1er Bataillon d'Eure et Loir. EXTRAIT DU PROCÈS-VERBAL DU 25 mars 1792 NOMMANT LE CITOYEN MARCEAU * COLONEL EN SECOND DU DIT BATAILLON, "D'Eulémond" (Deûlémont) le10 juillet 1793. 18915-13
Document entièrement manuscrit, à entête du 1er Bataillon d'Eure & Loir.
Cachet de cire rouge « 1er BATAILLON D'EURE ET LOIR ».
Le Citoyen Marceau est adjudant major dans ledit bataillon et sa nomination comme colonel en second est approuvée par le Conseil d'administration (neuf signataires), à "D'Eulémond" (Deûlémont) le 10 juillet 1793 l'an second de la République Française, à la majorité des votants :
« ... Sur trois cent quarante huit vottants, deux cents quarante neuf suffrages ce qui fait plus que la majorité absolue des suffrages, pourquoi il a été proclamé colonel en second conformément à la loi [...] ».
Mention manuscrite en bas de page « Pour le Citoïen Marceau Capne (capitaine) de la Légion germanique ».
H 35.5 cm x 22.5 cm.
Bon état, pliure centrale horizontale, quelques rousseurs
HISTORIQUE :
1er bataillon d’Eure-et-Loir, formé le 1er novembre 1791. Il fut formé de 570 volontaires des districts de l’Eure-et-Loir, qui furent rassemblées à Chartres tardivement (1er novembre 1791), il fut immédiatement formé en compagnies et organisés en bataillon (6 novembre). Il fut passé en revue pour acter sa formation.
[...] En 1792 :
Le 1er janvier, il était en garnison à Reims2. Il se signala lors d’une rixe sanglante avec le 1er bataillon de la Côte d’Or (15 janvier)3. La rixe éclata par la faute de mauvais éléments et de l’indiscipline régnant dans le bataillon, malgré les efforts des officiers. Il quitta Reims (5 mai), pour se rendre à l’armée du Centre du général Lafayette. Il passa par Rethel, puis à Montmédy (9 mai), où il resta en garnison comptant un effectif de 540 hommes. Il fut ensuite envoyé à Sedan, puis à Verdun (30 août), participant à la défaite de la ville, qui fut très courte car la place capitula honteusement au bout de trois jours, et suite à diverses trahisons et pressions dans la ville (2 septembre). Il fut autorisé par les termes de la capitulation à se replier et fut envoyé à l’arrière, armée de l’Intérieur. Il arriva à Châlons et 300 volontaires ayant servit durant le terme d’une campagne, décidèrent de rentrer dans leur foyer comme l’autorisait la loi et les termes de leurs engagements (7 septembre). Le bataillon fut réorganisé au camp de Châlons par les soins de MARCEAU, puis servit à l’avant-garde du général Dillon, campant à Futeau, servant à l’affaire de Bienne (20 septembre), puis participant à la poursuite des forces coalisées (octobre). Il fit partie des troupes d’invasion de la Belgique sous les ordres du général Dumouriez (armée du Nord), colonne du général Égalité (duc de Chartres)[....]
BIOGRAPHIE :
François Séverin Marceau-Desgraviers, né le 1er mars 1769 à Chartres[1] et mort le 21 septembre 1796 en Allemagne à Altenkirchen dans le land de Rhénanie-Palatinat, est un général français de la Révolution.
En service dans l'armée des Ardennes :
À la Révolution, il entre dans la garde nationale parisienne le 14 juillet 1789. Il prend part à la prise de la Bastille. En octobre, il est capitaine dans la garde nationale de Chartres. En 1791, il s’engage au 1er bataillon de volontaires d’Eure-et-Loir où il est élu capitaine de la 2e compagnie le 6 novembre. Il est promu adjudant-major le 1er décembre, puis lieutenant-colonel en second le 25 mars 1792.
Il passe à l’armée du Nord et demande à entrer dans les cuirassiers légers de la légion germanique, où il est admis le 4 septembre 1792 avec le grade de lieutenant-colonel.
En service dans l'armée de l'Ouest :
En 1793, il sert en Vendée dans l’armée de l'Ouest, où il se trouve mis en état d’arrestation avec son chef Westermann, par ordre du représentant Pierre Bourbotte.
Mis en liberté peu de temps après, il est capitaine au 19e chasseurs à cheval le 1er mai 1793 et le 10 juin sauve la vie à ce même Bourbotte qui, entouré d’ennemis pendant la bataille de Saumur, allait succomber lorsque Marceau survient et le délivre. Cette conduite lui vaut le grade de général de brigade le 16 octobre 1793, soit deux mois avant Bonaparte.
Marceau est promu général de division le 10 novembre 1793 à 24 ans. Les représentants en mission restent cependant toujours méfiants à l’égard des généraux Westermann et Kléber.
Devant la nécessité de réunir à terme, l'armée de l’Ouest avec l'armée des Côtes de Brest, ils confient à Marceau, sur la proposition de Kléber, le commandement en chef par intérim de l’armée de l’Ouest le 27 novembre 1793, à la place de Rossignol, et en attendant l’arrivée de Turreau le 30 décembre 1793.
Les 12 et 13 décembre 1793, il remporte la bataille du Mans.
[...]
Référence :
18915-13