigoureusement conduites, s'emparent de toutes les positions.

Les efforts tentés par le Maréchal Soult pour débloquer Pampelune ne réussissant pas, on ne continue pas les opérations offensives. Le mois de septembre est employé à l'organisation défensive de la ligne de Bayonne à Saint-Jean-Pied-de-Port.

- Attaque des hauteurs de Losterenca

Après avoir résisté aux efforts de l'ennemi à Ascaïn le 10 novembre, et à Anglet le 9 décembre, nous attaquons à notre tour les Anglais postés sur les hauteurs de Losterenca.

Pendant que la Division Abbé se porte à l'attaque de front, la Division Darmagnac s'empare de la montagne de Port-Atchuria et se porte sur la droite ennemie.

Le combat est très vif et très bien mené. Mais bientôt notre ligne semble faiblir ; aussitôt, la Division Foy et la Brigade Gruardel, à laquelle appartient le 75e, qui n'ont pas encore été engagées, se portent en ligne et l'équilibre est rétabli.

Les pertes du 75e, dans les journées des 9 et 13 décembre 1813, sont de 91 hommes hors de combat.

- 1813 : Allemagne

Le 7 janvier 1813, l'Empereur écrit, depuis Paris, au Général Clarke, Ministre de la Guerre, à Paris : "Je vous ai envoyé la formation de vingt régiments provisoires. J'en désire avoir trente : il y en a donc dix encore à former ; mais je crois avoir oublié plusieurs cadres, tels que le 128e, le 124e, le 129e, le 35e léger, le 75e, le 133e, le 134e, etc. Je pense donc que vous trouverez encore dans les cadres oubliés de quoi former cinq régiments provisoires ..." (Correspondance de Napoléon, t. 24, 19431 ; Correspondance générale de Napoléon, t.13, lettre 32229).

Le 10 janvier 1813, l'Empereur, à Paris, adresse au Général Clarke, Duc de Feltre, Ministre de la Guerre, à Paris, ses observations sur le "Corps d'Observation du Rhin. Notes
... J'adopte l'organisation des 10 régiments provisoires, pourvu toutefois que l'on me fasse connaître quand les cadres des 4es bataillons doivent remplacer les 5es bataillons.
Je voudrais aussi que l'on m'assurât qu'ils existent ou qu'ils sont en marche pour rentrer en France.
En supposant ces 2 cas, il faudrait me faire connaître les changements qui ont eu lieu dans les 75e et 51e régiments ..." (Correspondance générale de Napoléon, t.13, lettre 32251).

Le 12 janvier 1813, l'Empereur écrit, depuis Paris, au Général Clarke, Duc de Feltre, Ministre de la Guerre, à Paris : "Monsieur le Duc de Feltre, comme j'ai trouvé beaucoup de fautes dans ce que votre chef de division a recueilli sous ma dictée, je prends le parti de vous faire connaître de nouveau mes intentions ...
Le 2e corps d'observation du Rhin sera composé de dix nouveaux régiments provisoires et des huit régiments qui restent sur les vingt-trois créés avec les cohortes ...
Quant à la formation des dix nouveaux régiments provisoires, il faut mettre ensemble les bataillons qui sont entiers, tels que le 75e, le 33e léger, le 51e, etc. ...
J'adopte pour les dix régiments provisoires que l'on fasse marcher trois compagnies des 5es bataillons, mais après s'être assuré que les cadres des 3es et 4es bataillons sont en marche venant d'Espagne, et que dans le courant de mars ces 5es bataillons seront remplacés par les cadres définitifs.
Il ne faut comprendre dans les régiments provisoires aucun détachement qui appartiendrait aux régiments qui sont à la Grande Armée ..." (Correspondance de Napoléon, t. 24, 19445 ; Correspondance générale de Napoléon, t.13, lettre 32276).

Le 15 janvier 1813, l'Empereur écrit, depuis Paris, au Général Clarke, Duc de Feltre, Ministre de la Guerre, à Paris : "Monsieur le Duc de Feltre, j'examine le travail que votre chef de division Gérard m'a apporté ...
2e CORPS D'OBSERVATION DU RHIN ...
Le 26e provisoire, composé du 4e bataillon du 51e et du 3e bataillon du 75e, sera attaché à la 3e division ...
Je n'adopte qu'un seul régiment provisoire, qui est le 26e, composé comme je viens de vous le dire ..." (Correspondance de Napoléon, t. 24, 19450 ; Correspondance générale de Napoléon, t.13, lettre 32295).

Le 16 janvier 1813, l'Empereur écrit, depuis Paris, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le duc de Feltre, voici le relevé de quelques changements de détail qu'il faut faire dans les états que vous m'avez remis sur la composition des 4 corps d'observation.
ANNEXE
Dans le 4e régiment provisoire, il faut mettre, au lieu du 1er bataillon du 23e léger, le 4e bataillon du 5e léger (le 23e léger ne fournira plus rien).
Le 8e régiment provisoire sera supprimé ...
Le 8e régiment provisoire a été retiré de la composition du 1er corps d'observation du Rhin, parce qu'il est supprimé, et remplacé par le 26e composé d'un bataillon du 51e et d'un bataillon du 75e ..." (Correspondance générale de Napoléon, t.13, lettre 32301).

Le 4 février 1813, l'Empereur écrit, depuis Paris, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le duc de Peltre, il sera fait les changements suivants dans les régiments provisoires :
Le 26e régiment provisoire sera supprimé.
Le 3e bataillon du 75e qui faisait partie de ce régiment provisoire sera placé au 17e régiment en place du 3e bataillon du 36e ..." (Correspondance générale de Napoléon, t.13, lettre 32597).

- 2e Bataillon

Les cadres du 2e Bataillon, comme on l'a vu plus haut, sont partis d'Espagne dans les premiers jours d'avril, pour se rendre au Corps d'observation de la Bavière.

Le 28 juillet 1813, le 2e Bataillon du 75e contribue à former la 19e Demi-brigade provisoire avec le 2e Bataillon du 58e et le 1er du 18e Léger. Cette Demi-brigade fait partie de la 2e Brigade de la 44e Division de la Grande Armée, et appartient au Corps d'observation de la Bavière. Ce Corps devient bientôt le 14e Corps d'armée commandé par le Maréchal Gouvion-Saint-Cyr.

Le 4 août 1813, l'Empereur, depuis Dresde, ordonne : "TITRE PREMIER. — Formation d'un XIVe corps.
Article premier. — Il sera formé un XIVe corps d'armée sous les ordres du maréchal comte Gouvion Saint-Cyr.
Art. 2. — Le quartier général du XIVe corps se réunira à Freyberg le 7 du présent mois ...
Art. 4. — L'ordonnateur et toutes les administrations du corps de Bavière seront attachés en la même qualité au XIVe corps et s'y rendront en poste, de manière à être arrivés le 7 prochain à Freyberg.
Art. 5. — Le maréchal Saint-Cyr proposera un général de brigade ou un adjudant commandant pour faire les fonctions de chef d'état-major.
Art. 7. — Le XIVe corps sera composé :
De la 42e division qui sera rendue le 7 à Freyberg ; de la 43e division qui sera rendue le 8 à Chemnitz ; de la 44e division qui sera rendue le 8 à Auma ; de la 45e division qui sera rendue le 8 à Schleiz.
Art. 7. — Les quatre divisions du XIVe corps seront composées de la manière suivante :
... 44e division
1er léger, 2e bataillon.
2e léger, 2e bataillon.
34e demi-brigade provisoire : 16e léger, 2e bataillon; 18e léger, 1er bataillon.
64e de ligne : 3e bataillon, 4e bataillon.
Commandé par un major : 54e de ligne, 3e bataillon; 95e de ligne, 3e bataillon.
19e demi-brigade provisoire : 50e de ligne, 2e bataillon; 75e de ligne, 2e bataillon.
Commandé par un major : 24e de ligne, 3e bataillon; 39e de ligne, 3e bataillon.
12 bataillons ...
Art. 8. — Le maréchal Saint-Cyr enverra tous les ordres convenables pour opérer leur réunion à Freyberg et à Chemnitz avant le 15 août ...
Art. 20. — Notre major général fera toutes les dispositions nécessaires pour l'exécution du présent ordre" (Chuquet A. : Lettres de l'empereur Napoléon, du 1er août au 18 octobre 1813, non insérées dans la correspondance, p. 9).

- Bataille de Dresde (27 août 1813)

Le 26 août, le 14e Corps est concentré à Dresde, où Napoléon attend l'attaque de l'ennemi. La 44e Division, dont fait partie le 2e Bataillon du 75e, est chargée de la défense du Gross-Garten.

Les alliés l'attaquent en tête avec les troupes russes de Wittgenstein et sur le flanc droit avec le Corps prussien de Kleist, descendu des hauteurs qui dominent la ville au sud. La 44e Division remplit pleinement la mission difficile qui lui a été confiée. Elle déploie une valeur remarquable et à laquelle on devait peu s'attendre en raison de l'extrême jeunesse des hommes qui la composent. Elle défend le terrain pied à pied, et à 4 heures de l'après-midi elle est encore maîtresse d'une grande portion du parc.

Sa belle résistance a donné aux réserves le temps d'arriver.

A 6 heures du soir, une fraction de la 44e Division défend encore une petite partie du parc, tandis que l'autre fraction reçoit l'ordre de former la réserve. Les Prussiens, repoussés, suivent le mouvement rétrograde des Autrichiens, et les Russes abandonnent leur position de Gross-Garten. Les alliés profitent de la nuit pour battre en retraite.

L'Historique régimentaire indique pour cette journée les pertes suivantes : Capitaine Henry Bouchemann, et soldat Joseph Nourry, tués. Le Capitaine David Hermann est blessé à la jambe gauche; les Lieutenants David Foiret, à l'aine droite, et Eugène Alais (à Pirna), et le Sous-lieutenant Joseph Muzard (à l'épaule droite).

- 3e Bataillon

Le 2 avril 1813, l'Empereur écrit, depuis Paris, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le duc de Feltre ... Enfin, à la 4e division il manque 200 hommes au 9e léger, 100 au 150e, 150 au 65e, 150 au 43e, 150 au 75e.
Faites-les partir des différents dépôts ..." (Correspondance générale de Napoléon, t.13, lettre 33576).

Le 3e Bataillon, qui a quitté l'Espagne à la fin de 1812, vient, le 15 avril, prendre rang dans le 3e Corps, sous les ordres du Maréchal Ney, et contribu depuis l'ordre impérial du 4 février 1813, à former le 17e Régiment provisoire, avec le 4e Bataillon du 43e, sous le commandement du Colonel Chatelain. Ce Régiment appartient à la 1ère Brigade (Général Tarayre) de la 1ère Division (Général Ricard).

Le 3e Corps part de Hanau le 26 mars 1813, pour se rendre à Wurtzbourg, où il arrive le 5 avril; le 29, il franchit la Saale un peu au-dessus de Weissenfels et s'avance dans la plaine de Lutzen.

En débouchant de Weissenfels, le 30 avril, le 3e Corps est assailli par la nombreuse cavalerie de Wintzingerode. Précédé par des tirailleurs, le Corps de Ney se forme en carrés par Brigades, qui accueillent l'ennemi par un violent feu de mousqueterie et le forcent à la retraite.

- Bataille de Lutzen (2 mai 1813)

Ney, avec cinq Divisions, a été placé par Napoléon dans un groupe de cinq villages dont le plus important est le village de Kaya. Le 3e Corps forme le pivot autour duquel va s'opérer un vaste mouvement de conversion exécuté par la moitié de l'armée. Pendant les débuts de la bataille, la Division Ricard est en réserve, mais nos troupes qui sont en ligne sont impuissantes à contenir l'ennemi trop nombreux. Napoléon ordonne alors au Comte Lobau de se mettre à la tête de la Division Ricard et lui prescrit de reprendre Rahna, que viennent de nous enlever les Allemands de Blücher. Lobau se met en marche; la Division se précipite sur la Garde prussienne, l'aborde à la baïonnette et la repousse. Rahna est occupé de nouveau.

Les coalisés font un nouvel effort sur Kaya, mais ils sont culbutés par les Divisions de Ney; enfin à 8 heures du soir, ils ordonnent la retraite.

Le Bataillon a eu en tués les soldats Louis-Simon Chateau, Nicolas-Maurin Lesage, Jean-Louis Berthon, et Pierre Saulx; sont blessés le Capitaine Louis-Ignace Brun (11 blessures), les Lieutenants Nicolas Marchand et René-Marie Duchemin, le Sous-lieutenant Louis-Alexandre Collinet.

Le 3e Corps dont fait partie le 75e a beaucoup souffert, mais il a brillamment combattu; aussi est-il autorisé à rester deux jours à Lutzen pour se reconstituer. Il a l'honneur d'entrer triomphalement dans Leipzick.

- Bataille de Bautzen (20-21 mai 1813)

Le Corps du Maréchal Ney est à Torgau, tenant l'extrême gauche, lorsqu'il reçoit de Napoléon l'ordre de rejoindre l'armée, qui se dirige sur Bautzen.

Le 20 mai, pendant la première journée de la bataille de Bautzen, le Corps entier de Ney arrive à Klix, à l'extrême gauche du champ de bataille.

Le lendemain, Napoléon dispose son armée pour enlever la seconde position prise par l'ennemi, obligé de reculer la veille. Tandis que Oudinot, Macdonald, Marmont et Bertrand font l'attaque directe, le 3e Corps doit continuer son mouvement sur la droite ennemie et déboucher sur ses derrières.

Le Bataillon perd le Chef de Bataillon Louis Burté et le Caporal Pierre-Gilles Lançon, tués, et a en blessés les Capitaines Jacques Dolder (au côté gauche) et Louis Couvry (à la tête), ainsi que le Sous-lieutenant Laurent Dargentolle (à la cuisse gauche).

Ney franchit la Sprée à Klix, repoussant devant lui les avant-postes de Barclay de Tolly, et se dirige sur le moulin de Bloeser-Wasser sous une grêle de boulets. Le moulin à vent est enlevé ainsi que le village de Preititz. On continue la marche en avant, et bientôt le canon du 3e corps se fait entendre sur les derrières de Blücher, qui se retire et peut opérer sa retraite sans être trop inquiété. Cette retraite met fin à la bataille, et l'armée française enregistre une victoire nouvelle.

Le 29 juin, le 17e Provisoire vient s'installer au camp de Steinau et y reste jusqu'au milieu d'août.

L'Historique régimentaire indique que le 26 août 1813, des hommes isolés du 75e combattent à Buntzlau. Sont-ils du 3e Bataillon ? En tout cas, le Caporal Antoine-Cyprien-Joseph Darnaud est tué, tandis que sont blessés le Capitaine Louis-Bruno Janin (de deux coups de feu) et les Sous-lieutenants Denis Renoux (à l'épaule droite) et François Gérard (à la tête).

Le 2 octobre, le 3e Bataillon du 75e quitte le 3e Corps pour passer au 14e et venir ainsi y rejoindre le 2e Bataillon, qui appartient à ce Corps depuis le 28 juillet.

- Les 2e et 3e Bataillons réunis

Dans les premiers jours d'octobre, il y a échange de Bataillons entre les différents Corps.

Le 2 octobre 1813, l'Empereur écrit, depuis Dresde, au Maréchal Berthier, Major-général de la Grande Armée : "Mon cousin, le 14e corps fournira 13 bataillons ...
Ces 13 bataillons se mettront sans délai en marche pour Dresde, d'où l'état-major les enverra rejoindre leurs corps respectifs. Le 14e corps recevra en échange :
9 bataillons du 3e corps
1 bataillon du 5e corps
2 bataillons du 11e corps
Et 2 bataillons qui sont à Leipzig.
14
Les 9 bataillons qu'il recevra du 3e corps seront : le 3e bataillon du 25e léger ; le 6e bataillon du 32e de ligne ; le 2e bataillon du 58e ; le 3e bataillon du 88e ; le 1er et le 2e du 29e léger ; le 3e du 103e ; le 4e du 34e ; le 3e du 75e ...
Par ce moyen, il n'y aura plus de régiments provisoires au 3e corps, et tous les bataillons d'un même régiment qui sont à l'armée se trouveront réunis.
Faites-moi connaître quelle sera la situation des 8e, 9e, 10e, 13e, 31e, 42e, 43e, 44e et 45e divisions, quand le mouvement de ces bataillons aura été fait. Donnez des ordres pour que ce mouvement s’opère demain. Tous les bataillons passeront à Dresde où vous en ferez la revue pour constater leur situation" (Chuquet A. : Lettres de l'empereur Napoléon, du 1er août au 18 octobre 1813, non insérées dans la correspondance, p. 219 ; Correspondance générale de Napoléon, t.14, lettre 36606).

C'est ainsi que le 3e bataillon du 75e, qui appartient au 3e Corps, vient au 14e y rejoindre le 2e Bataillon. L'effectif de ces Bataillons est extraordinairement réduit à la suite des nombreux combats; le 2e Bataillon a 357 hommes et le 3e, 188.

Les 1er et 14e Corps reçoivent l'ordre de rester dans Dresde, tandis que le reste de l'armée se dirige à l'ouest. Le 11 octobre, une vive fusillade s'engage entre la 44e Division et l'ennemi. Le 13, on le débusque de quelques maisons des faubourgs.

Enfin, le 4 novembre, le blocus de Dresde est complet; la ville capitule le 10 novembre; nos troupes faites prisonnières de guerre sont échangées et rentrent en France.

- 1814 : Armée des Pyrénées

Le 75e, toujours commandé par le Colonel Rochert-Lamorandière, fait partie de l'Armée des Pyrénées (Maréchal Soult commandant en chef), Corps du Comte d'Erlon, 2e Division (Général Darmagnac), 1ère Brigade (Général Lesueur).

Dans le courant de janvier 1814, les 2e et 9e Divisions, aux ordres du Comte d'Erlon, ont pour mission de garder la rive droile de l'Adour, depuis l'embouchure de l'Arros jusqu'à Bayonne. L'organisation de la place de Bayonne se continue au milieu des alertes répétées sur la ligne des avant-postes.

Le 24 janvier 1814, le colonel François Petel prend le commandement du 75e Régiment.

- Bataille d'Orthez (27 février 1814)

Le Maréchal Soult est attaqué, le 27 février, par toute l'armée ennemie. Les Divisions Foy et Darmagnac, à cheval sur la route de Bayonne, en avant d'Orthez, se trouvent en deuxième ligne. Une colonne ennemie étant parvenue à passer le gué de Souars, le Maréchal Soult croit ne pas devoir rester plus longtemps en position et se retire sous la protection de la deuxième ligne. Les troupes font preuve d'une grande énergie pendant cette bataille. L'armée se dirige ensuite sur Toulouse.

Le 75e a en tués le Voltigeur François Chéron, le soldat Jean-François Lecon. Sont blessés le Capitaine François-Bernard Moulières (au cou), les Lieutenants Jean-Baptiste Morize (à la main droite) et Jean-Laurent Berneront (à la jambe).

- Combat de Vic-de-Bigorre

Le 19 mars, les Divisions de d'Erlon se portent sur Vic-de-Bigorre pour couvrir la route de Tarbes et arrêter les progrès des Anglo-Espagnols. Ceux-ci sont maintenus jusqu'à 3 heures du soir par les 1ère et 2e Divisions (Darmagnac); mais, devant la supériorité toujours croissante de l'ennemi, la retraite, soutenue par la Division Darmagnac, s'opère en échelons; l'engagement dure jusqu'à la nuit.

- Bataille de Toulouse (10 avril 1814)

Dès le 6 avril, le Maréchal Soult, dont l'armée est réunie à Toulouse, a songé à organiser son champ de bataille en vue de la lutte, qui semble imminente. Les ordres ont réglé tous les détails de la défense. Il est intéressant de lire ceux qu'il donne au Comte d'Erlon : "Le comte d'Erlon sera chargé de la défense de la ligne, depuis le pont du canal en avant de la porte Matabiau, sur la route d'Albi, jusqu'à l'embouchure du canal dans la Garonne. Ainsi, demain 7 il fera occuper par des troupes de la 2e division les ouvrages qui ont été construits sur ce pont, lesquels il fera armer par l'artillerie de la 2e division, et il donnera des ordres pour que tous ces ouvrages soient sur-le-champ préparés et perfectionnés. Il fera aussi construire les ouvrages qui ont été ordonnés en avant des portes de Matabiau et Arnaud-Bernard, etc., etc.".

Le 8 avril 1814, le Maréchal Soult ordonne : "L'armée sera prête demain, au point du jour, à livrer bataille aux ennemis ... Le comte d'Erlon disposera la 1re division de façon à défendre les divers ouvrages sur le canal et les maisons crénelées en avant de la porte Matabiau, sur la route d'Albi, jusqu'à l'embouchure du canal ... Ainsi la 2e division sera en son entier disponible pour se porter sur le plateau de Calvinet; à cet effet, le comte d'Erlon lui donnera l'ordre d'être réunie demain avant le jour entre la route de Matabiau et le pont du Canal, sur la route d'Albi, où elle se tiendra prête à se porter sur le plateau de Calvinet au premier ordre. A cet effet, le général Darmagnac ira, au point du jour, reconnaître le chemin par où il devra déboucher, lequel doit conduire en avant de la grande redoute qui est sur le plateau, etc ...".

Le 9 avril, l'ordre cité est mis à exécution et le lendemain 10 avril, jour de Pâques, la bataille de Toulouse a lieu.

Au début de l'attaque, la Division Darmagnac (2e) moins le 31e Léger, qui occupe le couvent des Minimes, est en réserve. Les Espagnols parviennent à repousser notre première ligne. Trompés par le silence de l'ouvrage construit en avant du pont de Matabiau, ils s'avancent sans méfiance. Tout à coup, ils sont reçus à bout portant par les feux les plus vifs de mousqueterie et d'artillerie. Le Maréchal Soult, les voyant hésiter, porte sur eux les quatre Régiments de la Division Darmagnac qui sont en réserve dans les pépinières et derrière les haies entre les Tuileries ct la roule d'Alby, et qui n'ont pas encore été aperçus par l'ennemi.

Le Général Darmagnac se met à la tête de la Brigade Lesueur, composée des 51e et 75e Régiments, et s'élance à l'improviste sur l'ennemi. Un Bataillon du 6e Léger débouche de la tête du pont de Matabiau pour seconder ce mouvement. Ces troupes attaquent à la baïonnette la gauche des Espagnols et la culbutent. En un moment 2,000 hommes sont mis hors de combat; le reste est dans toutes les directions.

Bientôt après, les Anglais essaient de s'avancer par les routes de Lavaur et de Caraman sur Guilheméry; ils sont vigoureusement repoussés par la Brigade Lesueur.

A 4 heures, cédant sous le nombre toujours grossissant des ennemis et la lutte devenant trop inégale, nos Divisions reçoivent l'ordre de se replier; la Brigade Lesueur garde alors l'entrée du faubourg de Guilheméry.

Le 75e a en tués le 10 avril 1814 le Sergent Jean-Pierre-Etienne Beslot, les soldats Louis-Ambroise Jacquet, Pierre Moulin, le Voltigeur Jean-Baptiste Grésillon.

Le lendemain 11 avril, à 9 heures du soir, l'armée se met en marche sur Villefranche par la route de Castelnaudary.

Enfin le Maréchal Soult, d'après des ordres émanés de Paris, en date du 9 avril, propose une suspension d'armes, les deux armées gardant leurs positions respectives.

Un armistice est ensuite signé et termine cette campagne.

- Autres zones d'opération

Le 17 novembre 1813, l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, au Général Lebrun, Aide de camp de l’Empereur : "Monsieur le duc de Plaisance, j’apprends par le télégraphe que la populace d’Amsterdam s’est insurgée dans la nuit du 15 au 16. Mon intention est que vous partiez cette nuit pour vous rendre à Anvers où il est nécessaire que vous voyiez l’amiral Missiessy et le commandant de la garnison, afin de garnir de matelots français les places d’Anvers et de Willemstad, les forts qui défendent l’ile de Gorée et la citadelle de Bois-le-Duc. Je suppose qu’il n’y a plus rien du côté de Breda.
J’ai donné ordre au général Rampon de se rendre à Gorcum avec 3000 hommes de gardes nationales. Je suppose qu’il y sera arrivé. Vous correspondrez avec lui pour connaitre la situation des choses de ce côté-là.
Vous connaissez déjà la situation de Grave et de Duvinter puisque vous en venez.
Vous prendrez le commandement du 1er corps bis de la Grande Armée qui se réunir à Anvers, et qui est composé :
... Total : 13 bataillons
Tous ces bataillons sont en mouvement, les conscrits nécessaires pour les compléter, mais sans doute, il n’en est encore arrivé qu’une partie. Aussitôt qu’un bataillon pourra être organisé, habillé et armé, vous le ferez venir à Anvers ou à Flessingue de manière à former le plus promptement possible un corps de troupes.
Vous recevrez du ministre de la Guerre, l'organisation définitive de ce corps, mais vous devez profiter provisoirement :
du dépôt du 65e qui est à Gand ...
du 75e qui est à Lille ...
Au surplus, vous recevrez des instructions plus détaillées du ministre de la Guerre. Le principal est la sûreté d'Anvers, d'Ostende, de Flessingue, de Willemstad, de Gorée, de la citadelle de Bois-le-Duc, et d'avoir des troupes qui surveillent le Rhin en communiquant avec Gorcum.
Vous correspondrez tous les jours avec moi par le télégraphe et les estafettes. Vous trouverez ci-joint l'état de tout ce que les 17e, 24e et 25e divisions militaires ont à recevoir de conscrits. Tout est en mouvement et arrive. Ecrivez aux généraux commandant les divisions, aux préfets, et aux directeurs d'artillerie pour accélérer l'habillement et l'armement de ces hommes. Si ces bataillons ne sont pas formés, formez-les. Nommez à tous les emplois vacants, et prenez toutes les mesures qu'exigent les circonstances, afin de vous former dans la main le plus tôt possible un corps de troupes qui soutienne Gorcum, Bois-le-Duc, Willemstad, défende le Rhin et puisse servir selon les circonstances.
Le duc de Tarente reçoit l'ordre de porter son quartier général de Cologne à Clèves pour se trouver plus à portée. Nous devons trouver de grandes ressources, dans les équipages de l'amiral Missiessy pour Flessingue, Anvers et pour les îles.
En passant à Lille, vous vous aboucherez avec le commandant de la division, et conférerez avec lui sur tout ce que la division peut fournir. Il sera nécessaire d'occuper tous les postes, tels que Crèvecoeur et autres le long du Rhin.
Prenez toutes les mesures les plus actives pour former l'approvisionnement de Gorcum et de la citadelle de Bois-le-Duc.
ÉTAT DES CONSCRITS QUE LES 16E, 24E ET 25E DIVISIONS MILITAIRES ONT À RECEVOIR
16e division
... 75e de ligne Lille 920 hommes Seine-Inférieure, Ille-et-Vilaine, Rhin-et-Moselle, Escaut, Jemmapes ..." (Correspondance générale de Napoléon, t.14, lettre 37102).

Le 21 novembre 1813, l'Empereur écrit, depuis Paris, à Daru, Ministre directeur de l’Administration de la Guerre : "Monsieur le comte Daru, je vous envoie un rapport que j 'avais demandé au comte de Cessac. Je n'ai pas besoin de justification, mais de faits. J’ai dans la 16e, la 24e et la 25e divisions militaires plus de 20 000 conscrits qui arriveront avant le 15 décembre. Le ministre de la Guerre a approuvé leur armement. J'ai donc besoin qu'ils soient habillés. Une partie du nombre est destinée à former le 1er corps bis de la Grande Armée commandée par le duc de Plaisance et qui se compose du 9e et 4e bataillon des régiments du 1er corps commandé par le comte de Lobau. Si l'habillement n'arrête pas le duc de Plaisance, ce corps sera bientôt disponible. Faites-moi connaître le nombre d'habillement que chaque bataillon a dans ce moment. Il est de la plus haute importance que le duc de Plaisance puisse réunir sur-le-champ tous les bataillons ou du moins une partie pour marcher sur Amsterdam.
Np.
" (Correspondance générale de Napoléon, t.14, lettre 37221).

Le 28 novembre 1813, l'Empereur écrit, depuis Paris, au Général Clarke, Duc de Feltre, Ministre de la guerre, à Paris : "Monsieur le Duc de Feltre ...Il sera formé un nouveau corps d'armée qui prendra le n° 7, et qui sera composé de trente-six bataillons ou de trois divisions, formées ainsi qu'il suit : 1re division : 12e léger, 3e et 4e bataillons ; 8e de ligne, 2e et 3e bataillons ; 24e de ligne, 2e et 3e bataillons ; 27e de ligne, 2e et 3e bataillons ; 28e de ligne, 2e et 4e bataillons ; 34e de ligne, 3e et bataillons ; total, 12 bataillons ; 2e division : 27e léger, 2e, 3e et 4e bataillons ; 45e de ligne, 2e et 3e bataillons ; 58e de ligne, 2e, 3e et 4e bataillons ; 64e de ligne, 3e et 4e bataillons ; 81e de ligne, 6e bataillon ; 60e de ligne, 4e bataillon ; total, 12 bataillons ; 3e division : 75e de ligne, 2e et 3e bataillons ; 76e de ligne, 2e et 3e bataillons ; 79e de ligne, 3e et 4e bataillons ; 88e de ligne, 2e et 3e bataillons ; 94e de ligne, 3e bataillon ; 100e de ligne, 2e, 3e et 4e bataillons ; total, 12 bataillons. En tout pour le 7e corps, 36 bataillons. Les administrations, l'artillerie et le génie qui étaient attachés au 14e corps le seront au 7e corps.
Les dépôts enverront à leurs bataillons respectifs les détachements nécessaires pour les porter au complet ; et ceux des bataillons dénommés ci-dessus, qui se trouvent dans les dépôts, se rendront sans délai à Strasbourg, où ce corps se formera ...
Le 7e corps, formé comme il a été dit ci-dessus, sera de trente-six bataillons ...
RÉCAPITULATION.— ... 7e corps, trente-six ...
Tous ces bataillons doivent se trouver complétés moyennant l'appel de la moitié des 300,000 hommes, ou si cela ne suffisait pas, moyennant un supplément sur la conscription de 1815.
II faudra me renvoyer cet état quand vous l'aurez corrigé, et comme la répartition des 160,000 hommes est déjà faite, la répartition des 140,000 hommes, que j’appelle sur la levée des 300,000 pour l'armée du Rhin, doit servir à compléter tous ses bataillons. Il n'y a, d'ailleurs, que l'état en cent colonnes qui puisse bien déterminer cela. Les cadres qui ne pourraient pas être remplis le seront sur la conscription de 1815.
NAPOLÉON.
P. S. On égalisera par la suite tous les corps, chacun à trois divisions de quatorze bataillons, ou quarante-deux bataillons par corps, ce qui, multiplié par huit, fait trois cent trente-six bataillons ou vingt-quatre divisions ; mais c'est une opération de détail qui se fera plus tard" (Correspondance de Napoléon, t. 26, 20943 ; Correspondance générale de Napoléon, t.14, lettre 37291).

Le 15 décembre 1813, l'Empereur, depuis Paris, ordonne : "... 7e corps. Il sera formé un 6e bataillon aux 12e et 27e régiments d'infanterie légère, aux 8e, 24e, 27e, 28e, 34e, 45e, 58e, 60e, 64e, 81e, 75e, 76e, 79e, 88e, 94e et 100e de ligne" (Chuquet A. : « Inédits napoléoniens », Paris, 1913, t.1, lettre 1242).

Le 16 décembre 1813, l'Empereur écrit, depuis Paris, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le duc de Feltre, les 88e, 75e, 79e, 45e, 60e, 81e et le 27e léger ont dirigé en tout 1800 hommes sur Strasbourg, lesquels arriveront depuis le 21 jusqu'au 30 décembre. Cette opération avait été faite dans l'espérance de l'arrivée du 14e corps, et pour en compléter les bataillons. Depuis, le 14e corps n'arrivant point, j'ai ordonné, il est vrai, la formation de 5es bataillons dans ces régiments ; mais ces 5es bataillons doivent se former au dépôt.
Mon intention est donc que le détachement du 27e léger, dirigé sur Strasbourg, soit incorporé dans le 1er bataillon du 11e léger ; ... celui du 75e dans le 56e ...
Successivement, les autres détachements qui étaient destinés pour le 14e corps seront incorporés dans les 12 premiers bataillons du 2e corps qui, par ce moyen, se trouveront sur-le-champ au complet de 8 à 900 hommes.
Faites-moi connaître les autres détachements que les régiments qui étaient destinés pour le 14e corps ont dirigés sur Strasbourg, et proposez-moi leur incorporation dans ces 12 bataillons.
Tout cela sera d'autant plus à propos que les régiments du 2e corps n'ont pas reçu autant de conscrits qu'il faudrait pour avoir leurs troisièmes bataillons bien complets à l'armée, indépendamment de leurs 5es.
Donnez ordre que les cadres retournent sans délai à leurs dépôts" (Correspondance générale de Napoléon, t.14, lettre 37571).

Le 18 décembre 1813, l'Empereur écrit, depuis Paris, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le duc de Feltre, le 1er corps bis prendra le nom de 1er corps ...
Le 7e corps d'armée ne sera pas formé, et ses bataillons feront partie du 1er corps, savoir :
Le 8e de ligne, le 24e, le 27e, le 28e, le 34e, le 45e, le 58e, le 64e, le 75e, le 76e, le 88e, le 94e, le 100e, le 12e léger et le 27e léger.
Ainsi le 1er corps sera composé de la manière suivante :
13e d'infanterie légère (3e, 4e et 6e bataillons), 3 bataillons ; 12e d'infanterie légère (6e bataillon), 1 bataillon ; 27e d'infanterie légère (6e bataillon), 1 bataillon ; 17e de ligne, 3 bataillons ; 21e de ligne, 3 bataillons ; 25e de ligne, 3 bataillons ; 33e de ligne, 3 bataillons , 36e de ligne, 2 bataillons ; 51e de ligne, 3 bataillons ; 55e de ligne, 3 bataillons ; 85e de ligne, 3 bataillons ; 8e de ligne, 2 bataillons ; 24e de ligne, 2 bataillons ; 27e de ligne, 2 bataillons ; 28e de ligne, 2 bataillons ; 34e de ligne, 2 bataillons ; 45e de ligne, 1 bataillon ; 58e de ligne, 2 bataillons ; 64e de ligne, 1 bataillon ; 75e de ligne, 1 bataillon ; 76e de ligne, 1 bataillon ; 88e de ligne, 2 bataillons ; 90e de ligne, 1 bataillon ; 100e de ligne, 1 bataillon
Total 48 bataillons ...
Ces dispositions porteront le 1er corps à 52 bataillons ...
Il est indispensable que vous expédiiez dans la journée, par estafettes extraordinaires, ces nouveaux ordres aux généraux commandant les divisions militaires, afin que les 16 régiments qui devaient envoyer des détachements pour reformer le 14e corps à Strasbourg ne les fassent pas partir. Ceux qui seraient partis seront incorporés, comme je l'ai précédemment ordonné, dans le 2e corps à Strasbourg, et les cadres retourneront à leurs bataillons ...
Il n'était encore parti que 7 détachements formant 1800 hommes des bataillons qui devaient former le 7e corps à Strasbourg ; ils arrivent en ce moment à Strasbourg. Ces 1800 hommes seront incorporés, comme je l'ai ordonné dans le 2e corps. Les cadres retourneront à leurs dépôts ...
Je me dépêche de vous envoyer ces décisions parce que l'expédition des ordres qu'elles exigent est urgente.
ANNEXE
ÉTAT A
Distribution du 1er corps en 3 divisions
... 3e division
1 bataillon du 21e ; 3 bataillons du 25e ; 3 bataillons du 33e ; 3 bataillons du 55e ; 3 bataillons du 85e ; 1 bataillon du 64e ; 1 bataillon du 75e ; 1 bataillon du 76e ; 1 bataillon du 81e ; 1 bataillon du 100e ..." (Correspondance générale de Napoléon, t.14, lettre 37606).

"ORDRES CONCERNANT LA COMPOSITION DES CORPS D’ARMÉE.
Paris, 21 décembre 1813.
Le général Maison est nommé commandant du 1er corps d’armée à Anvers ; le major général lui donnera l’ordre de partir demain pour se rendre dans cette place ; le général Roguet et le général Lefebvre-Desnoëttes seront sous ses ordres.
Le major général donnera l’ordre au général Grouchy de partir de suite pour se rendre à Strasbourg, où il prendra le commandement en chef de la cavalerie de l’armée.
… Le 1er corps d'armée, commandé par le général Maison, sera composé de trois divisions, savoir :
... 3e division : 11e de ligne, deux bataillons ; 30e, un ; 33e, trois ; 55e, deux ; 64e, un ; 75e, un ; 76e, un ; 85e. deux ; 88e, deux ; 94e, un ; 100e, un ; total, dix-sept bataillons. Cette division pourra être commandée par le général Carra Saint-Cyr ..." (Correspondance de Napoléon, t. 26, 21024).

Le 22 janvier 1814, l'Empereur écrit, depuis Paris, au Duc de Feltre : "... Donnez ordre à tous ces bataillons du 27e, du 17e, du 36e, du 28e, du 44e, du 25e, du 51e et du 75e de rejoindre le 1er corps à Anvers ..." (Chuquet A. : « Ordres et apostilles de Napoléon, 1799-1815 », Paris, 1912, t.4, lettre 6410 ; Correspondance générale de Napoléon, t.15, lettre 37887).

- 1814 : Première Restauration

Par une ordonnance royale du 12 mai 1814, chaque Régiment comprend 3 Bataillons de 6 Compagnies, 1 de Voltigeurs, 4 de Fusiliers et 1 de Grenadiers. Par suite de cette organisation, le 75e Régiment d'infanterie prend le n°67, tandis que le n°75 est attribué à l'ex-88e.

La même ordonnance stipule que les Régiments portant les n°s 112 à 156 sont distribués entre les Régiments conservés. Les Aigles disparaissent de l'armée et sont remplacées par les couleurs de Henri IV.

Un tiercement est prescrit entre les Capitaines, et on crée dans chaque Régiment trois Capitaines de 1ère classe, en dehors des Capitaines de Grenadiers.

Deux Compagnies de Fusiliers forment une Division, chaque Compagnie un peloton, chaque demi-compagnie une section, chaque section deux escouades.

En exécution des dispositions de cette ordonnance, les isolés du 75e qui se trouvaient à Orléans, rejoignent le Dépôt à Lille.

Le 22 mai, deux Bataillons (5e et 7e) du 75e, provenant du 1er Corps d'armée, quittent Lille pour se rendre à Vannes; ils y sont rejoints le 1er juin par les 1er et 4e Bataillons, venant de Toulouse. Le 6e Bataillon a été aussi dirigé sur le même point. Ce sont ces trois derniers Bataillons (1er, 4e et 6e) qui forment le 67e Régiment, qui s'organise à Belle-Isle.

- 1815 : les Cent Jours

Le 20 avril 1815, Napoléon rend aux Régiments les numéros qu'ils avaient perdus en 1814. Le 67e de la Restauration redevient le 75e, et le 75e de la Restauration redevient le 88e.

Dans la dernière campagne de l'Empereur, le 75e est commandé par le Colonel Mathivet. Il fait partie de la 2e Brigade (Général Penne) de la 21e Division (Général Baron Teste), du 6e Corps (Général Comte de Lobau).

Le 16 mai 1815, l’Empereur écrit, depuis Paris, au Maréchal Davout, Ministre de la Guerre : "Mon cousin, je reçois votre rapport du 14 mai ...
Quant aux dépôts d’infanterie, voici mes observations :
... 12e division : le 30e de ligne, le 96e et le 63e qui sont à Metz et se recrutent des militaires de la Moselle et de la Meurthe, enverront leur 3e bataillon rejoindre sur-le-champ les deux premiers. Donnez ordre à Vannes, que le dépôt du 75e envoie 200 hommes pour compléter les deux premiers bataillons du 75e. Écrivez au général Gérard que je suis étonné qu'il n'ait pas déjà les 4 bataillons des 30e, 96e, 63e et 59e. Ces 4 régiments se recrutant dans la Meurthe et la Moselle, qui sont des départements où il y a beaucoup de militaires : qu’il fasse des colonnes mobiles et qu’il fasse rejoindre les retardataires afin d’avoir le plus tôt possible les 4 bataillons de ces régiments, ce qui lui fera 2400 hommes par régiment ..." (Correspondance générale de Napoléon, t.15, lettre 39651).

Le 18 mai 1815, Soult écrit, depuis Paris, à Davout : "Monsieur le maréchal, d'après les ordres de l'Empereur, je prescris à M. le comte de Lobau de faire partir demain 19 le 8e régiment d'infanterie légère et le 75e régiment de ligne qui sont à Paris pour se rendre à Beauvais, savoir le 8e léger en deux jours et le 75e en trois jours : ces deux régiments seront à la disposition du général Teste et feront partie de sa division.
Quant au 26e régiment d'infanterie de ligne, il ne fera plus partie de la division du général Teste où il va se trouver remplacé par le 75e. Mais l'intention de l'Empereur est que lors du passage de ce régiment à Paris, qui doit avoir lieu le 21, on demande ses ordres pour sa destination ultérieure.
Sa Majesté a aussi ordonné que les ambulances et les batteries de la 21e division d'infanterie commandée par le général Teste se rendent à Laon, quoi que la division soit à Beauvais où elle doit remplir un service particulier.
La mission que l'Empereur a confiée au général Teste ayant pour objet de faire rejoindre les anciens soldats et d'accélérer la formation des bataillons des gardes nationales, particulièrement ceux d'élite dont la destination est indiquée, je fais connaître à cc général qu'il ne doit rien négliger pour obtenir le plus promptement possible ce résultat.
Je mande aussi au général Teste que l'Empereur autorise que les régiments sous ses ordres incorporent tous les hommes qui se présenteront volontairement et qu'ils fassent des recrues ..." (Chuquet A. : « Inédits napoléoniens », Paris, 1913, t.2, lettre 3252bis).

Le 22 mai 1815, l'Empereur écrit, depuis Paris, à Davout : "Donnez les ordres suivants par estafettes extraordinaires.
... Donnez ordre que tous les détachements du 15e de ligne soient réunis au 3e bataillon et partent sur-le-champ pour Nantes. Le 4e bataillon ira l'y rejoindre ensuite.
Donnez le même ordre pour les 3e et 4e bataillons du 47e, du 70e, du 75e ..." (Chuquet A. : « Inédits napoléoniens », Paris, 1913, t.1, lettre 1579 ; Correspondance générale de Napoléon, t.15, lettre 39755).

Le 15 juin, le 6e Corps se trouve à Charleroi, sur la rive gauche de la Sambre; le 16, il vient prendre position entre Charleroi et Fleurus.

Le 17 juin 1815, Pajol reçoit le commandement de la Division Teste, en plus de sa cavalerie. Cette Division, qui arrive au Mazy un peu avant midi, comprend :
1re Brigade (Général LAFITTE) : 1er et 2e Bataillons du 8e Léger, 938 hommes ; 3e et 4e Bataillons du 40e de Ligne, 900 hommes.
2e Brigade (Général PENNE) : 1er Bataillon du 65e de Ligne, 503 hommes ; 1er et 2e Bataillons du 75e de Ligne, 981 hommes.
Artillerie : 3e Compagnie du 8e Régiment d'artillerie à pied, 94 hommes ; 4e Compagnie du 6e Escadron du Train, 72 hommes.
Génie : 3e Compagnie du 1er Bataillon du 3e Régiment, 101 hommes.
Force totale 3589 hommes (Pajol (Cte de) : « Pajol, Général en chef », Firmin Didot, Paris, 1874, t. 3, p. 218).

La Division Teste ne prend pas part à la bataille de Waterloo, le 18 juin ; car, placée sous les ordres du Maréchal Grouchy, elle s'est portée à Lisnale avec ordre de traverser la Dyle, et, de là, se diriger sur Mont-Saint-Jean. Quand elle arrive à proximité du champ de bataille, la retraite est déjà commencée. Grouchy suspend alors sa marche sur Bruxelles et effectue un mouvement rétrograde en deux colonnes; la 21e Division se trouve avec le Corps de Vandamme, qui, atteint par la nuit à environ une lieue et demie de Namur, s'établit au bivouac.

Le 75e a en tués, à Wavres, le 18 juin 1815, les soldats Jean-Mathieu Matter, Jean-Baptiste Antoine, Etienne Paris, Joseph Portier. Le Lieutenant Louis Lemaire est blessé au poignet.

- Défense de Namur

Le 20 juin, les Prussiens attaquent les colonnes de Grouchy en portant leurs premiers efforts sur la colonne Vandamme. Celui-ci, ne pouvant arrêter l'ennemi, se retire avec la Division Teste dans Namur. Les Prussiens, au nombre de 15,000, tentent un effort sur la ville ; mais ils sont reçus par un violent feu de mousqueterie qui les force à reculer ; ils reviennent plusieurs fois à la charge sans succès, et perdent, dans ces attaques successives, 1,800 hommes et 40 Officiers. Le Général Teste, chargé par Grouchy de la défense de cette ville, ouverte de tous côtés, a pour mission de ne l'évacuer qu'après que tout ce qui dépend de l'aile droite de l'armée l'aura dépassé de plusieurs lieues.

Dans le compte rendu de cette brillante défense, le Général Teste signale particulièrement deux Compagnies de Grenadiers du 75e, qui repoussent une attaque vigoureuse de l'ennemi, dirigée sur la porte de Fer.

Rapport du Général Teste, adressé à Vandamme, qui le fait expédier à Grouchy : "Profondeville, 21 juin 1815.
Mon général, conformément aux ordres que vous m'avez donnés, le 19, avant de quitter Namur, de tenir avec ma division cette place, jusqu'à six heures du soir du lendemain, pour donner le temps à l'armée et à son matériel d'opérer, sans être harcelés par l'ennemi, leur retraite par la vallée de la Meuse, sur Givet, je me suis empressé de reconnaître, avant et pendant la nuit, l'état du poste important et ouvert qui m'était confié, de faire fermer et barricader, autant que possible, les brèches et ouvertures de la place, de manière à pouvoir en défendre l'accès avec les deux mille trois cents hommes qui restaient sous mes ordres.
Mes dispositions étaient à peine terminées, que, dans la matinée du 20, un corps prussien de douze à quinze mille hommes s'est présenté devant Namur pour l'enlever de vive force ; cette attaque faite avec vigueur, principalement sur la porte de Fer où j'avais deux compagnies de grenadiers du 75e, a été repoussée; l'ennemi a laissé beaucoup de morts dans les fossés. — On s'est tiraillé de loin jusqu'à midi, où une nouvelle tentative a été faite par les Prussiens, et a eu le même résultat.
A trois heures, l'ennemi a paru plus nombreux et plus acharné ; des hommes qui paraissaient pris d'eau-de-vie, des officiers mêmes, sont venus se faire tuer à la baïonnette sur nos barricades ; les assaillants s'étaient repliés à quatre heures et demie, laissant les abords de la place jonchés de leurs morts.
Au lieu de commencer mon mouvement de retraite à six heures, je l'ai retardé jusqu'à huit, et, disputant le terrain pied à pied, j'ai attendu l'ennemi de l'autre côté de la Sambre, où j'avais disposé, dans des maisons crénelées, mes deux compagnies de sapeurs, qui lui ont fait encore éprouver une grande perte par un feu de mousqueterie à bout portant.
A huit heures et demie, je tournais, avec mon arrière-garde, la porte de France, sous laquelle j'avais fait placer un monceau de fascines, auxquelles on a mis le feu pour empêcher la marche de toute voiture d'artillerie sur ce point, et retarder la poursuite de l'ennemi.
Je joins, à une heure, les bivouacs de la division Lefol à Profondeville, ayant marché très lentement et sans avoir été suivi.
Les Prussiens doivent avoir eu, dans la journée meurtrière de hier, quatre à cinq mille hommes hors combat : nous n'avons eu que treize tués et quarante-sept blessés.
J'aurai l'honneur de vous adresser incessamment un rapport plus circonstancié" (Grouchy (Marquis de) : « Mémoires du Maréchal de Grouchy », Paris, Dentu, 1873, t. 4, p. 340).

Le 75e a perdu le Sergent-major Joseph Boucharel, et les Grenadiers Joseph Maye et Louis Desormes, tous tués.

L'Historique régimentaire indique également que le soldat Joseph-Tousaint Carré a été tué à Tournay, et que le Sous-lieutenant Charles-Antoines Lemaire y a été blessé au bras.

La retraite des défenseurs ne commence qu'à 8 heures du soir. La Division Teste forma ainsi l'arrière-garde de l'armée, qui rentre en France sans être inquiétée.

L'ordonnance du 3 août 1815 supprime les Régiments et organise les Légions départementales. Les hommes de l'ancien 75e Régiment d'infanterie sont versés dans la 55e Légion.

Reprendre la Correspondance pour la Restauration et Cent-Jours.

http://frederic.berjaud.free.fr/075edeligne/075eligne.htm
Référence : 27652/27653
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