FUSIL D'INFANTERIE BELGE EN USAGE DANS LES RÉGIMENTS DE TIRAILLEURS FRANCO-BELGES DE L’ARMÉE PONTIFICALE, modèle 1854, Second Empire. 33004R
Fût en noyer. Canon rond à huit pans au tonnerre, L 103 cm, avec la queue de culasse, L 109 cm. Poinçonné au tonnerre « V » sous couronne et de la Tour de Liège. Toutes garnitures en acier. Crosse matriculée pareillement au canon « 892 » ; numéro rayé au canon et remplacé par le matricule « 1249 ». Chien à percussion.
Longueur totale du fusil : 1425 mm
Belgique.
Second Empire.
Bon état de conservation, rayures du canon nettes, chien fonctionnel. Absence de baguette. Quelques trous de vers à la crosse.
Notes historiques :
Le bataillon des Zouaves pontificaux, créé le 1er janvier 1861 sur le modèle des troupes de zouaves de l'armée française, dont l'uniforme exotique est très populaire au milieu du XIXe siècle devenu régiment au 1er janvier 1867, est constitué de volontaires, majoritairement français, belges et néerlandais, venus défendre l'État pontifical, dont l'existence est menacée par la réalisation de l'Unité italienne au profit du Piémont. Son histoire est corrélée à la dernière décennie de l'État du Saint-Siège (1860-1870). Le régiment est licencié le 21 septembre 1870 à la suite de la disparition des États pontificaux.
Le Bataillon des Tirailleurs France-Belges.
En 1860, le sort de l'État pontifical paraît critique. Les puissances catholiques se désintéressent de la question, aussi le camérier secret du pape Pie IX, Mgr Xavier de Merode, ancien militaire devenu pro-ministre des armes, décide de faire appel au général de Lamoricière pour réorganiser et commander l'armée pontificale. Pour augmenter les effectifs, Lamoricière recourt à l'enrôlement volontaire et fait appel aux États catholiques. Belges et Français constituent un bataillon de tirailleurs franco-belges (les plus gros contingents viennent de Bretagne et de Vendée) sous les ordres du vicomte Louis de Becdelièvre. Celui-ci tient personnellement à les doter de l'uniforme inspiré des zouaves, et adapté à la chaleur romaine. Assez mal accueilli par Lamoricière qui a bien d'autres problèmes plus urgents, il a le soutien de Mgr de Merode et du pape lui-même ; les tirailleurs sont donc appelés Zouaves pontificaux avant même la création officielle du corps. Les Piémontais écrasent les Pontificaux à la bataille de Castelfidardo (18 septembre 1860) et l'État du pape se trouve réduit au seul Latium. Le désastre fait affluer les volontaires à Rome : le bataillon des Zouaves pontificaux est constitué d'une partie des tirailleurs franco-belges et des Irlandais du bataillon de Saint-Patrick, auxquels s'étaient ajoutés, avant la bataille, les quelques « croisés » d'Henri de Cathelineau.
Joseph-Louis Guérin, séminariste nantais, blessé lors des combats, décède le 30 octobre 1860. Sa tombe, à Nantes, devint un lieu de pèlerinage très populaire ; on lui attribua même 35 miracles de guérison entre 1861 et 1864.
Dans te courant du mois de mai 1860, le bataillon Athanase de Charette venait se mettre à la disposition du général de La Moricière et recevait le brevet de capitaine. Il groupait immédiatement autour de lui quelques volontaires français, qui prirent part à l'expédition des Grottes San-Stefano. Cette opération, conduite par le colonel de Pimodan, était dirigée contre des bandes garibaldiennes qui avaient envahi la province de Viterbe.
Le 1er juin, M. de Becdelièvre était nommé chef de bataillon et désigné pour prendre le commandement du bataillon des Tirailleurs pontificaux.
Le 6 juin, un décret, contresigné par le général en chef, organisait les deux premières compagnies au point de vue administratif et militaire. Le 18 juin, une section hors-rang était créée.
Les deux autres compagnies furent formées au fur et à mesure de l'arrivée des Volontaires, presque tous français et belges.
Le bataillon des Tirailleurs franco-belges s'installait à Terni pour compléter son instruction ; à la date du 20 septembre 1860, il avait un effectif de 450 hommes, répartis en 4 compagnies actives et 1 de dépôt.
Le 8 septembre, le bataillon des Tirailleurs quittait Terni et, le 18, prenait une part des plus honorables à la bataille de Castelfidardo.
Une section, sous les ordres d'un sergent, était restée à Spolète et participait à la défense de la ville. Quelques volontaires seulement avaient suivi le général de La Moricière à Ancône.
Les Tirailleurs, qui n'avaient pu être dirigés sur Terni en temps utile, formèrent un détachement qui entra dans la colonne qui opéra dans la province de Frosinone, pour reprendre Ponte Corvo. Cette campagne a reçu le nom de « Marittima e Campagna ».
Après la capitulation de Lorette, le bataillon des Tirailleurs franco-belges se reforma à Rome, sous les ordres de M. de Becdelièvre, promu lieutenant-colonel ; il fut organisé à 6 compagnies, grâce à de nouvelles recrues arrivées après la campagne.
Vers la fin de novembre, en l'absence du lieutenant-colonel de Becdelièvre, le bataillon, sous les ordres du capitaine adjudant-major de Chillaz, fut dirigé sur la frontière de Toscane et rétablit l'ordre dans la province de Viterbe ; il rentra ensuite à Rome.
Nous avons publié dans ''L'Avant-Garde" la matricule des Franco-Belges jusqu'au 20 septembre 1860 ; nous complèterons ultérieurement cette liste dans le corps même de notre "Bulletin".
Nous avons fait exception pour les officiers. Tous, qu'ils aient appartenu aux Tirailleurs franco-belges ou aux Zouaves pontificaux, sont réunis dans le même état.
La création du corps des Zouaves pontificaux.
Le 1" janvier 1861, le bataillon des Tirailleurs franco-belges était dissout et le même jours était créé le
bataillon des Zouaves pontificaux, nom que « l'opinion publique et les Piémontais avaient déjà donné aux combattants de Castelfidardo. »
Le 25 janvier eut lieu l'expédition de Ponte Corese, brillamment dirigée parle lieutenant-colonel de Becdelièvre. Après la retraite de ce dernier, le bataillon fut placé sous les ordres du lieutenant-colonel Atlet, ayant pour second le commandant de Charette.
A la fin de 1861, le bataillon était porté à 8 compagnies, avec une section hors-rang.
L'année 1862 fut marquée par le combat de Ceprano (4 août).
Jusqu'en 1864, les Zouaves comptent entre 300 et 600 hommes puis l'effectif monte à 1 500 hommes puis 1 800 avant d'atteindre le maximum de 3 200 hommes peu avant la chute de Rome.
Entre 1861 et 1870 l'armée pontificale augmenta ses effectifs, jusqu'à compter 18 000 hommes dont 11 000 volontaires (parmi eux 3 000 Français, dont près de 40 % proviennent de Bretagne où de Vendée.
Le 11 avril 1866 une circulaire du Maréchal Randon avait autorisé la création de la Légion d’Antibes qui à côté des Zouaves pontificaux fournit des effectifs à l'armée pontificale, surtout en soldats de nationalité française.
Entre 1861 et 1870, il y a plus de 10 000 nouveaux engagés issus de 25 nationalités différentes. Les plus nombreux sont les Néerlandais, ensuite les Français et les Belges mais on trouve aussi des Suisses, des Allemands, des Italiens, des Canadiens et même des Américains. Sur 170 officiers, on compte 111 Français et 25 Belges. Leur aumônier est Mgr Jules Daniel, un Nantais, assisté par deux Belges, Mgr Sacré et Mgr de Woelmont.
L’un des engagés les plus connus est John Surratt (1844-1916), impliqué en 1865 dans l'assassinat d'Abraham Lincoln : ayant fui en Europe, il servit quelque temps dans la neuvième compagnie de Zouaves pontificaux, sous le nom de John Watson.
L'effectif français est issu pour plus du tiers des départements constituant les actuelles régions de la Bretagne et des Pays de la Loire. Cette affluence masque les apports non négligeables du Nord, de la région de Nîmes, et du sud du Massif Central. Si Belges néerlandophones et Néerlandais sont souvent d'origine populaire, la noblesse est bien représentée chez les Français et les volontaires belges francophones. Le duc de La Rochefoucauld-Doudeauville et son frère, le duc de La Rochefoucauld-Bisaccia, soutiennent financièrement l'entreprise en équipant complètement 1 000 hommes. Leur point commun est leur attachement à l'Église catholique romaine : leur combat est vu comme une croisade pour défendre la capitale du catholicisme et la liberté du pape contre le révolutionnaire Garibaldi et le roi Victor-Emmanuel II. Leur engagement religieux est souvent inséparable de leur engagement politique : nombreux sont les Français qui se réclament du légitimisme.
La Convention du 15 septembre 1864 et le départ de l'armée française donnèrent une nouvelle impulsion au recrutement du corps et, le 1'' janvier 1867, le bataillon devenait un régiment à 2 bataillons de 6 compagnies et 4 compagnies de dépôt.
Après la mémorable campagne de Mentana, le Régiment était organisé à 3 bataillons, qui comptèrent successivement 6, 7 et 8 compagnies, et 4 compagnies de dépôt.
Enfin en 1869, le Régiment reçut son organisation définitive : 4 bataillons à 6 compagnies et 4 compagnies de dépôt. C'est ainsi constitué qu'il assista à l'invasion de 1870 et au siège de Rome.
Le licenciement eut lieu le 21 septembre 1870.
Christophe ROPARS expert agréé CNES - CEDEA.
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33004R