Prisonniers de guerre. 2ème Bataillon des Chasseurs de la Martinique. LETTRE SIGNÉE DES OFFICIERS DE CE BATAILLON FAITS PRISONNIERS PAR LES ANGLAIS ET LIBÉRÉS, SOUHAITANT ÊTRE RÉINTÉGRÉS DANS UN RÉGIMENT EN FRANCE, 1794. 18910-28
Lettre manuscrite signée par cinq officiers du 2è Bataillon des Chasseurs de la Martinique, adressée à l'attention des « Représentants du peuple composant le Comité de Salut Public ». Ces officiers, faits prisonniers lors du siège de La Martinique, ont été envoyés en Angleterre, et de retour en France ils auraient souhaité exercer leur courage en France, pays où ils connaissent les localités.
Timbre à encre grasse rouge « COMITÉ DE SALUT PUBLIC / 5 COMPLÉTAIRAIRES ».
« Officiers du 2me bataillon des chasseurs de la Martinique, par brevet du général Rochambeau du 16 août 1793 (V.CS.) nous avons été faits prisonniers lors du siège de cette colonie par les anglais ; embarqués le 18 février 1794 et conduits en Angleterre d'où nous n'avons été renvoyés que le 21 floral dernier, époque à laquelle nous Avon s débarqué au havre.
Nous ne rappelons point les détails du siège de La Martinique [...] La Convention Nationale a décrété que nous avons bien mérité de la patrie [...]
Notre bataillon, où grande partie, arriva à Brest et à Port Malo : il a été renvoyé à la Guadeloupe, sous une autre dénomination, par la seconde expédition ordonnée par le gouvernement. Nous regrettons de n'avoir pas alors été en France pour suivre nos frères d'armes dans un pays dont nous connaissons les localités et dans lequel nous pourrions utilement exercer notre courage.
Arrivés au havre trop tard, un Conseil de guerre se tint pour nous et arrêta que nous serions mis en subsistance au 106è Régiment jusqu'à ce qu'on eut statué sur notre sort. Rien n'a encore changé pour nous. Ne pouvant plus supporter l'inaction dans laquelle nous vivons, deux d'entre-nous sont à Paris par congé du gouvernement et viennent d'être envoyés en subsistance à francisée par la 9me Commission, ils sont chargé par nous de solliciter de l'emploi [...].
Salut et Fraternité.
5 signatures.
Francia le 4e Jour complémentaire *. L'an 3e de la République française une et indivisible ».
Une note manuscrite en marge de la 2è page, signée M. FOURNIOLS, Député de la Martinique : « J'appuye la demande des pétitionnaires qui se sont toujours comportés en bons Républicains ».
Feuillet double. 2 pages d'écriture. H 31 cm x 20.2 cm.
Bon état, traces de pliures, déchirure avec manque en partie basse de la pliure centrale (hors texte).
* Les jours complémentaires Troisième jour complémentaire : jour du travail. Quatrième jour complémentaire : jour de l'opinion. Cinquième jour complémentaire : jour des récompenses. Sixième jour complémentaire (les années bissextiles) : jour de la révolution.
BIOGRAPHIE :
Michel FOURNIOLS né à Saint-Pierre en Martinique le 1er juillet 1754 et mort à Bordeaux le 2 février 1801 est un négociant de la Martinique élu membre de la Convention nationale puis député au Conseil des Cinq-Cents.
Michel Fourniols est négociant à Saint-Pierre. En 1788, il fait une demande d'anoblissement, mais lors des évènements de la Révolution, il montre un enthousiasme pour les idées nouvelles au point d'être élu député-suppléant de la Martinique à la Convention nationale le 28 octobre 1792. Après la mort de Jacques François Dugommier, Fourniols est admis à siéger comme titulaire le 24 frimaire an III[1], mais n'eut dans cette assemblée qu'un rôle peu important. Fourniols entre de droit, le 4 brumaire an IV, au Conseil des Cinq-Cents, comme ex-conventionnel des colonies. Il y fit une motion contre les agences formées pour la mise en loterie d'objets mobiliers, et quitta le Conseil en l'an VII. Il se retire de la vie politique et meurt à Bordeaux.
Le Conseil des Cinq-Cents était une assemblée législative (chambre basse), mise en place en 1795. Ses membres sont élus par départements
Référence :
18910-28