Armée d'Orient, 1801. LETTRE AUTOGRAPHE SIGNÉE DU GÉNÉRAL SILLY AU CITOYEN PRÉFET MARITIME DES CÔTES DE LA MÉDITERRANÉE, Syracuse le 18 brumaire an 10 (9 novembre 1801). 18910-69
Entête « ARMÉE D'ORIENT / LIBERTÉ / ÉGALITÉ / RÉPUBLIQUE FRANÇAISE », avec vignette.
Le général Silly est en quarantaine à Syracuse, pour réparation d'une voie d'eau considérable, avec 228 français à bord du bâtiment russe St Joanni.
Des vivres sont fournis par le gouverneur de la place, mais il ne sait pas quelle autorité se chargera de rembourser ce que le gouvernement napolitain leur fournit.
Une grande partie de ses compagnons de voyage sont invalides, comme lui également, et ils n'ont pas reçu de solde ni d'habillement et équipement pendant les huit derniers mois de l'an 9. Ils sont dénués de tout, il demande de l'assistance pour eux à leur arrivée car il compte revenir débarquer à Marseille en mauvaise saison de l'année.
« En quarantaine, à Syracuse le 18 brumaire an 10.
Le général de brigade Lilly au Citoyen préfet maritime des côtes de la Méditerranée.
J'ai l'honneur de vous faire part que faisant partie de la garnison d'Alexandrie d'où j'ai parti avec 228 français à bord du bâtiment le St Joanni de nation russe le 2 vendémiaire dernier j'ai par suite de contrariété des vents été obligé de relâcher à Syracuse pour faire radouber notre bâtiment qui faisait une voie d'eau considérable, il parait que ces réparations sont assez conséquentes pour nous retenir dans ce port au moins un mois et que nous y ferons notre quarantaine complète. M. le Gouverneur de cette place a la bonté de nous faire fournir nos vivres journaliers et promis de nous donner notre approvisionnement nécessaire lors de notre départ. J'ai rendu compte de notre position au ministre de la guerre. J'ignore absolument quelle autorité constituée doit rembourser ce que nous recevons ici du gouvernement napolitain, si par hasard cette partie doit être de votre ressort je vous prierais citoyen préfet de donner vos ordres pour qu'il s'effectue dans le plus bref délai afin de reconnaître par là les honnêtes procédés de M. le Gouverneur à notre égard.
Les trois quarts de nos compagnons de voyage sont invalides comme moi. Je compte débarquer à Marseille où nous n'arriverons que dans la plus mauvaise saison de l'année. Les malheureux qui de concert avec toute l'armée d'Ouest n'ont pas reçu de solde ni aucune partie d'habillement et équipement pendant les huit derniers mois de l'an 9 se trouveront absolument dénués de tout. Dans le nombre, 45 sont aveugles et 15 amputés d'un membre, le reste à reçu des blessures qui les mettent hors d'état de faire aucun service. Vous voyez citoyen préfet que l'humanité réclame en leur faveur. Je vous prie en conséquence de vouloir bien faire prévenir les autorités compétentes afin de donner à ces malheureux sitôt leur arrivée les secours que nécessitent leurs besoins urgents.
Nous n'avons eu aucun accident de peste depuis notre départ.
J'ai l'honneur de vous saluer.
Silly ».
Feuillet double. 1 page 1/2 d'écriture.
H 31 cm x 20.7 cm.
Assez bon état, entête en bon état, texte manuscrit très pâle, traces de pliures.
BIOGRAPHIE. :
Pierre Louis François SILLY, né le 12 septembre 1747 à Montigny-le-Gannelon et mort le 7 janvier 1809 à Cloyes-sur-le-Loir en Eure-et-Loir, est un général de brigade de la Révolution française.
[...] Il est promu général de brigade provisoire le 23 septembre 1800 par le général en chef Menou. Le 21 mars 1801, il commande la 1re brigade de la division Lanusse lors de la bataille de Canope, où il a la cuisse emportée par un boulet de canon, ce qui entraîne son rapatriement en France. Il est confirmé dans son grade par le Premier consul le 7 janvier 1802, avant d'être admis à la retraite le 29 septembre 1802. Il meurt le 7 janvier 1809, à Cloyes-sur-le-Loir. [...]
Référence :
18910-69