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SABRE DES GARDES DU CORPS DU ROI, MODÈLE 1814, RESTAURATION.

Vendu
SABRE DES GARDES DU CORPS DU ROI, MODÈLE 1814, RESTAURATION.

Garde en laiton doré, à quatre branches formant coquille décorée des Armes de France sous couronne royale et sur fond de faisceau de drapeaux et de branches de chêne et de laurier. Calotte à longue queue. Poignée en bois recouverte de galuchat et d'un double filigrane d'argent tressé. Plateau poinçonné d'un « B » sous fleur de lys dans un cercle d'anneaux, poinçon de J.G. Bick utilisé pendant la Première Restauration d'avril 1814 à mars 1815.

Lame à pans creux gravée d'un trophée d'armes, de deux fleurs de lys et de l'inscription « GARDES DU CORPS DU ROI. » sur une face, et, sur l'autre face d'un trophée des Armes de France et du soleil rayonnant avec son visage. Dos gravé « Manufacture Royale du Klingenthal octobre 1814 ». Elle est poinçonnée au talon du « B » sous étoile de l'inspecteur E.L. Borson, août 1814 à septembre 1816, et du « B » encadré de branches de laurier du contrôleur de 1ère classe J.G. Bick, 1812 à Mai 1815. Cravate en drap écarlate.

Longueur 93,7 cm.

Fourreau du premier modèle 1814 en cuir verni noir à trois garnitures en bronze doré décorées de traits et poinçonnées comme le plateau.

Parfait état, proche du neuf, léger frottement au cuir du fourreau.

France.

Restauration.

PROVENANCE :
Ancienne collection AUBRY, puis Jean-Pierre BAUVE. Une étiquette en carton, ancienne est attachée au sabre portant la mention manuscrite « Ce sabre a appartenu à Monsieur de Châteauneuf, filleul de Marie-Antoinette et du Comte d'Artois depuis Charles X, il aurait été aux pages puis à Brienne et ensuite capitaine de recrutement de la Légion des Basses Alpes. Il a appartenu également à la famille de Rabiers de Villars de la Beaume et en dernier à Mr d'Aigremont. Il appartient actuellement à Monsieur Bernard Franck. Janvier 1896.»
B. FRANCK (1848-1924), industriel, Paris. Estampes et dessins.

Né et décédé à Paris, Bernard Franck (ses descendants réunirent plus tard le prénom et le nom et adoptèrent le nom patronymique de Bernard-Franck) fit ses études secondaires dans cette ville. Puis stage de deux années en Amérique. À la guerre de 1870, il est caporal dans la « Mobile » ; il s'engage pour la durée des hostilités au 1r régiment de zouaves. Fait prisonnier, il s'évade, reprend du service dans l'armée de la Loire, est fait chevalier de la Légion d'Honneur pour sa belle conduite. Dirige, avec son père, la firme familiale fondée en 1804 par son grand-père, une fabrique d'équipements militaires, qui existe encore actuellement. Petit-fils et petits-neveux de soldats de l'Empire, fils de collectionneur, il devient tout naturellement collectionneur lui-même et, pour commencer, surtout d'objets se rapportant à la vie militaire, principalement sous la Révolution et l'Empire : armes, insignes, portraits-miniatures, tableaux, dessins, estampes, livres, notamment les recueils de costumes. Puis son intérêt s'étend aux objets de vitrine des mêmes époques et des précédentes, où brille le XVIIIe siècle qui produisit les plus raffinés. Le collectionneur prêta souvent pour diverses expositions, par exemple : rétrospective de l'Exposition universelle 1900 (vitrine spéciale entière acquise par Pierpont Morgan, aujourd'hui au Metropolitan de New-York), Exposition de l'Art français du XVIIIe siècle, Bruxelles 1904 (80 pièces) ; Exposition du Centenaire d'Eugène Isabey et de Raffet, Paris, 1904 (20 miniatures), Exposition du XVIIIe siècle, Paris, Bibliothèque Nationale, 1906 (15 miniatures) etc. Une partie des collections que Bernard Franck avait réunies en cinquante années d'efforts fut dispersée dans une quinzaine de ventes publiques, la plupart anonymes ; nous donnons ci-dessous le compte rendu des cinq plus importantes, faites sous son nom. Une autre partie, restée dans la famille, eut à souffrir d'importants vols commis par l'occupation allemande, seconde guerre mondiale. Heureusement des caisses entières furent retrouvées et récupérées.
L'étiquette, en couleur et or, se trouve au verso des cadres.

VENTES
I. 1935, 22-23 février, Paris (experts P. Foury, G. Bernard, L. Bourdier). Préface par H. Nocq. 272 nos dont 39 de tableaux et dessins, 62 de miniatures (par David, Gasparolio, Gigola, Heinsius, J. B. Isabey, Lagrenée, Léandri, Lecour, Nasti, Quaglia, etc.), les autres pour les armes, décorations, bronzes, cuivrerie militaire, objets historiques, etc.

II. 1935, 8-9 mars, Paris (mêmes experts). Bibliothèque. 430 nos. Livres, albums et recueils d'estampes et d'aquarelles concernant les costumes militaires et scènes historiques français et étrangers par : V. Adam, Andrieux, Aubry, Bürger, H. Bellangé, Charlet, Chéreau, A. Dumaresq, Duplessi-Bertaux, Grasset Saint-Sauveur, Gravelot, Imagerie, H. Lalaisse, Martinet, A. Menzel, de Montigny, Raffet, Sergent, H. Vernet, etc., albums ou recueils de lithographies diverses : V. Adam, Boilly, La Caricature, Charlet, G. Doré, Gavarni, H. Monnier, etc. Livres sur les beaux-arts, le théâtre, les modes, Paris et environs (albums de vues dont Bacler d'Albe, Janinet), etc.

III. 1935, 21-22 mars, Paris (mêmes experts). 346 nos. Objets de même genre que dans la 1re vente. Dans les 60 nos de tableaux, aquarelles et gravures, signalons la série de 8 costumes militaires gravés d'après Hoffmann, épr. color., rehaussées d'or et d'argent, et ses 2 gouaches originales. 109 nos de miniatures.

IV. 1935, 3-4 avril, Paris (mêmes experts). Même genre que la précédente. 449 nos dont 36 pour les gravures, 47 pour les tableaux, dessins, affiches, placards, etc., et 104 pour les miniatures.

V. 1955, 17 février, Paris (experts M. Rousseau, P. Foury, R. J. Charles). Sans catalogue. Aquarelles, dessins, pièces relatives aux ballons, imageries populaires, scènes historiques, portraits (napoléoniens, généraux et maréchaux français et étrangers), costumes et scènes militaires, estampes du début du XIXe siècle, vues (France et étranger) « provenant de l'ancienne collection Bernard Franck ». Principales adjudications : Kobell, « Tableau général » de l'infanterie et de la cavalerie françaises 20.000 fr., idem Infanterie et cavalerie autrichiennes 26.000 fr. ; Rugendas, 13 batailles 28.000 fr. ; Debucourt d'après C. Vernet, Lanciers polonais en cantonnement et Grand-garde de lanciers polonais 20.000 fr.
D'autres ventes de même provenance, en préparation, seront faites aussi sans catalogue.
Référence : 18171
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