BARBIER Jean-François-Thérèse (1753-1828) : GOUACHE DU 2ème RÉGIMENT DE HUSSARDS DE CHAMBORANT, 1803, Consulat. 33965
Gouache originale non signée représentant une scène de campement du 2ème régiment de hussards en 1803.
H 50 cm x largeur 70 cm.
France.
Consulat (1803).
Très bon état, quelques petits manques.
HISTORIQUE :
Le colonel Barbier a peint des gouaches très renommées lorsqu’il était lieutenant en premier à Chamborant (1793) et plus tard comme colonel (1803). Elles donnent des détails très précis sur l’équipement des hussards de son époque.
Ces dernières ont fait l’objet d’une publication que l’on peut trouver à la Bibliothèque Nationale de France sur le site des archives numériques Gallica : Hussards par Jean et Raoul Brunon.
Certaines ont disparu, il manque donc certains régiments, votre webmaster utilise régulièrement celle du célèbre bivouac de la veille d’Austerlitz au moment du 2S, le colonel Barbier était chef de corps à ce moment-là, le régiment chargeat à dix reprises et obtint ainsi sa première inscription dans la soie de son étendard.
BIOGRAPHIE :
Jean-François-Thérèse Barbier, né le 20 janvier 1753 à Strasbourg et mort dans la même ville le 6 mai 1828, est un général français du Premier Empire et un peintre.
Il est étudiant lorsqu'il entre au service le 13 février 1772, comme sous-lieutenant au régiment des hussards Chamborant, devenu plus tard le 2e régiment de hussards. lieutenant en second le 11 mars 1781, il fut nommé lieutenant en premier le 1er février 1785, capitaine le 15 janvier 1792, il fait avec distinction les campagnes de la Révolution de 1792 et 1793 à l’armée du Nord. Sa bouillante valeur sur le champ de bataille lui vaut un avancement des plus rapides, il est nommé chef d’escadron le 5 novembre 1792.
Nommé chef de brigade le 15 mai 1793, il prit le commandement du 2ème Hussards au moment où le colonel de Frégéville reçu le grade de général de brigade. Destitué par le représentant du peuple Duquesnoy et traduit devant le tribunal criminel de l’Armée du Nord, mais acquitté et réintégré dans son emploi par le représentant Laurent, le 10 février 1794, il ne quitta le commandement de son régiment que de novembre 1793 à février 1794.
Il fait toutes les campagnes de la Révolution et son courage ne se dément jamais. Aux Armées du Nord, 1793-1796, puis de Sambre et Meuse, 1796-1797, d’Allemagne, 1797 et se fait remarquer dans l’armée du Rhin de 1798 à 1800. Le chef de brigade Barbier était aux Armées du Rhin, sous Bernadotte depuis 1799, lorsque le 2ème Hussards reçut l’ordre de se rendre en Belgique. La paix de Lunéville (9 février 1801) le trouva cantonné à Gand, Anvers et dans l’île de Cadzam; à partir de la fin de 1801, le régiment fut distribué entre Gand, Malines et Bréda. En 1802, il est employé dans l'armée de Hanovre sous les ordres de Bernadotte. Ses bons services sont récompensés le 24 janvier 1804 par la croix de la Légion d'honneur, et le 15 juin suivant il est fait officier de l'ordre.
Il s'illustre sous les yeux de l'Empereur à Austerlitz, où il est atteint au cou par un biscaïen, le 2 décembre 1805, ce qui lui vaut sa nomination au grade de commandeur de la Légion d'honneur le 25 décembre 1805. Il fait ensuite la campagne de Prusse en 1806 et peu de jours avant Iéna, il est promu général de brigade le 7 octobre 1806 pour être pourvu du commandement d'une place de seconde ligne. Créé baron de l'Empire en 1808, il reçoit une dotation sur le département de Trasimène, mais, en raison de son âge et de ses fatigues, il est désormais employé au commandement des places.
Admis au traitement de non-activité le 1er septembre 1814, d'ailleurs mal vu par la Restauration française car suspecté de bonapartisme, il est retraité par ordonnance du 25 novembre 1818. Il se retire dans sa chère ville de Strasbourg où il vit entouré de l'estime publique et meurt le 6 mai 1828 à son domicile du 5 rue de la Nuée-Bleue de Strasbourg.
Il était propriétaire jusqu'en 1822 du château d’Oberkirch, à Molsheim (Bas-Rhin), dont il hérita par sa femme sous le Premier Empire.
Chef de Brigade au 2e Hussards le 15 mai 1793
Général de brigade le 7 octobre 1806
Commandeur de la Légion d'honneur le 25 décembre 1804
Baron de l'Empire le 29 juin 1808
HUSSARDS Gouaches du général baron Jean-François Thérèse BERBIER, peintes en 1789 comme lieutenant en premier au Régiment de Hussards de Chamborant et en 1803 comme colonel commandant le 2e Régiment de Hussards.
Jean et Raoul Brunon. Marseille - 1966
JEUNES COLONELS. LIEUTENANTS VETERANS.
Sous les règnes de Louis XV et de Louis XVI, les régiments étrangers comptaient un grand nombre d'officiers nés hors de France ; beaucoup d'entre eux avaient servi, tantôt dans les rangs français, tantôt dans ceux des troupes d'autres Nations et souvent ennemies.
Les hussards étant les derniers venus parmi les régiments de France, les officiers Hongrois qui y servaient bénéficièrent d'une vogue privilégiée, vogue qui était cependant partagée par les régiments étrangers de langue allemande autres que les hussards.
Cette mode venait de la Cour et la reine Marie-Antoinette était en partie l'inspiratrice de cet engouement : cela s'expliquait par le fait que de nombreux noms portés par ces officiers lui étaient déjà familiers lorsque, archiduchesse, elle se trouvait à la Cour de Vienne.
Officiers du Roi, les sentiments du devoir de ces officiers étrangers étaient avant tout dominés par l'idée royale, et ceci peut expliquer la détermination d'émigrer que prirent la plupart d'entre eux en 1792, détermination qui entraîna celle de beaucoup de leurs soldats.
LES GOUACHES DE BARBIER.
LIEUTENANT EN PREMIER DANS CHAMBORANT EN 1789.
COLONEL DU 2 RÉGIMENT DE HUSSARDS DE 1793 à 1806.
« Noblesse oblige, Chamborant autant», la vieille devise du Régiment de Hussards de Chamborant s'est perpétuée jusqu'à nos jours. Si, encore actuellement, on affirme avec fierté appartenir au Régiment de Berchény ou au Régiment d'Esterhazy, 1er et y de l'arme, c'est cependant dans celui de Chamborant seul que la tradition s'est maintenue de se présenter ainsi : — « Chamborant un tel ! ».
Après 1791 ; le 2me Régiment de Hussards a toujours conservé son vieux nom d'autrefois, aussi bien dans les guerres de la République et de l'Empire que dans les Campagnes d'Afrique, comme dans l'Année terrible et les deux guerres mondiales.
Cependant, avant de prendre le nom qui leur est resté, les hussards de Chamborant en ont illustré d'autres. Le régiment fut créé en 1735 par le comte Esterhazy, descendant d'une antique famille de magnats hongrois réfugiée en France au début du XVIIème siècle, — une branche de cette famille existe encore en Autriche et une autre en France. Le régiment devint Turpin-Hussards en 1747 et prit le nom de Chamborant en 1761.
Né à Strasbourg le 20 janvier 1753, Jean-François-Thérèse Barbier était étudiant lorsqu'il entra au régiment en qualité de sous-lieutenant, le 13 février 1773 ; lieutenant en second le 11 mars 1781, il fut nommé lieutenant en premier le 1er février 1785, capitaine le 15 janvier 1792 et chef d'escadron le 5 novembre 1792.
Nommé chef de brigade le 15 mai 1793, il prit le commandement du 2ème Hussards au moment où le colonel de Frégeville reçut le grade de général de brigade. Destitué et traduit devant le tribunal criminel de l'Armée du Nord, puis acquitté, il ne quitta le commandement de son régiment que de novembre 1793 à février 1794.
Aux Armées du Nord, 1793-1796, puis de Sambre et Meuse, 1796-1797, d'Allemagne, 1797, le chef de brigade Barbier était aux Armées du Rhin sous Bernadotte depuis 1799 lorsque le 2éme Hussards reçut l'ordre de se rendre en Belgique.
La paix de Lunéville (9 février 1801) le trouva cantonné à Gand, Anvers et dans l'île de Cadzam; à partir de la fin de 1801, le régiment fut distribué entre Gand, Malines et Bréda. Il partit ensuite pour le Hanovre au début de mai 1803.
C'est à ce moment que le colonel Barbier exécuta l'aquarelle que nous reproduisons sur la sixième planche. La date est d'autant plus sûre que le chef d'escadron Charles-Etienne de Ghigny étant passé major au 1er Hussards le 6 brumaire An XII (29 octobre 1803) figure sur cette gouache.
Après être demeuré quatorze ans à la tête du 2ème Hussards, Barbier sera nommé général de brigade le 7 octobre 1806, puis obtiendra le titre de baron de l'Empire le 17 mars 1808. Le général Barbier mourut à Strasbourg le 6 mai 1825. C'est à Rugendas le père que sont dues les représentations les plus vraies de types de hussards de la fin du XVIème siècle.
Nous trouvant à Baden en 1946, nous découvrîmes dans le hall de l'hôtel de Bûhler Hôhe, en pleine forêt badoise, une série de gravures faisant partie de la suite publiée par Rugendas vers 1704 et consacrée par cet artiste à des scènes des guerres de la Ligue d'Augsbourg et de la Succession d'Espagne, du moins dans les commencements de cette dernière. Nous les photographiâmes avec d'autant plus d'empressement que presque toutes représentaient des hussards en action, document d'une grande vérité et montrant cette troupe telle qu'elle était sous Louis XIV.
Leur uniforme — si tant est qu'on admette de désigner ainsi leur accoutrement —, leur équipement et leur harnachement étaient alors indifféremment valables aussi bien pour les hussards au service étranger que pour les hussards au service de France. La seule distinction visible était, pour ces derniers, les fleurs de lys ornant les angles arrière de leurs schabraques en pointe : pour éviter d'être identifié, il suffisait de relever et de fixer ces pointes.
Le présent recueil, auquel nous avons simplement donné le titre : « Hussards », ne prétend naturellement pas retracer, même en bref, l'histoire des hussards, ou encore donner une description de leurs uniformes successifs. Par la lecture des paragraphes précédents on a pu constater que nous nous sommes bornés à rédiger de courtes notes sur des sujets choisis ; leur but est d'accompagner les gouaches de Barbier.
Ces gouaches, d'une exécution si agréable, si bien marquées de leur époque, sont inédites. Les cinq premières ont été exécutées par Barbier lorsqu'il servait comme lieutenant en premier au Régiment de Hussards de Chamborant. Nous les avons nous-mêmes datées de l'année 1789 parce que c'est la plus vraisemblable et que, à un an près, elle correspond tant aux détails révélés par l'examen de chaque gouache qu'aux désignations contemporaines portées à l'encre au dos de trois d'entre elles.
A ce moment, tous les régiments le hussards étaient disposés le long des frontières de l'Est, de Rocroy à Haguenau, l'un d'eux se trouvant en poste avancé, à Landau, soit, de la gauche à la droite : Esterhazy (5ème Régiment) (8ème à Rocroy ; Berchény (2ème), à Charleville ; Lauzun (6ème), à Verdun ; Colonel-Général (1er), à Metz ; Saxe (4ème)» à Haguenau ; Chamborant (5ème), à Landau.
C'est intentionnellement que nous venons de mentionner les hussards des premières années dessinés par Rugendas sur le vif.
Or, nous devons au talent du lieutenant Barbier, les plus excellentes représentations de hussards des dernières années de l'Ancienne Monarchie. Ainsi, à environ cent ans d'écart, les œuvres de chacun de ces artistes nous portent à proposer ce rapprochement.
Acquises il y a environ quarante ans, ces gouaches de Barbier ont, curieusement, deux provenances distinctes.
Celles représentant des hussards des Régiments de Berchény, de Chamborant, de Saxe-Conflans et de Lauzun furent achetées à Paris, et nous fîmes l'acquisition à Nancy de la gouache qui représente un hussard du Régiment du Colonel-Général qui, sans discussion possible, appartient à la même suite. Chacune porte au dos un monogramme de bibliothèque paraissant dater du siècle dernier mais fâcheusement indéchiffrable.
Comme on le constate, le hussard du Régiment d'Esterhazy manque à l'appel et c'est bien dommage : exprimons le vœu que cette publication permette de découvrir cette gouache !
Il est superflu d'insister sur la perfection de facture de tels documents, tous d'une égale valeur, la recherche du détail, si insignifiant soit-il, ne nuisant pas au talent dont le peintre fait preuve. Plus encore, l'examen attentif de chaque gouache révèle la connaissance sûre du soldat-artiste qui, lui-même, a porté ces uniformes, ceint ce ceinturon à la hussarde, paqueté ce harnachement : le port du shako ; l'accommodement de la chevelure ; le bouton d'assemblage de la banderole de giberne à la banderole du porte-mousqueton, ce bouton étant placé près de l'épaule ; la ceinture-écharpe nouée bas sur les reins ; le manteau roulé très long, les extrémités laissées en pointe au lieu d'être rempliées ; la sabretache portée court : tout est fidèlement et exactement observé, détails accentuant l'intérêt de ces petits tableaux agrémentés dans les seconds plans de scènes vivantes et colorées.
Chacun de ces hussards porte l'uniforme de l'ordonnance de 1786 avec de légères variantes, tels les parements bleus de ciel et non écarlates au dolman du hussard de Chamborant et les porte-manteaux des hussards de Colonel-Général, Saxe et Lauzun dont
les galons sont de la couleur des tresses. Les planches étant reproduites aux dimensions des originaux, nous mentionnerons seulement certains détails :
— Sauf à Colonel-Général, Saxe et Lauzun dont les sabretaches portent le chiffre couronné du Roi, soit les deux L entrelacées, Berchény et Chamborant ont leurs sabretaches ornées de ce même monogramme, mais surchargé de la lettre R.
— Sauf Colonel-Général, qui porte à la culotte un trèfle en ganse, les ouvertures du pont de la culotte des quatre autres hussards sont encadrées d'une pique renversée.
— Tous les hussards sont représentés côté montoir; seul, le hussard de Chamborant tourne la tête de telle façon que la cocarde tricolore, récemment arborée, placée à la base du plumet, apparaît nettement.
— Berchény : le cordon à olive de la pelisse est mélangé écarlate et blanc. Au dos de la gouache est écrit à l'encre : « Perchini ».
— Chamborant : Le bleu céleste de la flamme du shako, celui des parements du dolman et celui de la culotte sont plus clairs que le bleu céleste de Berchény(7). L'olive et le cordon de la pelisse sont mélangés bleu céleste et blanc. Aucun galon ne figure autour de la sabretache, celle-ci étant simplement bordée de basane écrue. Les festons de la schabraque, les galons du porte-manteau et les courroies de charge sont noirs. On remarquera la schabraque rabattue de manière à saisir plus commodément les pistolets. La moustache est passée au cirage noir, ce qui illustre bien l'ordonnance prescrivant que tous les hussards doivent porter la moustache retombant en pointe, «teinte en noir ou postiche au besoin ». Au dos de la gouache, écrit à l'encre : « Chamboran ».
— Saxe : De même, le mot « Saxe » écrit au dos de la même main.
— Lauzun : Le bleu céleste est de nuance identique à celui de Berchény. Même remarque à propos du pourtour de la sabretache que pour celle de Chamborant. Au dos, de la même écriture : *Lauzon ».
Ce hussard de Lauzun paraît être armé d'un mousqueton modèle 1766; c'est logique, le mousqueton « d'hussard » modèle 1786 n'ayant vraisemblablement pas encore été délivré aux troupes en 1789. A remarquer les canons « couleur d'eau » des mousquetons des hussards de Lauzun et de Saxe (on aperçoit seulement l'extrémité du canon du mousqueton de ce dernier), enfin le canon également «couleur d'eau» du pistolet du hussard de Chamborant.
Nous connaissons l'existence de treize gouaches, œuvres de Barbier; leur dispersion conduit à imaginer que d'autres doivent encore exister. Dans leur énumération, commençons par celles qui — provisoirement, souhaitons-le — ont actuellement disparu :
I. — Hussard du 2T Régiment, vers 1803-1805, en dolman, pelisse à l'épaule, portée basse ; cheval blanc marchant vers la droite ; mousqueton An IX à la botte, porté par dessus la fonte droite, la partie basse du fût ne touchant par conséquent pas la cuisse du cavalier. Au fond, escarmouche entre hussards et fantassins, petit tableau d'un genre identique à ceux ornant les gouaches que nous reproduisons.
II. — Hussard du 2me Régiment, porte-fanion du colonel, 1803-1805. Semblable au même personnage figurant derrière le colonel Barbier sur la gouache reproduite planche 6 de notre recueil. Il est vu côté hors montoir, ce qui permet de constater l'absence de mousqueton bien que ce hussard soit ceint de la banderole porte-mousqueton par dessus la giberne. Le fanion à deux pointes est : 1 et 4 blanc, 2 et 3 bleu céleste. Ces deux gouaches existaient dans la collection Cottreau. Que sont-elles devenues ?
III. — Portrait équestre d'un capitaine du 2nw Hussards, vers 1803, portant au dos l'inscription : « Faite à Gand, département de l'Escaut, au mois de thermidor An XI ». Cet officier est représenté en grande tenue; tt porte la croix de la Légion d'honneur sur la pelisse non chaussée et tenue très bas ; cette particularité est insuffisante pour tenter d'identifier ce capitaine sur les huit comptant au 2ème Hussards en l'An XI et qui devaient tous arborer à leurs shakos un plumet bleu céleste pour les compagnies ordinaires. Caracolant, le cheval est tourné vers la gauche ; un grand arbre complète le tableau ; au fond, on aperçoit un combat de cavalerie.
IV. — Le Musée royal de l'Armée, à Bruxelles, possède le portrait du chef d'escadron Ghigny, portrait sur lequel nous reviendrons.
V. — Bivac du 2m* Hussards, Austerlitz 1805. Peinte et datée en 1807, cette gouache provient du général baron de Lamiraux, petit-fils du général Barbier. Faisant partie de la collection Vanson, elle se trouve actuellement au Musée de l'Armée...
VI. — . . . ainsi qu'une autre gouache représentant la surprise d'un convoi en 1805. VII. — Un a combat aux avant-postes en 1806 » est conservé dans la collection du colonel Druène.
Empruntant les commentaires qui lui furent consacrés par Lucien Rousselot, peintre de l'Armée, dans un article publié par la revue « Le Passepoil », nous nous arrêterons plus longtemps sur cette gouache. « Par les détails nombreux qu'elle contient — écrit l'auteur —, elle est bien l'œuvre d'un militaire et d'un cavalier. Au premier plan, un peloton de hussards, le sabre à la main, le manteau en sautoir, est prêt à intervenir. Au second plan, deux officiers et, devant eux, dans la plaine, un autre peloton conduit par un troisième officier, escarmouche avec des dragons prussiens à distinctive rouge ou cramoisi ».
Pour les officiers « ni shakos, ni dolmans, ni sabretaches, rien de ces tenues chamarrées auxquelles nos yeux sont habitués. Ils sont bien loin des officiers chargeant, pelisse flottante, sabretache ballante, montés sur des chevaux harnachés avec luxe. La réalité était tout autre, sans pour cela manquer d'intérêt et de pittoresque, et nos officiers portant des tenues simples, presque austères, ont certainement été vus ainsi... ».
« Deux des officiers sont vêtus d'une redingote, et le port de ce vêtement nous fournit la preuve que les uniformes fort coûteux, chamarrés d'or ou d'argent, les shakos, les sabretaches et les harnachements de parade, étaient bien souvent relégués dans les fourgons. Leurs possesseurs les économisaient le plus possible. Avec leurs chapeaux à longues cornes et leurs cheveux liés et poudrés, ils pourraient sembler appartenir à une époque antérieure et nous serions tentés de les dater de 1802-1803, si nous ne savions que la silhouette générale des militaires du début de l'Empire était à peu près la même que sous le Consulat».
Nous citons ces passages de l'étude de Rousselot en raison du rapprochement existant entre cette gouache de la collection Druène et celle que nous reproduisons : l'une complète l'autre, et elles constituent de même les deux plus importantes œuvres connues de nous qui aient été peintes par le colonel du 2me Hussards « lequel maniait aussi bien le pinceau que le sabre ».
VIII. — Il s'agit maintenant de cette seconde gouache (8) sur laquelle figurent huit personnages, tous à cheval (notre planche 6).
Shako à double course d'anneaux brodés en argent, pelisse chaussée, le colonel Barbier occupe son centre. A sa droite, un capitaine qui, avec son plumet blanc, ne peut être que l'un des deux adjudants-majors du régiment : Jaquet ou Braun. A gauche du colonel, monté sur un cheval blanc, le chef d'escadron Ghigny, en dolman alors que sur le portrait conservé au Musée royal de l'Armée belge, il est en pelisse, mais toujours coiffé du chapeau.
Venant de la gauche, l'officier en redingote, chevauchant auprès d'un de ses camarades en frac, porte une confederatka à la polonaise, coiffure qui demeurera à la mode pendant tout l'Empire(9). Nous avons déjà signalé le porte-fanion du colonel ; le personnage vers lequel il est tourné est un hussard des compagnies ordinaires. Tout à fait à droite, au second plan, figure un trompette portant le dolman bleu céleste avec collet et parements bruns, la schabraque et le porte-manteau sont également de drap brun.
Le colonel, le capitaine adjudant-major ainsi que le capitaine mentionné plus haut (N° III) portent chacun la croix de la Légion d'honneur, insignes qui ont dû être ajoutés en 1804 sur ses gouaches par le colonel Barbier.
Les huit peintures que nous venons d'énumérer sont toutes consacrées au 2ème Régiment de Hussards à la fin du Consulat et au début de l'Empire. Exécutées comme nous l'avons dit en 1789, les cinq gouaches restantes sont celles que nous reproduisons (planches 1 à 5).
NOTE :
Aux treize gouaches répertoriées par Jean Brunon nous avons connaissance de trois gouaches suplémentaire l'exemplaire présenté ici et deux autre passées en vente chez Millon - Maison de ventes aux enchères - Salle 11 - Hôtel Drouot , 9, rue Drouot 75009 Paris le 12 juin 2026.
Prix :
5 000,00 €
| Destination |
Envoi recommandé |
Envoi Recommandé + Express |
| France frais de port |
25,00 € |
60,00 € |
| Europe frais de port |
30,00 € |
80,00 € |
| Monde frais de port |
900,00 € |
250,00 € |
Assurance (1% du prix de vente) :
50,00 €
Référence :
33965