PISTOLET D'ARÇON, modèle de 1733, pour le régiment des Hussards de Rattk, Ancienne Monarchie, règne de Louis XV, entre 1740 et 1743. 34627
Monture de bois de noyer orné de discrètes moulurations et garnie en laiton poli : calotte de crosse à bouton et oreilles, ous-garde à pontet, passants de baguette , bande de renfort à l’extrémité du fût, et contre-platine gravée du vestige du matricule 13. Forte boucle tournante fixée à vis à travers l’extrémité de la contre-platine et destinée à la suspension de l’arme en bandoulière. Platine carrée empreinte de la marque de la manufacture de Saint Etienne, soit les lettres « S » et « E » sous couronne avec en dessous la signature de l’arquebusier-entrepreneur Simon Jourjon (JOVRJON) qui fut dans cette charge de façon discontinue : 1719-1729-1731- 1740-1741 et 1749. L’intérieur de la platine est marqué de « CLAUDE CIZERON » platineur issu d’une famille d’arquebusiers stéphanois. Le canon est gravé sur la plate-bande supérieure : « REGT DE RATTKY HUSZAR ».
Longueur totale de l’arme : 48 cm ; longueur du canon : 31 cm ; calibre : 18 mm ; poids : 1,23 kg.
France.
Ancienne Monarchie, règne de Louis XV, entre 1740 et 1743. 34627
Très bon état, enture ancienne sur le fût, légère oxydation d'usage, baguette postérieure.
PROVENANCE :
Ancienne collection PM.
BIOGRAPHIE :
SIMON JOURJON est né en 1672 à Saint-Étienne, il grandit au sein de la corporation stéphanoise des maîtres-arquebusiers et monteurs d'armes, il serait le fils de Mathieu Jourjon et de Marie Barallon. Il épousa Anne Martin le 18 octobre 1707 à Saint-Étienne. Le couple eut notamment une fille, Claudine-Thècle, née en 1719, et un fils, Claude-Simon, né le 8 novembre 1717.
Dès les premières années du XVIIIᵉ siècle (vers 1700–1710), il s'impose comme un maître habile, produisant des pistolets de cavalerie et des armes de luxe. À partir de 1719, Simon Jourjon accède à la charge prestigieuse d'Entrepreneur des Armes de Sa Majesté à la Manufacture de Saint-Étienne. Son exercice de cette charge a la particularité d'avoir été discontinu (partagé ou alterné au fil de contrats successifs accordés par le Secrétariat d'État à la Guerre et la Manufacture royale en 1719, 1729, 1731, 1740, 1741 et 1749). Il fut l'un des maîtres d'œuvre chargés de produire et d'assembler les fusils réglementaires de l'armée royale, notamment les premiers fusils d'infanterie Modèle 1728 et leurs déclinaisons (fusils de cavalerie, mousquets de dragon et pistolets d'officier).Il sous-traitait la fabrication des différentes pièces (canons, platines, garnitures en laiton ou fer, montures en bois) aux maîtres-artisans stéphanois avant d'assurer l'épreuve, le contrôle et la livraison aux arsenaux royaux. En parallèle de ses contrats d'État, l'atelier Jourjon fournissait une clientèle privée aisée (officiers, noblesse, marchands).
Il produit des pistolets à deux coups et fusils de chasse de qualité, ses créations civiles, notamment ses paires de pistolets de carrosse ou de cavalerie, sont renommées pour la finesse de leurs platines et leurs décors. L'atelier regroupait également de très bons graveurs et découpeurs de métal, parfois sollicités pour d'autres pièces de précision artisanale.
Simon Jourjon meurt à Saint-Étienne en 1752 à l'âge de 80 ans. Sa succession professionnelle est reprise par sa famille, notamment par son petit-fils (ou fils selon les actes de l'époque) Claude-Simon Jourjon, qui continue d'exercer comme entrepreneur et armurier du Roi à Saint-Étienne.
CLAUDE CIZERON incarne la figure du maître-platineur hautement spécialisé, actif à Saint-Étienne vers 1730–1770. Il appartient à une importante lignée d'artisans armuriers stéphanois
HISTORIQUE :
Le régiment de Rattky-Hussards — également écrit Rattsky, Ráttky ou Rattky Hussards dans les sources — occupe une place importante dans l’histoire des premiers régiments de hussards hongrois au service de la France. Il faut toutefois apporter une petite précision à la formulation « formé sous ce nom en 1707 » : l’unité existe dès 1706 sous le nom de Saint-Geniès ; elle prend le nom de Rattky lorsque Georges (György) Ráttky en reçoit le commandement le 14 décembre 1707.
Historique du régiment de Rattky-Hussards, 1706-1743
Origines : les premiers hussards hongrois au service de la France
Au début du XVIIIe siècle, la monarchie française cherche à développer l'emploi de la cavalerie légère de type hongrois. Les hussards, particulièrement adaptés à la reconnaissance, aux coups de main, aux escortes, aux communications et à la « petite guerre », sont alors très recherchés.
Dans le contexte de la guerre de Succession d'Espagne (1701-1714), plusieurs formations de hussards hongrois ou à majorité hongroise sont constituées au service de la France. Le futur régiment de Rattky trouve directement son origine dans un régiment organisé en 1706 sous le nom de Saint-Geniès, notamment avec des Hongrois venus de différents corps et des déserteurs de l'armée impériale.
Le tournant intervient avec l'arrivée en France de Georges Ráttky de Salamonfa, ancien officier kuruc et proche de François II Rákóczi. Rákóczi l'avait envoyé auprès de la cour de France afin de contribuer à regrouper et organiser les nombreux Hongrois servant dans les armées françaises. Le 14 décembre 1707, Ráttky prend le commandement du régiment Saint-Geniès, qui devient dès lors communément le régiment de Rattky-Hussards.
Le régiment devient ainsi l'une des premières formations véritablement emblématiques de la présence militaire hongroise en France.
1708-1710 : la guerre de Succession d'Espagne
Sous Ráttky, le régiment est engagé sur le théâtre des Flandres, où il sert dans les armées françaises commandées notamment par le maréchal de Villars.
Bataille d'Oudenarde – 11 juillet 1708
Les hussards de Rattky prennent part à la bataille d'Oudenarde, l'un des affrontements majeurs de la guerre de Succession d'Espagne.
Ils y remplissent les missions traditionnellement confiées aux hussards : reconnaissance, liaison, couverture et harcèlement des forces adverses. Les sources hongroises soulignent la présence du régiment dans les grandes opérations de Flandre de 1708 et 1709.
Bataille de Malplaquet – 11 septembre 1709
L'année suivante, le régiment combat à Malplaquet, bataille particulièrement sanglante où les forces françaises affrontent l'armée alliée commandée par Marlborough et le prince Eugène.
Cette campagne contribue à établir la réputation des hussards hongrois au service de la France. Ils sont régulièrement opposés à d'autres hussards hongrois servant cette fois dans l'armée impériale des Habsbourg.
1711 : Ráttky blessé
En 1711, Georges Ráttky est grièvement blessé. Le commandement effectif du régiment est alors assuré par son lieutenant-colonel Bálint (Valentin) Dessőffy, qui joue par la suite un rôle majeur dans l'histoire du corps.
Le régiment acquiert alors une réputation suffisamment solide pour attirer de jeunes officiers hongrois appelés à jouer un rôle important dans l'armée française.
1712-1718 : l'arrivée de Bercsényi
L'un des épisodes les plus importants de l'histoire du régiment est l'arrivée de Ladislas de Bercsényi.
Après la défaite de la guerre d'indépendance de Rákóczi, Bercsényi rejoint la France en 1712. Louis XIV le nomme lieutenant-colonel du régiment de Rattky le 31 décembre 1712.
Il participe notamment aux opérations de 1713, dont le siège de Landau. Les sources rapportent qu'à cette occasion il se distingue à la tête d'un détachement de hussards.
Bercsényi devient ensuite colonel du régiment en 1718. Cette étape est essentielle : le régiment de Rattky devient l'un des principaux foyers de formation des officiers hongrois servant en France.
1719 : campagne d'Espagne
Le régiment participe à la nouvelle intervention française contre l'Espagne en 1719, sous le règne de Philippe V.
Les hussards hongrois sont particulièrement adaptés à ce type d'opérations : reconnaissance, raids, interception des communications, protection des colonnes et opérations rapides.
Leur comportement au cours de cette campagne contribue à la décision de favoriser la création de nouvelles unités de hussards hongrois. C'est dans ce contexte que Bercsényi obtient l'autorisation de lever son propre régiment, constitué principalement de Hongrois recrutés parmi les émigrés de l'Empire ottoman.
Ainsi, le régiment de Rattky est directement à l'origine de la génération suivante des hussards hongrois français, en particulier par la formation de cadres comme Bercsényi.
1720-1732 : un régiment devenu permanent
La période de paix qui suit la guerre de Succession d'Espagne permet au régiment de conserver son existence et de poursuivre son recrutement.
Il demeure très largement composé de Hongrois. La langue de commandement reste longtemps le hongrois, tandis que les officiers maîtrisent le français.
Plusieurs officiers remarquables servent dans ses rangs. Parmi eux figurent les membres de la famille Dessőffy, dont :
Bálint Dessőffy, lieutenant-colonel puis brigadier ;
Miklós Dessőffy, futur successeur de Ráttky ;
Károly Dessőffy, qui commence également sa carrière dans le régiment.
Le régiment constitue donc progressivement une véritable pépinière d'officiers de cavalerie légère hongrois au service de la France.
1733-1735 : guerre de Succession de Pologne
Le régiment retrouve le chemin des opérations pendant la guerre de Succession de Pologne.
Il est engagé en Italie sous le commandement général de Villars, puis de Coigny et de Broglie.
En 1734, les hussards de Rattky participent notamment aux opérations de Lombardie et aux combats autour de Guastalla. Ils sont employés comme cavalerie légère, en avant des forces principales et pour les missions de reconnaissance et de liaison.
La campagne de 1734 est particulièrement importante pour la carrière de Ráttky. Son comportement militaire est remarqué par le commandement français. Le 1er août 1734, Louis XV le nomme maréchal de camp, ce qui fait de lui le premier officier hongrois passé au service de France à atteindre ce rang.
Son régiment participe également aux opérations de 1735, toujours en Italie. Les hussards de Rattky sont employés pour assurer les communications et la liaison entre différents éléments de l'armée française.
1738-1740 : la Corse
Après la guerre de Succession de Pologne, le régiment connaît une période de garnison et d'exercices.
Il participe cependant avec le corps expéditionnaire français aux opérations en Corse à partir de 1738, lorsque la France intervient aux côtés de la République de Gênes contre les insurgés corses.
Cette participation témoigne de la polyvalence du régiment, désormais utilisé dans les opérations extérieures de la monarchie française.
1741-1742 : guerre de Succession d'Autriche
La nouvelle guerre qui éclate en 1740 à la suite de la mort de l'empereur Charles VI va conduire le régiment à son dernier grand théâtre d'opérations sous le commandement de son fondateur.
Les Français interviennent en faveur de Charles-Albert de Bavière, futur empereur Charles VII, contre Marie-Thérèse.
Le régiment de Rattky est engagé en Bohême et participe à la campagne qui conduit à la prise de Prague en novembre 1741.
Lorsque les forces autrichiennes reprennent l'offensive en 1742, l'armée française se retrouve enfermée dans Prague. Les hussards jouent alors un rôle particulièrement important pour les reconnaissances, les communications et les opérations au-delà des lignes ennemies, notamment pour rechercher des vivres et du fourrage.
La mort de Georges Ráttky à Prague – 5 septembre 1742
Le moment le plus dramatique de l'histoire du régiment survient pendant le siège de Prague.
Le 5 septembre 1742, Georges Ráttky meurt à Prague à l'âge d'environ soixante ans après une carrière de plus de trente années au service de la France et des causes hongroise et française.
Il existe cependant une nuance concernant les circonstances exactes de sa mort.
Le dossier administratif français indique simplement qu'il est « décédé à Prague le 5 septembre 1742 ». Des témoignages contemporains rapportent qu'il serait mort d'une attaque d'apoplexie au cours des combats. Les historiens qui ont étudié son dossier considèrent néanmoins sa mort comme survenue dans le cadre des opératins militaires et comme une mort au service.
Il est donc plus rigoureux, dans une notice historique, d'écrire : « Mort à Prague le 5 septembre 1742, au cours des opérations liées au siège de la ville. »
plutôt que d'affirmer sans réserve qu'il fut « tué d'une balle » ou « tué au combat », ce que les sources ne permettent pas d'établir avec certitude.
1742-1743 : le régiment après Ráttky
Après la mort de Ráttky, le commandement passe à son lieutenant-colonel Miklós Dessőffy (Nicolas Dessewffy).
Louis XV lui attribue le régiment, à la demande du maréchal de Broglie. Une lettre de Belle-Isle datée du 31 janvier 1743 confirme que Dessőffy a obtenu le régiment après la mort de Ráttky.
Les hussards de Rattky continuent alors les opérations en Bohême. Ils sont notamment employés avec les hussards de Bercsényi autour de Kouřim, puis participent à la couverture et à l'arrière-garde lors de la célèbre retraite de Bohême de Belle-Isle, à la fin de 1742.
Ils regagnent finalement la France en février 1743.
Mais le régiment est à nouveau frappé par le malheur : Miklós Dessőffy meurt à son tour en juin 1743, au cours de la campagne de Bohême.
Après 1743 : la fin du nom « Rattky »
Il est important de préciser que 1743 ne marque pas la disparition du régiment.
Le corps conserve son existence mais cesse progressivement d'être désigné sous le nom de Rattky. Après la mort de Dessőffy, il passe au comte de Lynden et devient le régiment de hussards de Lynden.
Il demeure une formation largement marquée par son origine hongroise.
En 1756, le régiment de Lynden est supprimé et ses éléments sont réunis au régiment de Bercsényi-Hussards.
Cette filiation est particulièrement intéressante : le régiment de Bercsényi, qui deviendra beaucoup plus tard le 1er régiment de hussards parachutistes, recueille ainsi une partie de l'héritage des premiers hussards hongrois de France.
Prix :
5 000,00 €
| Destination |
Envoi recommandé |
Envoi Recommandé + Express |
| France frais de port |
14,00 € |
50,00 € |
| Europe frais de port |
20,00 € |
60,00 € |
| Monde frais de port |
44,00 € |
100,00 € |
Assurance (1% du prix de vente) :
50,00 €
Référence :
34627