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ÉPÉE DE TÊTE DE COLONNE DU CORPS DES AÉROSTIERS MILITAIRES, Directoire - Consulat, de 1794 à 1799. 34585

ÉPÉE DE TÊTE DE COLONNE DU CORPS DES AÉROSTIERS MILITAIRES, Directoire - Consulat, de 1794 à 1799. 34585

Monture de fer. Garde à pommeau, croisière à couvre-chape et longue fusée de bois et cuir filigranée cuivre, virole en fer, double quillon inversé. Lame droite spéciale à dos et pans-creux de 89 cm gravée à 15 cm de la monture et sur l’extérieur de l’emblème du Génie dont dépendaient les aérostiers : cuirasse et bonnet de la liberté cernés de chêne et de lauriers. La face intérieure comporte l’attribut spécifique du corps : le ballon à nacelle cerné aussi de chêne et de lauriers.

France.
Directoire - Consulat, de 1794 à 1799.
Très bon état, sans fourreau.

PROVENANCE :
Ancienne collection PM.

NOTE :
Bien que dépourvues de tambour-major (un tambour seulement par compagnie) susceptible d’arborer ce genre de marque ostentatoire lors de parades, les deux compagnies créées purent-elles s’en fournir pour une occasion que nous ignorons ?

HISTORIQUE :
Les aérostiers militaires français, 1794-1799
L'expérience des aérostiers militaires constitue l'une des premières tentatives au monde d'utiliser un aéronef à des fins militaires. Leur mission principale est alors le renseignement et l'observation : installés dans une nacelle suspendue à un ballon captif, les observateurs peuvent surveiller les mouvements de l'ennemi et transmettre leurs observations à l'armée au sol.
Le corps est créé en 1794 sous la Convention, mais son histoire se poursuit pendant l'essentiel du Directoire, avant sa suppression en 1799.

Les prémices : pourquoi utiliser un ballon à la guerre ?
La Révolution française intervient alors que l'aérostation est une invention extrêmement récente.
En 1783, les frères Montgolfier réalisent les premières ascensions humaines en ballon. Rapidement, les savants envisagent des applications militaires.
L'idée est relativement simple : placer un observateur en hauteur pour obtenir une vue beaucoup plus large du champ de bataille.
Le problème est que les premiers ballons sont difficiles à contrôler. Les Français vont donc privilégier le ballon captif : le ballon reste relié au sol par des cordages et peut être hissé à plusieurs centaines de mètres.
C'est dans ce contexte que le physicien Jean-Marie-Joseph Coutelle et le chimiste Nicolas-Jacques Conté vont jouer un rôle déterminant dans la naissance de l'aérostation militaire française. Le centre expérimental est installé à Meudon, où l'on travaille notamment à la fabrication de l'hydrogène et à la construction des enveloppes.

1794 : naissance des aérostiers militaires
2 avril 1794 — création de la première compagnie
Le 13 germinal an II (2 avril 1794), le Comité de salut public décide officiellement de créer une compagnie d'aérostiers.
Le texte prévoit une petite unité spécialisée comprenant notamment :
1 capitaine ;
1 sergent-major ;
1 sergent ;
2 caporaux ;
20 hommes.
Une partie des hommes doit posséder des compétences techniques : maçonnerie, charpenterie, peinture, chimie, etc. Cela montre bien que les aérostiers ne sont pas simplement des soldats chargés de tenir les cordes du ballon : ils doivent également être capables de fabriquer, gonfler et entretenir l'aérostat.
Le commandement est confié au capitaine Jean-Marie-Joseph Coutelle, tandis que Nicolas-Jacques Conté dirige les travaux techniques à Meudon.

L'Entreprenant : le premier ballon militaire français
Le premier ballon destiné aux opérations militaires est baptisé L'Entreprenant.
Il s'agit d'un ballon à hydrogène muni d'une nacelle pouvant accueillir des observateurs.
Son fonctionnement nécessite toutefois une importante infrastructure au sol. Il faut notamment produire de grandes quantités d'hydrogène, opération longue et techniquement complexe.
C'est une des principales limites de l'aérostation militaire de cette époque : le ballon est très intéressant une fois en l'air, mais son déplacement et son gonflement sont extrêmement contraignants.

Juin 1794 : Maubeuge, premières opérations militaires
La première compagnie est envoyée auprès de l'armée du Nord.
Elle rejoint Maubeuge, alors assiégée par les forces autrichiennes.
Le 2 juin 1794, Coutelle effectue une ascension avec L'Entreprenant. Le ballon permet d'observer les positions ennemies depuis les airs.
C'est une innovation majeure : pour la première fois, une armée dispose d'un poste d'observation situé plusieurs centaines de mètres au-dessus du champ de bataille.
Le ballon est également utilisé lors des opérations autour de Charleroi.

26 juin 1794 : la bataille de Fleurus
C'est l'épisode le plus célèbre de l'histoire des premiers aérostiers. Le 26 juin 1794, l'armée française affronte les forces austro-hollandaises commandées par le prince de Cobourg.
L'Entreprenant est placé au-dessus du champ de bataille.
Coutelle et ses observateurs peuvent surveiller les mouvements de l'armée ennemie depuis la nacelle. Les informations sont transmises aux troupes françaises au moyen de messages et de signaux.
L'épisode devient rapidement célèbre dans l'armée française et constitue une démonstration spectaculaire du potentiel militaire du ballon.
Il faut cependant être prudent avec une idée souvent répétée : le ballon n'a pas, à lui seul, "fait gagner" la bataille de Fleurus. Son intérêt réside surtout dans la capacité nouvelle d'observer le dispositif adverse.

Juin 1794 : création d'une deuxième compagnie
Les premiers résultats sont jugés suffisamment intéressants pour que l'on décide de développer le corps.
Une deuxième compagnie d'aérostiers est créée à la fin du mois de juin 1794.
Le dispositif français repose désormais sur deux éléments :
Sur le terrain :
les compagnies d'aérostiers ;
les ballons captifs ;
les observateurs ;
les équipes chargées de la production d'hydrogène.
À Meudon :
fabrication des ballons ;
recherches techniques ;
formation des aérostiers.

Octobre 1794 : l'École d'aérostation de Meudon
Le 31 octobre 1794 (10 brumaire an III) est créée l'École nationale d'aérostation de Meudon.
Sa direction est confiée à Nicolas-Jacques Conté.
C'est un moment essentiel : l'aérostation devient une véritable spécialité militaire organisée.
L'école doit notamment :
former les futurs aérostiers ;
perfectionner les techniques de fabrication des ballons ;
améliorer la production d'hydrogène ;
expérimenter de nouveaux modèles ;
fournir des ballons aux compagnies opérationnelles.
Plusieurs aérostats sont construits à Meudon, parmi lesquels :
L'Entreprenant – Le Vétéran – Le Précurseur – Le Svelte – Le Télémaque – L'Hercule – L'Intrépide.

1795 : les aérostiers pendant le Directoire
En 1795, la Convention laisse place au Directoire.
L'expérience des aérostiers est conservée.
La première compagnie poursuit ses opérations auprès des armées françaises, notamment sur le front du Rhin.
Les ballons sont utilisés dans le cadre de sièges et d'opérations d'observation, notamment autour de Mayence, Bonn, Coblence et Ehrenbreitstein.
Mais une difficulté fondamentale apparaît déjà :
Le ballon est très efficace dans une guerre relativement statique, mais beaucoup moins adapté à une armée qui se déplace rapidement.
Pour mettre un ballon en œuvre, il faut transporter :
l'enveloppe ;
la nacelle ;
les cordages ;
les équipements ;
le matériel nécessaire à la production d'hydrogène ;
et parfois construire un fourneau spécialement destiné à cette production.
Cette lourdeur logistique limite considérablement l'utilisation des aérostiers.

1796 : la catastrophe de Wurtzbourg
L'année 1796 constitue un tournant.
Les aérostiers accompagnent les armées françaises dans les opérations en Allemagne.
Lors de la bataille de Wurtzbourg, la compagnie est capturée par les forces autrichiennes avec son matériel.
Le ballon L'Intrépide tombe ainsi aux mains des Autrichiens.
Il est ensuite conservé à Vienne et constitue aujourd'hui un témoignage exceptionnel de cette première aérostation militaire.
Cette capture montre également la vulnérabilité du système : le matériel est volumineux et difficile à évacuer rapidement.

1797 : retour de captivité
Après le traité de Leoben de 1797, les membres de la première compagnie sont libérés.
Coutelle reprend son commandement.
Mais l'expérience allemande a renforcé les critiques contre l'emploi militaire des ballons.
Certains généraux considèrent que les aérostiers sont trop peu mobiles et que les avantages obtenus ne compensent pas la complexité de leur mise en œuvre. Des travaux historiques soulignent notamment les réserves exprimées par Hoche et Jourdan.

1798 : l'expédition d'Égyptea
C'est l'une des dernières grandes tentatives de l'aérostation militaire révolutionnaire.
Lorsque Bonaparte prépare l'expédition d'Égypte, Coutelle et Conté défendent auprès de lui l'idée d'embarquer des aérostiers.
Bonaparte accepte.
Une compagnie d'aérostiers participe donc à l'expédition.
Le projet est ambitieux : les Français espèrent utiliser leurs compétences scientifiques et techniques en Égypte.
Mais le destin de l'aérostation militaire française va être scellé par la bataille navale d'Aboukir, le 1er août 1798.
Le matériel aérostatique est notamment embarqué sur le Patriote. Le navire est détruit et le matériel destiné aux ballons est perdu.
La compagnie se retrouve donc en Égypte sans son matériel aérostatique opérationnel.
Les hommes ne sont cependant pas inutiles : leurs compétences techniques sont mises à contribution pour différentes réalisations de l'expédition, notamment dans la construction et l'entretien de machines, d'ateliers et d'équipements.

1799 : la fin des aérostiers militaires
Le Directoire finit par mettre un terme à l'expérience.
Une précision est nécessaire ici, car les sources donnent parfois des dates différentes pour la dissolution.
Les sources historiques et les travaux consacrés au corps convergent sur un arrêté du Directoire du 28 janvier 1799 (9 pluviôse an VII) supprimant l'école de Meudon et licenciant les deux compagnies.
D'autres publications donnent le 15 janvier, le 17 février ou le 28 juin 1799, probablement en raison de différences entre la décision politique, sa mise en œuvre administrative et la fin effective de certaines fonctions. Il est donc préférable, pour une chronologie historique rigoureuse, de retenir le 28 janvier 1799 comme date de l'arrêté de suppression.
L'aérostation militaire française organisée disparaît alors pratiquement.

L'échec n'est pas dû au fait que le ballon serait inutile. Au contraire, l'observation depuis les airs fonctionne. Les principales difficultés sont plutôt opérationnelles.
- La production d'hydrogène est le problème majeur. Pour gonfler un ballon de grande taille, il faut produire une quantité considérable d'hydrogène. Cela nécessite des installations spécifiques et beaucoup de temps.
- La mobilité. Une armée révolutionnaire devient progressivement une armée de mouvement, or un ballon captif doit être : transporté ; gonflé ; maintenu ; protégé ; puis dégonflé ou déplacé.
Le système est donc difficilement compatible avec une progression rapide.
- La vulnérabilité, un ballon visible dans le ciel constitue évidemment une cible. L'ennemi peut essayer de tirer sur le ballon ou de capturer l'équipe au sol.
- La météo, le vent et les conditions atmosphériques limitent fortement les possibilités d'observation.
- La transmission des informations. L'observateur peut voir beaucoup de choses, mais il faut ensuite faire parvenir rapidement l'information au commandement. Les aérostiers expérimentent donc différents systèmes : messages écrits, signaux, fanions et autres procédés de communication.
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Référence : 34585
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