PORTRAIT DU GÉNÉRAL JEAN THOMAS EN UNIFORME DE GRANDE TENUE DU GÉNÉRAL DE BRIGADE, modèle du 1er vendémiaire an XII, Premier Empire (22 juillet 1813 - 27 novembre 1815). 32182
Huile sur toile, présentée dans un cadre en bois doré.
Portrait en buste du général de brigade Jean Thomas. Il est portraituré avec son habit de grade tenue, arborant une croix de chevalier de la Légion d'Honneur, avec son épée et son chapeau bicorne qui est représenté avec la cocarde utilisée sur les chapeaux pendant les Cent-Jours.
H 2 m x 1 m.
France.
Premier Empire.
Très bon état, réentoilage, cadre avec accidents.
NOTE :
Cet uniforme est conforme au règlement de l'époque : « Règlement Sur l'uniforme des Généraux, des Officiers des États-majors des armées et des places, des Officiers du corps du Génie, des Inspecteurs aux revues, des Commissaires des guerres, des Officiers réformés, des Officiers jouissant de la solde de retraite, des Officiers de santé, et des Membres de l'administration des Hôpitaux militaires. Du 1er… Vendémiaire an XII. (24 septembre 1803) », règlement publié par L'Imprimerie de la République à Paris.
Les uniformes des officiers généraux sont décrits au « Chapitre Premier. UNIFORME DES GÉNÉRAUX. Article Premier ».
PROVENANCE FAMILIALE :
Cet uniforme provient de Monsieur Geoffroy Choppin de Janvry (2025) propriétaire du domaine Albert Morot (Beaune) jusqu'en septembre 2023, arrière petit neveu d'Albert Morot.
• Albert Morot (1830-1902) a une fille : Berthe Morot (1866-1947).
• Berthe se marie avec Louis-Jean Blanlot.
• Berthe a deux enfants dont Yvonne Blanlot (1890-1970).
• Yvonne se marie en premières noces avec le Capitaine Paul Gonnet-Thomas. Celui-ci meurt lors d'un vol d'essai en 1916. Yvonne se remarie avec Albert Choppin, officier du même régiment.
• Le Capitaine Paul Gonnet Thomas est le fils de Madame Gonnet et d'un premier mari. Madame Gonnet a épousé plus tard le Colonel Thomas qui était déjà âgé. Le colonel a adopté Paul.
• Le Colonel Thomas est un des deux fils du Général Thomas.
BIOGRAPHIE :
Général Jean Thomas, né le 7 juin 1770 à Cheminot (Trois-Évêchés), mort le 18 décembre 1853 à Ars-Laquenexy (Moselle), est un général français de la Révolution et de l’Empire.
Le 18 août 1791, il est lieutenant au 3e bataillon de volontaires de la Moselle, et capitaine le 11 septembre, commandant la délégation militaire. Il sert dans l'armée de la Moselle du 1er avril 1792 au 2 juillet 1794, participant à la défense de Thionville en septembre 1792. Il est blessé à Frœschwiller le 22 décembre 1793 et il participe au siège de Charleroi en juin 1794. Dès le 2 juillet suivant, il sert dans l'armée de Sambre-et-Meuse et dans la 53e demi-brigade d’infanterie de ligne le 31 décembre 1794.
Le 12 mai 1796, il se retrouve dans la 10e demi-brigade d’infanterie de ligne. De 1796 à 1797, il est dans l’armée du Rhin où il sera blessé au cours de la bataille de Rastatt le 5 juillet 1796. De 1798 à 1799, il sert dans l'armée d'Angleterre. Sa nomination provisoire, le 6 août 1799, comme chef de bataillon de la 10e demi-brigade d’infanterie de ligne est finalement approuvée le 11 octobre 1801. De 1800 à 1806, il est incorporé dans l'armée d'Italie. De 1806 à 1813, il sert dans l'armée de Naples, c'est alors qu'il est blessé lors du siège de la forteresse de Gaète le 27 juin 1806. il est promu officier de la Légion d'honneur le 8 juillet 1806.
En 1807, il est nommé adjudant-commandant le 30 septembre puis il est intégré dans le quartier général de l'armée de Naples le 15 novembre. En novembre 1811, il devient chef d'état-major du corps des observateurs en Italie du Sud et un an plus tard chef d'état-major de la 35e division d'infanterie. Le 7 mai 1813, il est blessé près de Nossen avant d'être nommé général de brigade le 22 juillet.
À la suite de la création de la Grande Armée, il prend le commandant militaire du département de la Manche du 20 octobre 1813 au 19 juillet 1814. Il est retiré du service actif le 1er septembre 1814. Il est fait chevalier de l’Ordre du mérite militaire le 15 avril 1815.
Il est mis en disponibilité le 1er avril 1820, et admis à la retraite le 1er janvier 1825. Le 14 janvier 1831, il reprend du service comme commandant du département de la Creuse, et le 22 mars suivant il est compris dans le cadre d'activité de l'état-major général. Il est admis à la retraite le 1er juillet 1832. Il meurt en 1853 à Ars-Laquenexy, près de Metz, à l'âge de 83 ans.
LA DEFENSE DE SARRELOUIS EN 1815
Soudain, le 10 mars 1815, on apprit par le courrier de Metz que Napoléon avait quitté l’île d’Elbe et qu’il organisait ses forces à Cannes. Ce fut comme un coup de tonnerre dans un ciel serein, mais une atmosphère lourde et chargée d’électricité. L’enthousiasme fut indescriptible ; il n’y eut pas un dissident. Ce jour même, bien que Louis XVIII fut encore à Paris qu’il ne devait quitter que dans la nuit du 19 au 20 mars, le pavillon tricolore fut arboré sur le clocher de l’église de Sarrelouis. Seulement, il fallut bientôt songer à se préparer de nouveau à la guerre : les Sarrelouisiens, qui ne rêvaient que l’expulsion des Prussiens de leur voisinage, accueillirent sans sourciller cette éventualité fatale, occasion d’une revanche. Dès que Napoléon fut arrivé à Paris, l’ordre fut envoyé aux autorités de Sarrelouis d’armer la forteresse et de la mettre en état de défense ; d’y emmagasiner, pour 2 000 hommes, trois mois de vivres prélevés dans la contrée ; chaque habitant dut aussi se pourvoir de nourriture pour le même laps de temps. On réorganisa la garde nationale ; sous l’impulsion du général Jean Thomas on prépara tout avec ordre et une patriotique ardeur comme pour un siège imminent. Les troupes qui allaient défendre la place se composaient de deux régiments d’infanterie, les 55e et 68e de ligne, de deux régiments de cuirassiers, des pompiers, gendarmes et douaniers, de 1 500 à 1 600 hommes des gardes nationales des départements des Vosges et de la Moselle.
On était prêt à recevoir l’ennemi de pied ferme, lorsque, le 23 juin, parvint à Sarrelouis la nouvelle du désastre de Waterloo survenu cinq jours auparavant. Dès le lendemain, 24 juin, les premières troupes alliées se présentèrent pour menacer la ville. A leur grande stupéfaction, elles trouvèrent les Sarrelouisiens, dont le courage n’était nullement ébranlé par les nouvelles alarmantes qu’on répandait, décidés plus que jamais à défendre énergiquement la place. Ils tinrent bon, envers et contre tous, même après le départ de Napoléon pour Rochefort et la seconde restauration de Louis XVIII.
Le lieutenant général baron de Diebitsch, chef d’état-major de l’armée russe, écrit, à la date du 1er juillet 1815, « à M. le maréchal de camp, baron de Thomas, commandant la forteresse de Sarrelouis, » pour l’assurer, dit-il, « que les intentions de l’Empereur, son auguste maître, n’ont rien d’hostile ni contre la France, ni contre les Français, » et pour l’inviter à rendre la place.
Le général Thomas répond :
« Général, je ne puis dissimuler que le contenu de la lettre que vous me faites l’honneur de m’écrire m’afflige. En officier général, qui connaît les devoirs que lui imposent les lois de l’honneur, vous devez penser que je n’ai d’autre réponse à vous faire que de vous assurer que je défendrai la place qui m’est confiée jusqu’à la dernière extrémité. »
Un ancien émigré français, le général de Langeron, « général en chef au service russe, » écrit de Sarrebrück, le 5 juillet 1815, au général Thomas :
« Monsieur le commandant, vous êtes sans doute instruit des événemens qui se sont passés depuis peu… Votre devoir et votre intérêt futur vous engagent à arborer ce drapeau blanc si cher aux bons Français. Rappelez-vous, monsieur le commandant, que Louis XVIII, qui n’a que trop pardonné, n’a point étendu sa clémence sur le maréchal Davoust, qui a fait tirer sur le pavillon blanc. C’est au nom de Louis XVIII que je vous engage à remettre votre forteresse… »
Cette lettre attira à Langeron une dure leçon de patriotisme ; le général Thomas lui répond dédaigneusement : « Je n’ai de réponse à vous faire que de vous assurer que les malheurs de ma patrie n’ébranleront jamais ma fidélité, et que la place que je commande ne sera remise qu’au gouvernement qu’elle se sera librement chois !… »
Le lendemain, 6 juillet 1815, c’est le prince Charles de Mecklembourg qui écrit à son tour au général Thomas, l’informant qu’il vient d’arriver avec son corps d’armée pour assiéger Sarre louis, si le général ne capitule pas : « Je me flatte que votre réponse, que j’attendrai jusqu’à midi, me mettra à même de ne pas agir offensivement. »
Thomas répond stoïquement : «… L’empereur Napoléon n’étant plus le chef de l’Etat, et les hautes Puissances ayant formellement déclaré qu’elles ne prétendaient pas gêner la Nation dans le choix de la forme de son gouvernement, la guerre qu’on nous fait n’a plus d’objet. Permettez-moi d’être étonné qu’on parle encore d’hostilités. Je commande cette forteresse au nom de ma patrie et je la lui conserverai jusqu’à la dernière extrémité, dût-elle être réduite en cendres. La population et la garnison partagent ma détermination. »
Le même jour, le duc de Mecklembourg faisait passer un billet secret au général Thomas pour essayer de le corrompre ; il lui disait : « Je suis prêt à vous accorder, pour votre personne, les conditions les plus honorables et les plus avantageuses en tous sens, et qu’il me sera un véritable plaisir de prévenir tous vos désirs… »
Au bas de cette lettre, on lit, écrit de la main du général Thomas : « L’aide de camp, porteur de la présente, était chargé de m’offrir un soi-disant cadeau de 500 000 francs et le grade de lieutenant général en Prusse, s’il me convenait. »
Réponse : « Prince, rien ne me serait plus agréable que de correspondre avec Votre Altesse sur tout autre point que celui qui fait l’objet de ces lettres. Ma résolution étant inébranlable, ma réponse à sa lettre particulière ne peut être que conforme à celle faite à sa lettre officielle. J’ai la confiance que Votre Altesse l’approuvera, comme étant celle qu’elle prendrait dans une pareille circonstance. »
Tandis qu’avaient lieu ces pourparlers où se révèle le caractère indomptable et chevaleresque des guerriers français de cette période héroïque de notre histoire, des combats sanglants continuaient à se livrer aux alentours de la place, de plus en plus étroitement investie. C’est en vain que l’ennemi trouve moyen de faire pénétrer dans Sarrelouis des lettres et des paquets de journaux destinés à démoraliser la population et à lui faire connaître les événements qui avaient bouleversé la France et restauré la royauté. Les Sarrelouisiens demeurent inébranlables dans leur résolution de combattre pour garder la place jusqu’à ce qu’un ordre formel du Gouvernement français vienne leur enjoindre d’ouvrir leurs portes : ils se refusent à négocier avec l’ennemi.
Cet ordre fut enfin, hélas ! envoyé de Paris par le ministre de la Guerre, le 27 novembre : ce fut comme un arrêt de mort pour les défenseurs de la place. En même temps, le maire de Sarrelouis recevait, consterné, du ministre de l’Intérieur, la lettre suivante : Paris, le 26 novembre 1815.
« Monsieur le maire, vous connaissez sans doute le traité de paix conclu à Paris entre le Roi et les Puissances alliées… Par ce traité, la France cède quatre places aux Alliés : votre ville est une de ces places. Je remplis, Monsieur, un devoir bien douloureux, en vous priant de préparer vos concitoyens au triste sacrifice qu’ils sont forcés de faire. Le Roi m’ordonne de vous dire quelle a été sa profonde affliction quand il a vu qu’une impérieuse nécessité le contraignait à vous séparer de sa grande famille… De tous les maux dont la trahison vient d’accabler Sa Majesté, il n’en est pas de plus dur pour Elle que l’ordre qu’Elle me donne aujourd’hui. Le lien qui vous unissait à la France est rompu ; l’affection de Sa Majesté pour vous subsistera toujours… Soyez son interprète auprès de vos concitoyens, et dites-leur que Sa Majesté leur offre, au nom de la patrie et en son nom, les tristes et dernières assurances de ses regrets et de son amour… »
Le ministre, secrétaire d’État de l’Intérieur,
VAUBLANC.
En récompense de leur bravoure et de leur fidélité patriotique, les Sarrelouisiens étaient livrés à l’ennemi qu’ils avaient refusé de laisser entrer dans leurs murs ; l’héroïque général Thomas, qui avait si intrépidement voulu conserver Sarrelouis à la France, finit là sa carrière militaire et brisa son épée. né a Cheminot (Moselle), le 7 juin 1770, il se retira à Ars-Laquenexy, auprès de Metz où, comme Cincinnatus, il s’occupa obscurément d’agriculture jusqu’à sa mort.
Disciplinés autant que courageux, ses soldats, comme les habitants de la ville sacrifiée, se soumirent aux ordres reçus, la mort dans l’âme et en versant des larmes de colère. Une convention fut conclue, le 30 novembre, entre le commissaire royal prussien, général-major von Steinmetz, et les commissaires français dont le chef délégué fut le colonel d’artillerie Marion. Les troupes françaises, soldats et douaniers, sortirent de la place, en rangs silencieux, et se dirigèrent sur Metz, sous le contrôle humiliant d’un officier prussien qui les escorta jusqu’au bout de leur calvaire. Elles obtinrent toutefois les honneurs de la guerre ; elles se retiraient avec armes et bagages. Le 2 décembre 1815, le commissaire prussien Mathias Simon s’installa au gouvernement de la place qu’on dénomma Preussich-Saarlouis.
Référence :
32182