ANNEAU DE FIDÉLITÉ DE LA COMPAGNIE DES « GRENADIERS À CHEVAL » DE LA MAISON MILITAIRE DU ROI, AYANT APPARTENU À J. GALABERT, RESTAURATION.

ANNEAU DE FIDÉLITÉ DE LA COMPAGNIE DES « GRENADIERS À CHEVAL » DE LA MAISON MILITAIRE DU ROI, AYANT APPARTENU À J. GALABERT, RESTAURATION.

Anneau de la Compagnie des « Grenadiers à cheval ». En cuivre doré, orné de feuillages et d'écus. Chaton en vermeil à la grenade éclatante avec devise « Undique temor », « Undique lethum » et « Honneur et Fidélité » dans des écus (reste d'inscription). A l'intérieur, deux mains croisées et gravées « Mis de la Rochejaquelein » et « Galabert.J 1815 ».

Bon état, usures d'usage.

France.

Restauration.

NOTE :
On y joint une bague en métal argenté, non militaire, mais de même provenance.

HISTORIQUE :
Devant le retour inopiné de l’Empereur en France en février 1815, Louis XVIII quitte Paris pour Gand. Les militaires de l’armée royale qui le suivent en Belgique reçoivent un brevet signé de la main du duc de Berry, constatant qu’ils ont fait partie de cette armée. Les officiers ont résolu de faire faire une bague portant deux épées en croix avec cette devise : “ma vie au roi, mon cœur aux dames” «Cette bague qui vient d’être exécutée renferme aussi les lettres initiales de la famille royale : L, MT, P, A, F, C. (Louis XVIII, Marie-Thérèse duchesse d’Angoulême, Louis-Philippe duc d’Orléans, Antoine duc d’Angoulême, Ferdinand duc de Berry, Charles, comte d’Artois). On y a gravé également le nom de celui pour lequel elle a été faite avec le jour et le lieu où il a passé la frontière. » Parmi les quelques exemplaires connus la devise complète est toujours “à dieu mon âme ma vie au roi, mon cœur aux dames, l’honneur à moi.”
C’est Monsieur Brechemin, bijoutier au Palais-Royal, galerie des Bons-Enfants, n° 128, qui est chargé de leur confection, il tient un registre pour prévenir toute erreur. Ces bagues ne sont faites ou remises que sur le vu du brevet.
Une bague a appartenu à Jacques Brasseur, conducteur du train d’artillerie dans les compagnies des Gardes du Corps du Roi. Elle porte pour date sur le chaton : Gand, 17 mars 1815, l’intérieur est gravé « Brasseur Jacques conducteur d’artillerie de la Garde royal (sic) » avec un écusson portant les initiales : L, M.T, P, A, F, C.
Un autre exemplaire est daté du 25 mars 1815, le chaton est constitué par une petite boîte ovale à charnière servant de reliquaire ; elle porte l’inscription « Mis de Monpezat, Major officier d’État-major du Mre de la Gre », et à la hauteur du chaton, dans un écusson en forme de cœur, les lettres majuscules L. MT. P. A. F. Tout comme un autre exemplaire de mars 1815 que nous avons vendu en 2006 ayant appartenu à Gérard de Contamine d’Arimont, Garde-du-corps du Roi.
Sur une bague du même modèle provenant de la famille de Valles (ou d’Hozier), le chaton forme lui aussi une petite boîte reliquaire, elle est datée à « Ypres 25 mars 1815 ».
Comme l’écrit Gabriel Cottreau, en 1904 dans un article publié dans la revue La Sabretache : « La Restauration est la seule période de notre histoire où l’on ait vu des militaires porter des bagues rappelant soit leurs services dans un corps, soit leur participation à une campagne. Cet usage prit naissance dans la Maison du Roi et se répandit dans les compagnies de la Maison rouge : gendarmes, chevau-légers et mousquetaires, ainsi que dans la compagnie des grenadiers à cheval, principalement au moment où ces corps furent licenciés. »
Je possède l'anneau de Louis François Xavier Duliège d'Aunis (ou Duliège d'Arrest) né le 12 janvier 1795 à Ballavesne aujourd'hui rattaché à Toeufles (Somme), mort le 1er août 1851. Lieutenant à la compagnie des Chevaux-Légers de la Maison Militaire du Roi, mais qui ne présente pas de gravure spécifique à la compagnie, cette bague portant deux épées en croix avec cette devise : “ma vie au roi, mon cœur aux dames”.
Au licenciement de la Maison Rouge de louis XVIII, les officiers des compagnies reçurent, comme signe de ralliement, un anneau en or dont le chaton portait l’insigne distinctif de la compagnie. Ainsi les bagues des Mousquetaires étaient décorées de la croix de chaque Compagnie, avec le numéro 1 ou 2 au centre de la croix ; pour les Gendarmes, le fuseau de Jupiter était agrémenté de la devise de la compagnie “Quo jubet iratus Jupiter” ; pour les Chevau-Légers, le foudre fleurdelisé avec la devise “Sensère Gigantes” et au-dessous, la date de création de la compagnie “1593”; l’anneau pour les Grenadiers à cheval était en argent avec une grenade enflammée.
« Dans sa séance du 1er août 1816, le conseil d'administration de l'ancienne compagnie des Gardes à cheval de la maison du Roi, pour marquer leurs regrets d'être séparés de leurs compagnons d'armes, et ceux d'avoir perdu leur intrépide chef, le marquis de la Rochejaquelein, prenait la résolution unanime de faire faire des anneaux portant en-dessus, en conformité des anciens étendards de la compagnie des Grenadiers à cheval, une grenade éclatante avec la devise : Undique Terror et Undique Lethum, d'un côté de cette grenade, le mot Honneur et, de l'autre, celui de Fidélité. En dedans, deux mains réunies, et d'un côté écrit : Le marquis de la Rochejaquelein, de l'autre le nom de l'officier, sous officier ou grenadier qui devra porter le dit anneau ; et que ces anneaux seront distribués par le digne frère de feu leur brave Capitaine-Lieutenant, M. Le comte Auguste de la Rochejaquelein, colonel du 1er régiment des Grenadiers à cheval de la Garde Royale ».
Ces bagues sont de la plus grande rareté, grâce aux prestigieuses collections Raoul et Jean Brunon, acquises par l’état en 1967, le Musée de l’Armée possède, dans ses collections, une bague des Grenadiers à Cheval (actuellement exposée au château de l’Empéri à Salon de Provence) ; un second exemplaire a été reproduit dans les premiers carnets de la Sabretache (peut-être est-ce le même exemplaire de la collection Brunon ?). Gabriel Cottreau, dans l’article que nous avons mentionné au début de notre propos, écrit : « Il est de tradition dans notre famille paternelle, où nous eûmes un grand-oncle mousquetaire en 1814 et 1815, que, peu de jours avant de cesser leur service, les mousquetaires furent présentés par leurs chefs à la duchesse d’Angoulême pour lui faire leurs adieux. Au cours de cette audience, cette princesse, après avoir exprimé sa satisfaction de se voir au milieu de vrais chevaliers français, fit apporter des plateaux chargés de bagues en argent et les distribua aux mousquetaires. Mon grand-oncle était de la 2ème compagnie, ce qui expliquerait le métal de la bague qui est encore conservée par ses descendants. L’anneau est uni, avec un chaton en forme d’écu héraldique portant des armoiries de fantaisie dont le sens nous a toujours échappé ». Le lieutenant-colonel Titeux, dans son Histoire de la Maison du Roi, donne la description d’une bague ayant appartenu au comte de Baillon, en fait cet exemplaire est identique à la bague présentée dans notre catalogue mais l’intérieur de l’anneau est gravé des initiales « L.M.T.P.A.P. » plus loin « Le comte de Baillon, Mousquetaire Noir ».
Je possède deux autres exemplaires identiques actuellement présentées sur le site ayant appartenue au Grenadier à Cheval : J. Bondele.

SOURCES :
• Histoire de la Maison Militaire du Roi, Eugène Titeux, Paris, 1890.
• Bagues militaires de 1815 et 1824, Gabriel Cottreau, Carnets de la Sabretache, Paris, mars 1904.
• La bague en France à travers l’histoire, Maximin Deloche, Librairie de Paris, Firmin-Didot et Cie, 56 rue Jacob.
Prix : 4 200,00 €
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Europe frais de port 15,00 € 25,00 €
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Référence : 12284


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