PISTOLET D'ARÇON D'OFFICIER DES GARDES DU CORPS DU ROI D'ESPAGNE, modèle de 1789. Fin du 18ène siècle, règne de Charles IV. 34591
Monture de bois de noyer à garnitures de laiton poli. La pièce de pouce est ciselée du blason d’Espagne. Canon à la mire d’argent, marqué sur le dessus du même blason puis de « GVARDa DEL CVERPO DEL REY » (assez effacé bien que très lisible). Sur le tonnerre est empreint l’écusson couronné et doré du contrôleur Juan Esteban de Bustinduy d’Eibar. Les flancs obliques comportent les gravures « CY » et « PIN ». Le dessous est daté de 1789. Platine à l’espagnole fonctionnelle avec son silex d’origine, marquée à l’intérieur de l’écusson du contrôleur Juan Batista de Andonegui. Longueur totale 45 cm ; longueur du canon 27.2 cm ; calibre 18 mm.
Espagne.
Fin du 18ène siècle, règne de Charles IV.
Bon état, le côté gauche du fût a été enturé à l’époque sur 21 cm et la baguette est moderne.
PROVENANCE :
Ancienne collection PM.
NOTE :
Particularités de fabrication du Modèle 1789 :La Platine de Transition : Le modèle 1789 utilise la fameuse platine espagnole à miquelet (llave de patilla) de haute finition, très fiable et robuste. Le Laiton d'Équipage Royal : Les garnitures (pontet à découpe dorée/polie, calotte à oreilles avec fleur de lys ou monogramme royal) sont en laiton massif, matériau résistant à l'oxydation et offrant l'éclat doré exigé pour la parade royale.Poinçons de Contrôle : Fabriqués sous le contrôle strict de vérificateurs royaux (comme Sebastián de Sarria à Placencia), les canons et platines recevaient les poinçons d'épreuve, la couronne royale et l'inscription de l'unité.
Juan Esteban de Bustinduy (ou Bustindui) est considéré par les historiens de l'armurerie comme l'un des plus grands maîtres armuriers et canonniers espagnols de la seconde moitié du XVIIIᵉ siècle et du début du XIXᵉ siècle. Son nom est intimement lié à l'excellence de la manufacture d'Éibar et à la fourniture d'armes de luxe pour la Real Armería et la Maison Royale (Casa Real), notamment sous les règnes de Charles III, Charles IV et Ferdinand VII.
Son père, Agustín de Bustinduy est un célèbre maître canonnier et député de la corporation des armuriers d'Éibar. Son frère, José Joaquín de Bustinduy, également contrôleur pour les Reales Fábricas de Placencia entre 1791 et 1797. Juan Esteban de Bustinduy contrôleur des armes royales, il a rapidement été reconnu comme un maître inégalé dans la forge des canons.
Cité par Jovellanos (1796) : L'écrivain, juriste et homme d'État espagnol Gaspar Melchor de Jovellanos, visitant Éibar en 1796, mentionne expressément Juan Esteban de Bustinduy dans ses célèbres Journaux comme l'un des artistes-armuriers les plus remarquables de la région, à qui la noblesse et l'État commandaient des armes de chasse et d'arçon de très haut rang.
Ses pièces d'exception figurent au musée de la Real Armería de Madrid. C'est également son atelier qui a été chargé de réaliser le précieux pistolet offert au futur roi Ferdinand VII par la province de Guipúzcoa. Sa notoriété et de sa position sociale à Éibar sont importantes, il fut élu Maire d'Éibar (Alcalde) en 1793 et représentant de la ville aux Assemblées Générales (Juntas Generales) de la province. Son palais familial à Éibar (Palacio de Juan Estebanenekoa) était l'un des bâtiments remarquables de la ville.
Les pistolets de troupe des Guardias de Corps étaient soumis aux contrôleurs militaires réguliers, comme Sebastián de Sarria, les pistolets d'arçon d'officiers bénéficiaient fréquemment de canons forgés ou inspectés par les maîtres les plus prestigieux de la corporation comme Juan Esteban de Bustinduy.
Juan Bautista de Andonegui (ou Andonaegui) est un autre grand nom issu de la prestigieuse lignée des maîtres armuriers et contrôleurs royaux de la vallée de la Deba (Placencia/Éibar) à la fin du XVIIIᵉ siècle. Le patronyme Andonegui est historiquement implanté dans la province du Guipuscoa (principalement entre Éibar, Elgoibar et Placencia), véritable berceau de la métallurgie armurière espagnole. Comme ses confrères Juan Esteban de Bustinduy et Sebastián de Sarria, Juan Bautista de Andonegui a suivi le cursus corporatif strict des armuriers basques : apprentissage de la forge du fer, examen devant le conseil de la corporation, puis accession au titre de Maître Armurier.
Au cours des années 1780-1800 (sous les règnes de Charles III et Charles IV), Juan Bautista de Andonegui a exercé la fonction officielle de contrôleur royal auprès des Reales Fábricas de Armas. Il était chargé de tester et de vérifier la résistance à la poudre, puis valider la conformité des armes de poing destinées aux régiments d'élite, notamment le corps des Guardias de Corps, modèle 1789. Son poinçon en creux est généralement frappé au tonnerre du canon, sous la forme du nom ANDONEGUI ou des initiales JBA surmontées d'une couronne ou d'un cartouche.
HISTORIQUE :
Le Real Cuerpo de Guardias de Corps sous le règne de Charles IV (Carlos IV) représente le sommet du prestige, du luxe et de la rigueur militaire au sein de la Maison Royale d'Espagne.
Créé en 1704 par Philippe V (sur le modèle de la Garde du Corps de son grand-père Louis XIV), ce corps d'élite de cavalerie assurait la garde rapprochée du monarque, de la famille royale et des palais royaux (Madrid, Aranjuez, El Escorial, La Granja). Pour y entrer sous Charles IV, il fallait être issu de la noblesse ou de l'hidalgo (ou justifier de la « pureté de sang »), mesurer au moins 1,70 m, avoir une excellente présentation et prouver ses aptitudes au combat et à l'équitation. Le corps était structuré en compagnies nationales (Espagnole, Italienne, Flamande, puis plus tard Américaine) sous le commandement direct de capitaines généraux ou de grands d'Espagne.
En décembre 1788, Charles IV monte sur le trône d'Espagne. L'année 1789 voit non seulement son couronnement à Madrid, mais aussi le déclenchement de la Révolution française à Paris.
Lors de la Guerre du Roussillon (1793-1795) plusieurs détachements de protection accompagnent les commandants en chef et le Roi.
Pendant le Soulèvement d'Aranjuez (1808), ce sont les Gardes-du-Corps qui entourait le palais royal d'Aranjuez lorsque le peuple et les partisans du Prince des Asturies (futur Ferdinand VII) ont renversé le ministre Manuel Godoy, forçant l'abdication de Charles IV.
Face aux menaces révolutionnaires, la Couronne espagnole renforce la sécurité du souverain. La Maison Royale commande alors aux manufactures royales basques (notamment Placencia et Éibar) un renouvellement des armes de poing pour la garde montée, aboutissant au Modèle 1789.
L'année 1789 marque une étape majeure dans la modernisation de son armement léger, symbolisée par la mise en service de la célèbre Pistola para Guardias de Corps Modelo 1789
Prix :
3 000,00 €
| Destination |
Envoi recommandé |
Envoi Recommandé + Express |
| France frais de port |
14,00 € |
50,00 € |
| Europe frais de port |
20,00 € |
60,00 € |
| Monde frais de port |
44,00 € |
100,00 € |
Assurance (1% du prix de vente) :
30,00 €
Référence :
34591