SABRE D'OFFICIER VOLONTAIRE, ATTRIBUÉ AU RÉGIMENT DE SOUBISE, Ancienne Monarchie, vers 1770-1775. 30821
Monture en bronze doré sur le modèle des sabres de carabiniers et grenadiers à cheval 1755-1770. Garde à trois branches formant une coquille décorée des armes de France sur fond rayonnant, calotte à longue queue, poignée en bois recouvert de veau ciré noir. Lame droite et plate, dos signé « B. Daniel Kirschbaum Manufacturier d’armes Blanches De la marque au Raisin a Solingen », gravée sur la face avant en lettres capitales et cursives « REGIMENT DE SOUBISE », et, sur l’autre face des armes de France surmontant l’inscription « VIVE LE ROY », le tout encadré de corolles de feuillages, longueur de la lame 96,5 cm.
France.
Ancienne Monarchie (1770-1775)
Bon état, usure à la dorure, manque le filigrane, oxydation d’usage sur la lame, sans fourreau.
NOTE : Il existe un second exemplaire semblable portant la même inscription sur la lame, il est difficile d’attribuer exactement ce sabre plus à l’infanterie qu’aux dragons. Dans son ouvrage « Les troupes légères de l’Ancien Régime, les corsaires du Roy de l’armée de terre », Monsieur Sapin-Lignières (les Presses Saltusiennes, Saint-Julien-du-Sault 1979).
VOLONTAIRES DE SOUBISE - LÉGION DE SOUBISE 1761-1776 : Le 20 février 1761, le prince de Soubise, maréchal de France, recevait l’autorisation de lever un corps de 948 hommes (une compagnie de 60 grenadiers, 8 compagnies de 71 fusiliers, 8 compagnies de 40 dragons, de l’état-major, un colonel, un lieutenant-colonel, un major, un commandant de bataillon, un aide-major d’infanterie, un aide-major de dragons, un aumônier et un chirurgien), recruté aussi en Allemagne et en Bohême. Il est probable que ce corps était déjà tout organisé quand il entra au service de la France, car il prit part à un sérieux combat en juillet 1761. Le corps est formé au Quesnoy, il est prêt en mars 1761, il part immédiatement pour l’Allemagne combat à la bataille de Soëst. Le 30 août les volontaires de Soubise combattent dans le village de Bosencelles près de Munster, ils font 400 prisonniers. La campagne de 1762 se poursuit en Allemagne, où ils se distinguent à Asfeld et à Ziegenheim. L’ordonnance du 1er mars 1763 réorganisant les troupes légères, le corps porte désormais le nom de « 6e Légion de Soubise », l’effectif du corps est réduit, désormais il n’y aura plus qu’une compagnie de 3 officiers et 29 grenadiers, 4 compagnies de 3 officiers et 17 fusiliers et 4 compagnies de 3 officiers et 29 dragons. Les inspections pour cette troupe sont élogieuses « Le régiment des Volontaires de Soubise est superbe en hommes et en chevaux », un rapport de 1764 précise « ce régiment est bien tenu, très bien exercé et mérite les plus grands éloges. Il est beau, particulièrement les dragons ». Le 21 mai 1766, les Volontaires de Soubise prennent le nom de Légion de Soubise. Le 25 mars 1776, le comte de Saint-Germain supprime les troupes légères. En 1779 le «5e Chasseurs à cheval», lequel devient le 8 août 1784 «Chasseurs du Gévaudan» puis le 17 mars 1788 «Chasseurs de Normandie» portant le numéro 11. C’est sous ces différentes appellations qu’il participe jusqu‘en 1789 aux combats menés lors de la guerre de Sept-Ans sous la Monarchie.
BIIOGRAPHIE : Charles de Rohan, prince de Soubise, comte de Saint-Pol, Pair de France, maréchal de France, dit le maréchal de Soubise
(Versailles, 16 juillet 1715 – 1er juillet 1787, Versailles). Orphelin à neuf ans, Soubise devint un proche du roi, lui-même orphelin à 14 ans. Intime de Louis XV et protégé de Madame de Pompadour, il fut nommé, en 1751, gouverneur général de la Flandre et du Hainaut, et Louis XV le nomma ministre d’État, en 1755, en le faisant asseoir au Conseil d’en-haut. En 1758, Soubise reçut la dignité de maréchal de France. La marquise de Pompadour mourut en 1764 et la comtesse du Barry devint la favorite du roi, en 1768, et accorda son amitié à Soubise qui bénéficia ainsi de toutes les faveurs de la cour. À la mort de Louis XV, en 1774, le nouveau roi Louis XVI confirma Soubise dans son poste de ministre d’État. Le prince de Soubise décéda en 1787, sans héritier mâle, ce qui provoqua l’extinction de la branche Rohan-Soubise.
PROVENANCE :
- Vente Christie’s, 30 novembre 2009, lot 38.
PROVENANCE : Ancienne collection Philippe Missillier, n° 209 de la vente Giquello des 6 et 7 mrs 2025 Hôtel Drouot Paris.
BIOGRAPHIE Philippe MISSILLIER : J’ai eu la chance et le privilège de rencontrer Philippe Missillier il y a bien longtemps maintenant. À 15 ans, quand je traînais mes guêtres dans les bourses aux armes j’entendais déjà parler de lui. C’est dix ans plus tard, au moment où j’ai commencé à travailler à Drouot que nos routes se sont très fréquemment croisées jusqu’à mon installation en 2003 et le début de notre collaboration pendant de belles et passionnantes années. Né le 29 mars 1949 a Annecy, Philippe était très attaché à sa région.
Il fit toute sa scolarité à Lyon, chez les jésuites, formation qui l’avait durablement marqué et façonné. C’est dès 9 ans que la passion des armes anciennes débute. À cette époque, il passe régulièrement sur le chemin de l’école devant la vitrine d’un antiquaire qui vend des armes anciennes. Un jour, il pousse la porte du magasin. Il reviendra souvent pour discuter avec le propriétaire pendant que son frère ou ses camarades consacrent leur temps libre à des activités plus conformes à leur âge. À la même époque, lors d’une promenade avec son père et son frère aux Puces de Lyon, il achète deux kriss malais : c’est le début d’une longue et belle histoire. Après son bac, il choisit de se diriger vers des études de droit imaginant devenir commissaire-priseur. Il fait un premier stage chez Maître Guillomot à Lyon… il s’installera finalement comme marchand d’armes et de tissus anciens au 7, Place Gailleton à Lyon.
Dans les années 1970, désireux de développer son activité sur le marché international, précurseur, il prend la décision de s’installer à Londres. Enfin, dans les années 1990, après sa rencontre avec Lisa, le couple décide de prendre la direction des États-Unis.
Philippe aurait pu se contenter d’être l’un des plus grands marchands internationaux d'armes de collection, en Belgique, Allemagne, Italie, Espagne, France, Grande-Bretagne et États-Unis, rien ne lui échappera. "Ça c'est à moi" déclarera-t-il avant une vente publique, annonçant de la sorte sa détermination à prendre possession de l'objet débusqué et à combattre au besoin. D'une érudition remarquable, fort de ses échanges scientifiques avec les conservateurs de musées, de sa riche bibliothèque personnelle et de ses propres travaux de recherche, et avant tout grâce à son oeil, il étonnera les connaisseurs et experts par ses prises, objets dont on ne savait l'existence et qui suscitent immédiatement l'envie. Il enrichira ainsi les grandes collections privées et publiques du monde, de la Tour de Londres au Metropolitan Museum of Art de New York, sans oublier les musées nationaux français. Mais en quelques années, il était désormais connu comme l'un de nos plus brillants experts. À ce titre, il a inscrit à son palmarès d'expert de grandes ventes comme la vente Georges Pauilhac à Toulouse en 1983, l’important ensemble d’ordres de chevalerie à Lyon en 1989, la Collection Albert Grosjean, Drouot, 1993, la Collection Marsan 1994-1995-1996, la Succession Guy Monestier, la Collection Benoit, la collection Karsten Klingbeil, à Bruxelles, 2011 ou la vente des Importants souvenirs du marechal Ney, en 2012.
Philippe nous a quitté le 15 mars 2022. Une page de l’histoire du marché des armes anciennes de collection se tourne. Ceux d’entre nous qui ont eu le privilège de le connaître conserveront le souvenir inoubliable de sa silhouette élégante et n’entendront plus son impayable imitation du cor de chasse…
Très attaché aux beaux objets, la collection particulière qu'il a formée et protégée avec soin, et que seuls quelques amis ont pu contempler, est offerte pour la première fois au public.
Référence :
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