Shako de chasseur du 1er Régiment d’Infanterie Légère, modèle 1812, Premier Empire.
Fût en feutre noir. Bourdalou en cuir, hauteur 2 cm. avec boucle de serrage à l’arrière Calotte en cuir de vache ciré noir d’environ 23,5 cm de diamètre avec bordure extérieure repliée sur la partie supérieure du fût sur une hauteur de 4 cm. Visière en cuir noir de 5,5 cm de largeur.
Coiffe intérieure en deux parties avec bandeau en cuir cousu à une coiffe grosse toile. Jugulaires en deux parties : mentonnière en cuir recouvert de 15 écailles en fer découpé et festonné, longueur 20,5 cm ; rosace de forme ronde en fer estampé du cor de chasse, diamètre 4 cm.
Plaque en fer estampé représentant une aigle impériale tenant dans ses serres le fuseau de Jupiter posé sur un soubassement décoré d’un cor de chasse dont le centre est découpé du chiffre 1, et encadrée de deux têtes de lion, hauteur 13,5 cm, largeur11,7 cm. Cocarde en cuir peint tricolore, diamètre 6,2 cm. Pompon en laine verte. Hauteur totale sans le pompon 23 cm.
Très bon état.
PROVENANCE :
Ancienne collection Monsieur Saint-Aubin vendue en 1936.
PROVENANCE :
Ancienne collection Wurtz-Pees, puis Saint-Aubin, et collection privée.
Monsieur Marcel Saint-Aubin, est un collectionneur devenu antiquaire entre-deux-guerres. À ma connaissance aucune biographie ni article n'ont jamais été publiés sur cette personnalité qui est pourtant connue des collectionneurs et très souvent citée dans les provenances d'objets historiques souvent de grande qualité. C'est pourquoi je vais ouvrir mes archives pour faire mieux connaître ce grand connaisseur :
« Mobilisé lors de la Première Guerre Mondiale ainsi que son frère dans l’infanterie, ce dernier fut tué à Verdun. Tous deux partageaient les mêmes goûts pour les souvenirs militaires ; l’un et l’autre dessinaient et publiaient leurs dessins dans la revue « La Giberne » avant 1914.
Après la guerre il s'installe comme antiquaire. En 1926 il habitait au 108 rue de Ménilmontant (Paris 20ᵉ), soit très en dehors des quartiers de prédilection des antiquaires. Son choix portait sur la spécialité qui l’attirait depuis longtemps : la curiosité militaire. L’étincelle qui l’orienta vers cette spécialité, vint de sa première trouvaille : un sabre d’officier de cavalerie légère du Consulat, son premier beau sabre ; il l’appelait son « porte bonheur » et il l’avait toujours conservé.
Le métier d’antiquaire permettait à Saint-Aubin de voir et de posséder quelque temps ces objets tant appréciés. Fin connaisseur, il ne se trompait jamais et ses clients bénéficiaient de sa science. Chercheur passionné, tout ce qu’il découvrit dans sa vie fut étonnamment varié. Silencieux et modeste, il avait un art et une manière qui laissèrent un souvenir impérissable chez les amateurs l'ayant connu.
Comme la plupart des marchands d'objets militaires de cette époque, Marcel Saint-Aubin n’avait pas de magasin. Il recevait dans son appartement, peu d’objets s’y trouvaient et ils n’occupaient qu’une place provisoire. Généralement, comme Paul Jean, il allait chercher les objets qu’il voulait vendre dans la pièce voisine et il les présentait le plus souvent sans rien dire, avec un léger sourire, ou encore si l’objet présenté était vraiment exceptionnel, il disait simplement sans hausser le ton « C’est du nanan … ».
En juin 1940, lors de l’occupation, il part pour Guingamp. Il revint à Paris où il se réinstalla fin 1951, dans la maison qu’il avait acquise, 16 rue Henri Pape, dans le 13e arrondissement, une fois encore, très loin du quartier des antiquaires.
Son amour des objets dont il se séparait se retrouvait jusque dans le soin qu’il apportait à leur emballage. Très adroit de ses mains, il protégeait parfaitement la pièce la plus modeste.
Marcel Saint-Aubin est mort à l’âge de 83 ans, emportant avec lui l’estime de tous ceux qui le connurent, laissant unanimement le souvenir d’un homme ayant de grandes valeurs morales. »
HISTORIQUE :
Le 1er Régiment d’Infanterie Légère a pris part aux grandes batailles napoléoniennes : 1805-1810 Caldiero, Sacile, Wagram, 1810-1812 Miranda, bataille des Arapiles, 1813 défense de Saint-Sébastien, Lützen, Bötzen, Dresde, Leipzig, 1814 Brienne, Sézanne, Montmirail, Vauchamps, Laon, Paris, 1815 Les Quatre-Bras et Waterloo.
Référence :
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