HUSSARD DE CONFLANS 1779 : Huile sur toile, Ancienne Monarchie.
Huile sur toile représentant un hussard du régiment de Conflans à cheval.
H 54,5 cm x largeur 45 cm.
France.
Ancienne Monarchie.
Très bon état, réentoilage quelques petits repeint.
PROVENANCE :
Ancienne collection Bernard Franck puis Raoul et Jean Brunon.
Dans son ouvrage "Idéal vécu" jean Brunon écrit au sujet de la collection Bernard Franck « De mon temps, les deux plus importants collectionneurs de souvenirs militaires étaient d’abord André Lévy et un peu plus tard, le docteur Polaillon. Il y en avait un troisième, Bernard Franck, mais sa collection, importante par la quantité, était en partie inférieure par la qualité.
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Je connus ce personnages à la fin des années 20. Bernard Franck, propriétaire d’une importante entreprise de fournitures militaires, mourut peu après et l’importance de ses collections était telle, que les ventes à l’Hôtel Drouot s’échelonnèrent pendant plusieurs années, chaque session offrant des pièces variées, composées de vrais ou de faux.
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L’ensemble le plus étonnant par la quantité se composait de plusieurs centaines de miniatures, presque toutes, bien entendu, de la République et de l’Empire. La grande majorité de ces miniatures, était hélas l’œuvre de copistes ou même d’artistes dont Bernard Franck constituait le client rêvé, car leur imagination pouvait se donner libre cours, assurés qu’ils étaient de trouver en cet amateur peu regardant, un acheteur enthousiaste. On se demande ce que sont devenues ces « merveilles ». Quelques miniatures étaient d’époque Louis XVI, elles, toutes authentiques. ».
Bernard FRANCK né à Paris en 1848, décédée en 1924, issu d’une famille juive, industriel, Paris. Épouse Laure Franck.
La collection Bernard Franck (1848-1924) est bien connue des amateurs de militaria et de souvenirs de l’époque napoléonienne. Elle fait office de référence dans ce domaine, d’autant que chacun de ses objets porte systématiquement une étiquette à son nom qui le rend aisément identifiable. Bernard Franck (ses descendants réunirent plus tard le prénom et le nom et adoptèrent le nom patronymique de Bernard-Franck) fit ses études secondaires dans cette ville. Puis stage de deux années en Amérique. À la Grand patriote, il s’était illustré pendant la guerre de 1870, il est caporal dans la « Mobile » ; il s'engage pour la durée des hostilités au 1r régiment de zouaves. Fait prisonnier, il s'évade, reprend du service dans l'armée de la Loire, est fait chevalier de la Légion d'Honneur en 1922, en considération de ses actes de bravoure pendant la guerre de 1870, de son activité de fournisseur de l’armée et de collectionneur reconnu de militaria, que Franck.
Dirige, avec son père, la firme familiale fondée en 1804 par son grand-père, une fabrique d'équipements militaires. il avait été le concepteur du brancard à compas modèle 1892, brancard français de la Grande guerre.
Bernard Franck fut lourdement éprouvé par la première guerre mondiale. Ses deux fils cadets furent tués sur le front ; son aîné Maurice-Henri, mourut en 1918, d’une maladie contractée en service. Seul survécut André (1878-1959), qui fit fructifier l’entreprise paternelle. Ses descendants ont conservé quelques souvenirs de leur aïeul.
Petit-fils et petits-neveux de soldats de l'Empire, fils de collectionneur, il devient tout naturellement collectionneur lui-même. Dans son appartement exigu au 21 de la rue du Château d’Eau (il y vécu 18 années), armes et tableaux tapissent les murs du sol au plafond. Des armées de portraits miniatures se pressent en rangs serrés. Des vitrines accueillent des bibelots impeccablement ordonnés : éventails, carnets de bal, montres et menus objets. Dans une pièce annexe, de grands portefeuilles numérotés attendent d’être consultés. Si l’Empire tient de loin la première place, la Révolution est également bien représentée, et le portrait à cheval de l’Empereur par Horace Vernet répond à celui de Louis XIV par Van der Meulen. Cà et là, des incursions dans les siècles antérieurs et dans les arts décoratifs exotiques : ici un meuble asiatique, là de riches tentures couvertes d’inscriptions arabes. Il s’intéressait surtout d'objets se rapportant à la vie militaire, principalement sous la Révolution et l'Empire : armes, insignes, portraits-miniatures, tableaux, dessins, estampes, livres, notamment les recueils de costumes. Puis son intérêt s'étend aux objets de vitrine des mêmes époques et des précédentes, où brille le XVIIIe siècle qui produisit les plus raffinés.
Dans les années qui suivirent, Bernard Frank présenta sa collection dans de multiples expositions, en commençant par l’exposition universelle de 1900 (vitrine spéciale entière acquise par Pierpont Morgan, aujourd'hui au Metropolitan de New-York), Exposition de l'Art français du XVIIIe siècle, Bruxelles 1904 (80 pièces) ; Exposition du Centenaire d'Eugène Isabey et de Raffet, Paris, 1904 (20 miniatures), Exposition du XVIIIe siècle, Paris, Bibliothèque Nationale, 1906 (15 miniatures) etc. Il quitta le Xe arrondissement pour un appartement cossu et spacieux du 22 avenue du Bois de Boulogne (l’actuelle avenue Foch), et se trouva donc pour les dernières années de sa vie voisin de Jacques Doucet, lui-même installé au 46 de la même rue de 1912 à 1928. D’ailleurs, Franck offrit à ce dernier un des vingt exemplaires du catalogue de sa collection de carnets de bals (publié en 1902) en 1912, pour enrichir la toute jeune bibliothèque du grand couturier. Cette partie exceptionnelle de sa collection fut acquise par Pierpont Morgan qui en fit don au Metropolitan Museum of Art le 17 décembre 1917.
Une partie des collections que Bernard Franck avait réunies en cinquante années d'efforts fut dispersée dans une quinzaine de ventes publiques, la plupart anonymes, après la mort de Bernard Franck. Les ventes effectuées sous son nom s’étalèrent de 1935 à 1955 ; nous donnons ci-dessous le compte rendu des cinq plus importantes, faites sous son nom. Une autre partie, restée dans la famille, fut spoliée pendant la Seconde Guerre mondiale sous l'occupation allemande. Heureusement des caisses entières furent retrouvées et récupérées.
L'étiquette, en couleur et or, se trouve au verso des cadres.
Sa collection de figurines, représentant l’évolution du costume militaire de l’Antiquité au Premier Empire à l’échelle 1/6e environ, fut donnée au musée de l’Armée en 1935.
VENTES Bernard FRANCK
I. 1935, 22-23 février, Paris (experts P. Foury, G. Bernard, L. Bourdier). Préface par H. Nocq. 272 nos dont 39 de tableaux et dessins, 62 de miniatures (par David, Gasparolio, Gigola, Heinsius, J. B. Isabey, Lagrenée, Léandri, Lecour, Nasti, Quaglia, etc.), les autres pour les armes, décorations, bronzes, cuivrerie militaire, objets historiques, etc.
II. 1935, 8-9 mars, Paris (mêmes experts). Bibliothèque. 430 nos. Livres, albums et recueils d'estampes et d'aquarelles concernant les costumes militaires et scènes historiques français et étrangers par : V. Adam, Andrieux, Aubry, Bürger, H. Bellangé, Charlet, Chéreau, A. Dumaresq, Duplessi-Bertaux, Grasset Saint-Sauveur, Gravelot, Imagerie, H. Lalaisse, Martinet, A. Menzel, de Montigny, Raffet, Sergent, H. Vernet, etc., albums ou recueils de lithographies diverses : V. Adam, Boilly, La Caricature, Charlet, G. Doré, Gavarni, H. Monnier, etc. Livres sur les beaux-arts, le théâtre, les modes, Paris et environs (albums de vues dont Bacler d'Albe, Janinet), etc.
III. 1935, 21-22 mars, Paris (mêmes experts). 346 nos. Objets de même genre que dans la 1re vente. Dans les 60 nos de tableaux, aquarelles et gravures, signalons la série de 8 costumes militaires gravés d'après Hoffmann, épr. color., rehaussées d'or et d'argent, et ses 2 gouaches originales. 109 nos de miniatures.
IV. 1935, 3-4 avril, Paris (mêmes experts). Même genre que la précédente. 449 nos dont 36 pour les gravures, 47 pour les tableaux, dessins, affiches, placards, etc., et 104 pour les miniatures.
V. 1955, 17 février, Paris (experts M. Rousseau, P. Foury, R. J. Charles). Sans catalogue. Aquarelles, dessins, pièces relatives aux ballons, imageries populaires, scènes historiques, portraits (napoléoniens, généraux et maréchaux français et étrangers), costumes et scènes militaires, estampes du début du XIXe siècle, vues (France et étranger) « provenant de l'ancienne collection Bernard Franck ». Principales adjudications : Kobell, « Tableau général » de l'infanterie et de la cavalerie françaises 20.000 fr., idem Infanterie et cavalerie autrichiennes 26.000 fr. ; Rugendas, 13 batailles 28.000 fr. ; Debucourt d'après C. Vernet, Lanciers polonais en cantonnement et Grand-garde de lanciers polonais 20.000 fr.
D'autres ventes de même provenance, en préparation, seront faites aussi sans catalogue.
Référence :
14763