M.R LENOIR : CAPITAINE EN SECOND DE COLONEL GÉNÉRAL, règlement de 1786, Ancienne Monarchie, règne de Louis XVI, vers 1786-1789 : portrait miniature. 26642
Miniature de forme ovale H 11 cm, L 8,5 cm (à vue).
Aquarelle et gouache sur vélin.
Elle représente l'officier en pied en habit de grande tenue entièrement en drap blanc, passepoils, revers, parements et retroussis en velours de couleur cramoisie. Collet montant droit passepoilé. Boutonnant droit sur la poitrine. L'avant est garni de deux revers en velours cramoisi à dix fausses boutonnières en galon de passementerie doré, boutons d'uniforme dorés. Parements en velours cramoisi et passepoil de même couleur bordé d'un galon et de deux fausses boutonnières pareillement aux revers. Paire d'épaulettes en passementerie dorée, constituée d'une contre-épaulette (sans frange) et d'une avec franges souples dites « cordes à puits ». Baudrier en veau blanc avec épée à monture dorée. L'officier est coiffé de son casque en cuir verni noir à garnitures dorées, plaque frontale à fleur de lys et chiffre "I", crinière noire et plumet blanc.
En arrière plan est peint une scène de camp militaire.
Signée et datée en bas à droite « OSMONT Henry pixi 80 » (1780).
Cadre en laiton doré, sous-verre chevet dans un cadre cuvette en bois noirci, H 21,8 cm, largeur 17,8 cm.
France.
Ancienne Monarchie, règne de Louis XVI, vers 1786-1789.
Très bon état.
PROVENANCE :
Ancienne collection Bernard Franck puis Raoul et Jean Brunon.
Dans son ouvrage "Idéal vécu" jean Brunon écrit au sujet de la collection Bernard Franck « De mon temps, les deux plus importants collectionneurs de souvenirs militaires étaient d’abord André Lévy et un peu plus tard, le docteur Polaillon. Il y en avait un troisième, Bernard Franck, mais sa collection, importante par la quantité, était en partie inférieure par la qualité.
…
Je connus ce personnages à la fin des années 20. Bernard Franck, propriétaire d’une importante entreprise de fournitures militaires, mourut peu après et l’importance de ses collections était telle, que les ventes à l’Hôtel Drouot s’échelonnèrent pendant plusieurs années, chaque session offrant des pièces variées, composées de vrais ou de faux.
…
L’ensemble le plus étonnant par la quantité se composait de plusieurs centaines de miniatures, presque toutes, bien entendu, de la République et de l’Empire. La grande majorité de ces miniatures, était hélas l’œuvre de copistes ou même d’artistes dont Bernard Franck constituait le client rêvé, car leur imagination pouvait se donner libre cours, assurés qu’ils étaient de trouver en cet amateur peu regardant, un acheteur enthousiaste. On se demande ce que sont devenues ces « merveilles ». Quelques miniatures étaient d’époque Louis XVI, elles, toutes authentiques. ».
NOTE :
Les représentations d'homme du régiment Colonel sont rares.
HISTORIQUE :
Le régiment Colonel Général est un régiment d'infanterie du royaume de France, créé en 1480 à partir des bandes de Picardie, la plus ancienne unité militaire, et l'un des cinq Petits Vieux, devenu sous la Révolution le 1er régiment d’infanterie de ligne.
Création et différentes dénominations
9 octobre 1480 : Création des bandes de Picardie.
29 mai 1569 : Création du régiment de Sarrieu.
1585 : Prend le nom de régiment de Picardie.
1780 : Prend le nom de régiment Colonel Général, le titre de régiment Colonel Général. Le roi venait de rétablir, par une ordonnance datée du 5 avril de cette année, la charge de Colonel Général de l'infanterie en faveur du prince de Condé.
1791 : Devient le 1er régiment d'infanterie de ligne ci-devant Colonel Général.
La charge de Colonel Général de l'infanterie en faveur du prince de Condé.
Le régiment, en sa qualité de premier corps de l'infanterie de ligne devint la propriété du Colonel Général et fut chargé de la garde de son drapeau.
Le drapeau d'Ordonnance du régiment Colonel Général, de même que son drapeau Colonel, porte la devise latine Praetriti fides exemplum que futuri, qui signifie « fidélité au passé, exemple pour l'avenir ».
Le régiment était en garnison au Havre en 1781, à Lille en 1782, à Besançon en 1784, à Schelestadt en 1785, à Toul en 1787, et de nouveau à Lille en 1788.
PROVENANCE :
Ancienne collection Bernard FRANCK (1848-1924), industriel, Paris. Estampes et dessins.
Né et décédé à Paris, Bernard Franck (ses descendants réunirent plus tard le prénom et le nom et adoptèrent le nom patronymique de Bernard-Franck) fit ses études secondaires dans cette ville. Puis stage de deux années en Amérique. À la guerre de 1870, il est caporal dans la « Mobile » ; il s'engage pour la durée des hostilités au 1r régiment de zouaves. Fait prisonnier, il s'évade, reprend du service dans l'armée de la Loire, est fait chevalier de la Légion d'Honneur pour sa belle conduite. Dirige, avec son père, la firme familiale fondée en 1804 par son grand-père, une fabrique d'équipements militaires, qui existe encore actuellement. Petit-fils et petits-neveux de soldats de l'Empire, fils de collectionneur, il devient tout naturellement collectionneur lui-même et, pour commencer, surtout d'objets se rapportant à la vie militaire, principalement sous la Révolution et l'Empire : armes, insignes, portraits-miniatures, tableaux, dessins, estampes, livres, notamment les recueils de costumes. Puis son intérêt s'étend aux objets de vitrine des mêmes époques et des précédentes, où brille le XVIIIe siècle qui produisit les plus raffinés. Le collectionneur prêta souvent pour diverses expositions, par exemple : rétrospective de l'Exposition universelle 1900 (vitrine spéciale entière acquise par Pierpont Morgan, aujourd'hui au Metropolitan de New-York), Exposition de l'Art français du XVIIIe siècle, Bruxelles 1904 (80 pièces) ; Exposition du Centenaire d'Eugène Isabey et de Raffet, Paris, 1904 (20 miniatures), Exposition du XVIIIe siècle, Paris, Bibliothèque Nationale, 1906 (15 miniatures) etc. Une partie des collections que Bernard Franck avait réunies en cinquante années d'efforts fut dispersée dans une quinzaine de ventes publiques, la plupart anonymes ; nous donnons ci-dessous le compte rendu des cinq plus importantes, faites sous son nom. Une autre partie, restée dans la famille, eut à souffrir d'importants vols commis par l'occupation allemande, seconde guerre mondiale. Heureusement des caisses entières furent retrouvées et récupérées.
L'étiquette, en couleur et or, se trouve au verso des cadres.
VENTES
I. 1935, 22-23 février, Paris (experts P. Foury, G. Bernard, L. Bourdier). Préface par H. Nocq. 272 nos dont 39 de tableaux et dessins, 62 de miniatures (par David, Gasparolio, Gigola, Heinsius, J. B. Isabey, Lagrenée, Léandri, Lecour, Nasti, Quaglia, etc.), les autres pour les armes, décorations, bronzes, cuivrerie militaire, objets historiques, etc.
II. 1935, 8-9 mars, Paris (mêmes experts). Bibliothèque. 430 nos. Livres, albums et recueils d'estampes et d'aquarelles concernant les costumes militaires et scènes historiques français et étrangers par : V. Adam, Andrieux, Aubry, Bürger, H. Bellangé, Charlet, Chéreau, A. Dumaresq, Duplessi-Bertaux, Grasset Saint-Sauveur, Gravelot, Imagerie, H. Lalaisse, Martinet, A. Menzel, de Montigny, Raffet, Sergent, H. Vernet, etc., albums ou recueils de lithographies diverses : V. Adam, Boilly, La Caricature, Charlet, G. Doré, Gavarni, H. Monnier, etc. Livres sur les beaux-arts, le théâtre, les modes, Paris et environs (albums de vues dont Bacler d'Albe, Janinet), etc.
III. 1935, 21-22 mars, Paris (mêmes experts). 346 nos. Objets de même genre que dans la 1re vente. Dans les 60 nos de tableaux, aquarelles et gravures, signalons la série de 8 costumes militaires gravés d'après Hoffmann, épr. color., rehaussées d'or et d'argent, et ses 2 gouaches originales. 109 nos de miniatures.
IV. 1935, 3-4 avril, Paris (mêmes experts). Même genre que la précédente. 449 nos dont 36 pour les gravures, 47 pour les tableaux, dessins, affiches, placards, etc., et 104 pour les miniatures.
V. 1955, 17 février, Paris (experts M. Rousseau, P. Foury, R. J. Charles). Sans catalogue. Aquarelles, dessins, pièces relatives aux ballons, imageries populaires, scènes historiques, portraits (napoléoniens, généraux et maréchaux français et étrangers), costumes et scènes militaires, estampes du début du XIXe siècle, vues (France et étranger) « provenant de l'ancienne collection Bernard Franck ». Principales adjudications : Kobell, « Tableau général » de l'infanterie et de la cavalerie françaises 20.000 fr., idem Infanterie et cavalerie autrichiennes 26.000 fr. ; Rugendas, 13 batailles 28.000 fr. ; Debucourt d'après C. Vernet, Lanciers polonais en cantonnement et Grand-garde de lanciers polonais 20.000 fr.
D'autres ventes de même provenance, en préparation, seront faites aussi sans catalogue.
Référence :
26642