CASQUE ET CUIRASSE D'OFFICIER DE CARABINIERS, MODÈLE 1810, PREMIER EMPIRE.

Vendu
CASQUE ET CUIRASSE D'OFFICIER DE CARABINIERS, MODÈLE 1810, PREMIER EMPIRE.
Ancienne collection Raoul et Jean Brunon.

CASQUE
Casque présenté par Jean Brunon dans les fiches techniques publiées dans la revue Uniformes, sous la référence FCa2 dans laquelle il décrit le casque de sa collection de la manière suivante :
« Napoléon décida de cuirassement des deux régiments de carabiniers, les modèles de casque et de cuirasse étant plus riches que ceux des cuirassiers. Pendant la campagne de 1809, ils firent auprès de l'Empereur, le service de la Garde impériale avant son retour d'Espagne. À Landshut, Eckmühl et Ratisbonne, Napoléon remarqua l'inefficacité des bonnets d'ourson contre les coups de sabre. Après Wagram, sa décision prise, l'Empereur signa le décret d'attribution de l'armure le 24 décembre 1809 malgré les réticences des deux régiments qui y virent une critique à leur conduite pourtant toujours exemplaire, d'autant qu'ils regrettaient le remplacement au même moment de leur habit bleu foncé par l'habit blanc.
Le casque d'officier, toujours plus riche, avait la bombe en cuivre doré (ou rouge non doré), le bandeau, les jugulaires et les rosaces en cuivre argenté ainsi que les garnitures de la visière et du couvre-nuque. Le N couronné toujours uni était lui-même plus petit que celui de la troupe (le N du Second Empire, plus grand et strié, a parfois été ajouté sur certains casques dont le N d'origine avait été retiré en 1814). Cimier en cuivre doré très étroit et orné. Glands de jugulaires en fil d'argent. Ces casques sont d'autant plus rares qu'ils ont été portés moins de 4 ans.»

Le casque est entièrement en laiton doré à l'exception des deux bandeaux, des jugulaires et des joncs de visière et couvre-nuque qui sont en cuivre argenté. Bombe de forme à la minerve, assez haute et penchée vers l'arrière. H 14 cm. Elle est composée de deux demi-coques soudées entre elles sur leur sommet, la jointure est recouverte d'une baguette de laiton de 5 mm de large.
Visière formant une pointe en son centre, largeur 6 cm, bordée d'un jonc en cuivre argenté plié à cheval sur la bordure extérieure (largeur 7 mm). Ce jonc est riveté par 4 clous en cuivre argenté. La visière est doublée de maroquin ciré vert.
Couvre-nuque pareillement cerclé à la visière, jonc fixé par 2 clous (largeur 6 mm).
Bandeau avant en cuivre argenté bordé dans sa partie supérieure d'une double moulure saillante dont le centre est strié (largeur de la double moulure 8,5 mm), en son centre le bandeau forme une pointe où la moulure vient s'enrouler sur elle-même en forme de goutte ; elle est surmontée d'une palmette sur laquelle une vis en laiton doré à tête conique vient se placer pour fixer le bandeau. Dans sa partie basse le bandeau n'a pas de moulure, il forme une pointe en son milieu. H du bandeau sur les côtés 2,5 cm, H en son centre 11 cm. De chaque côté, le bandeau est estampé en relief de fines volutes, le dessin de ces volutes caractérise les casques authentiques (sur les copies, les dessins sont différents ou plus grossiers). En son centre est riveté un « N » (H 2,1 cm, largeur 1,9 cm), surmonté de la couronne impériale (H 2,7 cm, largeur 2,7 cm).
Bandeau arrière en cuivre argenté bordé dans sa partie supérieure d'une double moulure saillante. H sur les côtés 2,7 cm, H en son centre 3,7 cm.
Cimier composé de deux ailerons et d'un masque en laiton. Chaque aileron présente un triangle curviligne, dont la base se raccorde avec la bombe au moyen d'un rebord festonné, de 1 à 1,6 cm, orné de petites godrons. Les ailerons sont estampés en relief d'un encadrement en feuilles d'acanthe et au milieu de branches de laurier nouées par des rubans, au centre une suite décroissante vers l'arrière de neuf godrons séparés entre eux par des feuilles d'eau sur fond sablé. Chaque aileron est fixé à la bombe au moyen de quatre vis en fer en laiton doré à tête conique. H maxi des ailerons 14 cm. Masque soudé aux deux ailerons, bordé d'une moulure saillante et d'un ruban strié (largeur en partie haute 2,2 cm, largeur au centre 2 cm) ; sa base est évasée, il est encadré de palmes (largeur 3,8 cm). À l'origine ce cimier se prolonge jusqu'au sommet du bandeau où il vient se fixer en dessous. En partie haute du cimier une vis avec tête à ailettes vient fixer la chenille, tout comme sur l'aileron de droite.
Chenille en crins écarlates montée sur une tige en fer (diamètre à l'arrière 6 cm, diamètre à l'avant 15 cm) ; elle dépasse du cimier d'environ 10 cm.
Jugulaires composées d'une mentonnière en cuir gainé de velours noir terminée par des cordonnets en passementerie d'argent, recouverte d'une suite de 17 écailles en cuivre argenté découpées alternativement en quatre et trois festons ; l'avant dernière écaille est découpé en deux et la dernière en un seul. Longueur apparente des mentonnières 14 cm, largeur maxi 5,7 cm, largeur mini 1,7 cm. Rosace en cuivre argenté découpé et estampé en relief d'un soleil rayonnant (H 6,7 cm, largeur 8 cm) ; au centre est fixée une étoile à cinq branches en laiton de 2,6 cm de diamètre.
Coiffe intérieure en basane découpée en sept dents de loup.

Très bon état, dorure de la bombe, de la visière et du couvre-nuque en partie absente, argenture du bandeau frottée sur les reliefs, joncs de la visière et du couvre-nuque frottés sur leurs extrémités, jonc de la visière fendu sur sa partie gauche, cimier ayant gardé sa dorure, base du masque absente, coiffe intérieure fatiguée avec manques et déchirures.

CUIRASSE
La cuirasse de troupe pour les Carabiniers est décrite par un texte daté de juin 1811 conservé aux archives de l'artillerie :
« CARABINIERS. Les devants (plastrons) se font avec de la tôle d'Allemagne corroyée qui se lamine à Sedan. Chaque feuille a 36 pouces (cm 97,5) de longueur, 18 pouces (cm 48,7) de largeur et une épaisseur de 10 à 11 points (cm 0,19 à 0,21) qui se réduit de 9 à 10 (cm 0,17 à 0,19). Une feuille donne deux devants et pèse de 15 à 15 1/2 livres (kg 7,33 à 7,58).»
« Les dos (dossières) se font en tôle de fer. La feuille pour ces dos a 36 pouces (cm 97,5) de longueur, 18 pouces (cm 48,7) de largeur et une épaisseur de 9 à 10 points (cm 0,17 à 0,19) qui se réduit à 8 & 9 (cm 0,15 à 0,17). Une feuille donne deux dos et pèse de 14 à 15 livres (kg 6,84 à 7,33).»
« Les feuilles de cuivre jaune qui s'appliquent sur les cuirassent viennent de Stolbert ou de Namur. Chaque feuille a 46 pouces (cm 124,5) de long° et 4 points (cm 0,07) d'épaisseur et pèse 7 1/2 à 8 livres (kg 3,67 à 4,11) ; une feuille donne trois morceaux, soit pour les devants, soit pour les dos. °largeur 16 pouces (cm 47,8).»
« Ici se placent les conditions techniques de fabrication, étamage et soudure. On se contentera d'indiquer que la feuille de cuivre est fixée à celle de tôle par un petit rivet de cuivre placé à chaque angle, quatre sur le plastron et quatre sur la dossière.»
« Les épaulières se font comme à la cuirasse des cuirassiers, excepté qu'elles sont doublées en basane noire au lieu de l'être en drap et qu'elles sont recouvertes, chacune, de deux chaînettes plates en cuivre, au lieu de l'être avec des écailles. Les courroies sont en cuir noir de vache. Toutes les cuirasses de carabiniers sont de première grandeur. La cuirasse achevée pèse 15 1/2 livres à 16 livres (kg 7,58 à 7,82).»

À partir de cette description du modèle de troupe, ajoutons les éléments suivants spécifiques à la cuirasse d'officier.
Les feuilles en laiton sont soit dorées soit, comme c'est ici le cas, en cuivre dit "cuivre rouge". Chacune est plaquée à la partie en acier au moyen de quatre rivets en laiton à tête bombée.
Un ornement de forme ronde en métal argenté, représentant un soleil rayonnant avec en son centre une étoile à cinq branches (diamètre 2,9 cm) en laiton doré bourré à l'étain à l'arrière, rapportée, est fixé au centre du plastron en partie haute (entre les épaulières). Sur cet exemplaire, le soleil est en argent (H 10,8 cm, largeur 10,5 cm ; cette différence s'explique parce que le soleil est légèrement bombé pour s'adapter au busc de la cuirasse).
Le plastron forme une pointe avec un léger busc (arrondi pour la troupe).
Une plate-bande de 2,3 cm de largeur, non recouverte de cuivre, qui encadre le pourtour du plastron et la dossière est garnie par 34 rivets de laiton à tête bombée sur chaque partie.
En partie basse, une ceinture en cuir (H 2,8 cm) recouverte de maroquin ciré rouge (couleur devenue marron), brodée en haut et en bas d'une baguette en passementerie d'argent (usage) fixée à la dossière de chaque côté par deux vis en laiton permet de solidariser le plastron à la dossière. Cette ceinture ferme au moyen d'une boucle en laiton de forme ovale (H 4,1 cm, largeur 4,6 cm). Les deux parties de la cuirasse sont bordées d'un bourrelet en acier de 9 mm de large. Deux tétons sont placés à l'avant du plastron pour permettre l'accroche des serrures des épaulières.
Les épaulières sont en cuir recouvert de drap rouge (largeur 5 cm) et bordées de chaque côté d'un galon d'argent (largeur 1 cm). En partie haute, une patte en métal argenté fixe l'épaulière à la dossière au moyen de trois grosses vis plates. Cette patte est recouverte d'une tête de lion en laiton argenté estampé en relief (H 6 cm, largeur 5,4 cm). La partie en cuir est recouverte d'une double chaînette (sur certains exemplaires ces chaînettes sont au nombre de trois) en métal argenté composée d'anneaux entrelacés (diamètre des anneaux 1,6 cm). Ces épaulières se terminent en partie basse par des serrures en métal argenté découpé en festons à leurs extrémités et estampé en relief d'une tête de lion (H totale des serrures 11,3 cm, H de la tête de lion 6,3 cm, largeur maxi. 5,3 cm). En partie haute ces serrures sont rattachées à l'épaulière par deux rivets en laiton à tête bombée (diamètre 1,3 cm) et en partie basse par deux autres rivets en laiton à tête bombé de diamètre plus petit, 9 mm, fixant une patte en forme de coeur (H 5,8 cm, largeur 5,3 cm) en cuir recouvert de maroquin ciré rouge bordé d'une baguette brodée en passementerie d'argent.

Très bon état de conservation, accidents à la ceinture avec usure d'usage et remplacement du cuir sur une longueur de 9,5 cm.

ÉPAULETTES
Paire d'épaulettes de colonel en passementerie d'argent, corps tissé en cul de dé, tournantes et franges à grosses graines dites d'épinard, corps doublé de drap bleu foncé.

Bon état.

France.

Premier Empire.

NOTE :
Casque : les casques de Carabiniers du Premier Empire sont rares. Si les exemplaires de troupe existent encore en quelques exemplaires, les modèles d'officiers sont pratiquement introuvables. Ils ont tous été modifiés en 1814 puis, lors de la Seconde Restauration, ils ont été transformés car versés au Carabiniers de Monsieur. La collection Raoul et Jean Brunon possédait trois casques d'officiers de Carabiniers du Premier Empire :
- l'exemplaire ici présenté, le plus exceptionnel, est conservé dans son état d'origine avec N et couronne intacts,
- un exemplaire vendu en 1966 au Musée de l'Armée, modifié en 1814 puis pour la période des Cent Jours avec N et couronne remplacés par une bombe enflammée en laiton doré,
- un exemplaire modifié en 1815-1816 pour les Carabiniers de Monsieur avec N et couronne remplacés par un motif en laiton aux Armes de Monsieur.
Il existe en collection privée un bandeau seul en argent avec chiffres impériaux d'origine, le Musée de l'Armée possède lui aussi un casque d'officier.
Cuirasse : il existe deux types de cuirasses d'officiers. Un modèle assez luxueux avec plaques en laiton doré encadrées de filets en relief avec des épaulières plus riches à trois gourmettes, tête de lion d'un dessin différent et serrures richement ornementées en relief de feuilles de chêne et de laurier. Un modèle plus rustique, probablement pour le combat, avec plaques en cuivre et épaulières à deux chaînettes et serrures moins ouvragées, sur le modèle des épaulières de cuirasses d'officiers de Cuirassiers à la fin de l'Empire. Ce deuxième type de cuirasses est employé probablement à la toute fin de l'Empire, souvent représentée dans l'iconographie d'époque, elle n'en demeure pas moins la plus rare des deux exemplaires. L'exemplaire de l'ancienne collection Brunon est l'un des rares, pour ne pas dire le seul, exemplaires connus.

PROVENANCE :
Cet ensemble casque et cuirasse provient de l'ancienne collection Raoul et Jean Brunon, il a été acheté entre 1919 et 1938 par Jean Brunon, célèbre collectionneur.
Le 26 janvier 1935, dans le numéro 4795 de la célèbre revue L'ILLUSTRATION, le général Brécard consacre un article de quatre pages en couleurs consacré à « La collection Brunon ». En photos de titre, sont représentés cinq ensembles et cuirasses du Premier Empire et de l'Ancienne Monarchie dont un ensemble d'officier de Carabiniers Premier Empire avec le casque ici présenté (la cuirasse est du modèle de luxe vendue au Musée de l'Armée en 1966).
En 1966, ce casque est inventorié par Jean Brunon dans le document "Inventaire chiffré de la collection « Histoire par l'objet des armées françaises depuis 1700 » des Archives et Collections Raoul et Jean Brunon", en page 65 : « Casque et cuirasse d'officier de Carabiniers, Premier Empire. Très bel ensemble, rarissime ».
« Casque et cuirasse, idem, 1815.» Ce second ensemble a été vendu au Musée de l'Armée en 1967, c'est celui dont le casque a été modifié en 1815 avec grenade sur le bandeau ; il est aujourd'hui présenté sur un mannequin au Château de l'Empéri, à Salon-de-Provence.
En 1967, lors de la vente de la collection au Musée de l'Armée, Monsieur Brunon conserve une sélection d'objets dont cet ensemble qui y est mentionné en page 2.
Suite au décès de Monsieur Jean Brunon en 1983, sa collection est divisée entre ses trois enfants : Anne, Paul et Raoul (conservateur à l'époque du Musée de l'Empéri). C'est Paul Brunon qui hérite de l'ensemble d'officier de Carabiniers Premier Empire, il le vend à l'antiquaire parisien Charles Marchal en février 1983 (casque et cuirasse d'officiers de Cuirassiers Premier Empire, casque d'officier de Dragons Premier Empire, casque d'officier de Dragons de la Garde modèle 1804). Un document certifié par Raoul Brunon en atteste.
Monsieur Guy Kaufmann acheta cette année-là l'ensemble d'officier de Cuirassiers, le casque d'officier de Dragons de la Ligne et l'ensemble d'officier de Carabiniers de l'ancienne collection Brunon à Charles Marchal.
Référence : 3616


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