PORTRAIT de Jacques DE TROBRIANT CHEF D'ESCADRONS DES CHASSEURS À CHEVAL DE LA JEUNE GARDE IMPÉRIALE, PREMIER EMPIRE (1813-1814)

PORTRAIT de Jacques DE TROBRIANT CHEF D'ESCADRONS DES CHASSEURS À CHEVAL DE LA JEUNE GARDE IMPÉRIALE, PREMIER EMPIRE (1813-1814).

Huile sur toile non signée représentant à mi-jambes le chef d'escadrons des Chasseurs à cheval de la Jeune Garde Impériale en 1813.

Il est représenté en grand uniforme, avec dolman vert à tresses et galons d'or; culotte écarlate à galons d'or ; pelisse écarlate à galons d'or et fourrure blanche. Ceinture écharpe vert et or.
Shako du modèle spécifique à la Jeune Garde Impériale avec fût recouvert de drap écarlate bordé dans le haut et le bas d'un galon de velours noir, le galon du haut est richement brodé d'une suite d'anneaux entrelacés en cannetilles et fils d'or, le galon du bas appelé "bourdalou" est bordé de part et d'autre d'une simple baguette brodée de fils d'or ; sur l'avant une grande cocarde en soie tricolore est fixée par un bouton doré qui maintient une ganse or ; Visière en cuir noir cerclée or ; jugulaires avec mentonnière brodée en passementerie d'or; cordon raquettes en passementerie d'or.
L'officier tient dans sa main la poignée de son sabre avec dragonne or et ceinturon en cuir rouge brodé or.

Hauteur 114 cm
Largeur 87 cm

Cadre en bois doré.

Parfait état de conservation.

Premier Empire.

BIOGRAPHIE

TROBRIAND Jacques de (1780-1867)

Né à Pleubian le 29 février 1780, le fils cadet de François Marie 1er Denis de Keredern de Trobriand et de Anna Maria Teresa de Massa y Leunda y Aristiguieta, s’engagea à l’âge de neuf ans sur la frégate où servait alors son frère aîné François Marie 2. En 1795, il débarquait de la corvette « L’Assemblée Nationale » trois mois avant qu’elle ne sombre, le 2 septembre 1795, dans un combat contre les anglais au large des côtes pleubianaises. Il fut cependant, peu après, fait prisonnier par les anglais pendant l’expédition d’Irlande (1796) puis échangé contre un Consul hollandais.

En 1798, « las d’être du côté des perdants », il rejoint les forces terrestres victorieuses sur le Rhin et s’engage dans les Hussards de Chamborand (devenu le 2ème Hussards depuis 1791), s’illustrant dans les campagnes de 1799-1800. Il passe ensuite au 5ème Hussards puis dans les Guides du Premier Consul sous les ordres d’Eugène de Beauharnais et participe à la bataille de Hohenlinden (Décembre 1800). En 1802, il sert dans le 11ème Chasseur à Cheval quand est lancée l’opération de Saint Domingue. Il y participe comme attaché au Général Leclerc et fut le premier, au moment du débarquement, à pénétrer dans la redoute de Fort Limbé. Cité à l’ordre du jour, il est fait Second Lieutenant.
En 1803, le Maréchal Davout le choisit comme aide de camp. Il prendra part à toutes ses campagnes, participant à la gloire de celui qui deviendra duc d’Auerstadt et prince d’Eckmühl. C’est lui qui, en particulier, sera choisi par le maréchal pour porter à l’Empereur la nouvelle de la victoire d’Auerstadt, victoire qui précéda et rendit possible celle d’ Iéna, et valut à Davout son duché.


Voici un épisode de la vie à Ambleteuse, réunissant Davout, Trobriand et l’amiral Verhuell : Le 17 juillet 1805 à 7 heures du soir, 4 prames françaises et 33 canonnières bataves commandées par l’amiral hollandais Verhuell quittèrent le port de Dunkerque pour faire voile vers la Manche. Le convoi fut attaqué par une division anglaise à la hauteur de Gravelines, mais réussit, malgré des tués et des blessés et quelques bateaux endommagés, à poursuivre sa route jusqu à Calais où il mouilla. Inquiet Davout rejoignit aussitôt Verhuell dans ce port et décida de faire avec lui la dernière partie du voyage qui s’annonçait dangereuse. Le convoi réduit à une vingtaine de bâtiments, appareilla le 18, à 4 heures de l’après-midi par un vent assez violent de nord-est et une mer houleuse. La croisière ennemie, forte de 45 voiles, attaqua devant le Blanc-Nez. L’engagement fut tout de suite très chaud. Mais passons la parole à un témoin, l’aide de camp Trobriand qui, avec son camarade Bourke se trouvait aux côtés de Davout sur le bateau amiral : «  On se serait cru en enfer... Le vent, la mer, ces satanés Anglais qui tiraient sur nous comme on tire sur une cible, tout à l’envie faisait rage ! Bourke et moi, nous croyions notre dernier jour arrivé ; cependant, en voyant Monsieur le Maréchal tranquille comme s’il eut été dans son salon, nous tâchions de faire bonne contenance. L’amiral n’avait pas l’air de bonne humeur, impassible, attentif à toute chose, il donnait des ordres ; les matelots manœuvraient crânement, l’artillerie ripostait de son mieux, mais nos barques ressemblaient à autant de petits pâtés prêts à tromper l’appétit de Messieurs les Anglais. Bah ! Le maréchal y faisait bien attention ! Il lorgnait de toutes ses forces et nous demandait sans cesse, depuis que la flottille était parvenue à serrer la côte si nous ne voyions rien ? Arrivés à la hauteur du cap Gris-Nez, je crus tout perdu... La profondeur de l’eau dans ces parages, permettant aux gros vaisseaux anglais d’approcher, ils se prirent à tirer sur nous en avançant toujours, mais là, à croire toutes les foudres de Jupiter à leur service... et le maréchal souriait ! Je lui en voulais bien un peu de nous avoir conduits là, quand tout à coup, au-dessus de nos têtes : Boum ! ... Boum. !... Boum ! ... Boum ! ... Boum ! . C’était à devenir sourd, jamais je n’ai entendu tel tapage ! C’était un des tours de l’Empereur. Dans la nuit, il avait fait garnir les hauteurs de batteries infernales et il fallait voir la surprise de Messieurs les Anglais qui se sauvaient à toutes voiles, et la figure de l’Amiral Verhuell ! » Le maréchal savait tout mais il avait gardé son secret ! A dater de ce jour, l’amiral et lui devinrent une paire d’amis...

Santiago est décoré à Austerlitz et promu Lieutenant des Gardes. Il est ensuite blessé à Jolymin, nommé Capitaine à Eylau par Napoléon pour avoir seul, pistolet à la main, enlevé au bivouac russe un prisonnier qui avait fait de faux rapports sur la retraite des troupes ennemies.

Aide de camp dévoué et fidèle, Trobriand s’illustre notamment pendant la bataille d’Auerstaedt lorsque, envoyé par Davout pour aller chercher le concours de Bernadotte, il répond très sèchement au prince de Ponte-Corvo, ne supportant pas le refus désobligeant de ce dernier. Bernadotte s’en serait d’ailleurs plaint, en vain, auprès de l’Empereur. C’est d’ailleurs ce même Trobriand qui sera chargé, à l’issue de la bataille, d’annoncer à Napoléon la victoire de son général à Auerstaedt.

Capitaine depuis le 16 février 1807, Trobriand est nommé chef d’escadron après la bataille d’Eylau, et cité à l’Ordre du jour à Wagram. D’ailleurs, le 15 octobre 1809, le maréchal Davout écrit à l’Empereur : « Sire, j’ai l’honneur de solliciter les bontés de Votre Majesté en faveur de M. le chef d’escadron Trobriant, l’un de mes aides de camp. Cet officier est d’une bravoure très distinguée, rempli de zèle, d’activité et de dévouement. Il a reçu plusieurs blessures, et quoique que jeune encore, il a de longs services, tant dans la marine que dans les troupes. Votre Majesté a eu plusieurs fois l’occasion de remarquer son zèle, son activité et son intelligence, notamment à la bataille d’Eylau. Il a éprouvé de grandes pertes dans sa fortune, son beau-père, qui était l’un des riches armateurs de Dunkerque, ayant été ruiné par les circonstances. Je prie Votre Majesté de lui accorder le titre de baron avec dotation ».

Il est ensuite blessé deux fois à Ratisbonne et refuse de signer la capitulation de la ville lorsqu’elle est prise par Kolowrath. Echangé contre un colonel autrichien, il se voit alors confier, sur ordre de l’empereur,  le commandement de la place de Ratisbonne, lorsqu’elle est à nouveau aux mains des français (avril 1809). Nommé chef d’escadron en 1809, il est cité à l’ordre du jour à Wagram. Il est ensuite envoyé en Espagne (1811), puis chargé d’organiser le 2ème Chasseur de la Garde "jeune Garde" (1813). Pendant la campagne de France, il rejoint le quartier général de l’empereur avec la 3ème Brigade de Cavalerie. En 1814, il est Colonel du 7ème Hussards, qu’il commande jusqu’en 1815, date à laquelle son régiment est dispersé.

A 35 ans, Santiago se battait depuis 26 ans pour la République et pour l’Empire . En récompense de sa fidélité, il reçut, de l’Empereur, la médaille de Sainte Hélène et une mèche de cheveux de Napoléon. Il n’accepta aucun service durant les quinze années de la Restauration. Dans un premier temps, il fonde l’Etablissement Thermal d’Enghien, puis sa soif d’aventures le porte, en 1816, vers l’Amérique du Sud où il offre ses services d’officier à son cousin, Simon Bolivar. Il joue, jusqu’en 1824, un rôle actif au cours du mouvement pour l’indépendance de l’Amérique du Sud. Il est alors très utile au gouvernement français et les services qu’il rendit en Colombie lui valurent,  après l’avènement de Charles X, sa nomination comme Maréchal de Camp en 1828. Mais il fut mis à la retraite pour avoir refusé de se présenter devant le général de Bourmont, ministre de la Guerre de Charles X.
La révolution de 1830 le ramène au service actif. Brigadier général, il est envoyé en Normandie pour y réorganiser la Garde Nationale du Calvados, de la Manche et de l’Orne. Il est ensuite nommé en Algérie où il est chargé, comme maréchal de camp, de la mise sur pied et de l’organisation des Bataillons d’Infanterie Légère d’Afrique. Les bulletins de la Nouvelle Armée font état, alors, de son intrépide bravoure à Maison Carrée, à Boufarik et contre les tribus arabes des Hadjoutas dont il pacifia le pays en 1833.
Son état de santé l’oblige ensuite à rentrer en France. Il y assure le Commandement Militaire de la Haute Vienne, de 1837 à 1842, date de son admission dans la réserve. Il est admis à la retraite le 12 avril 1848. La même année, il refuse d’être député du Finistère et, l’année suivante, se rend en Sicile pour y prendre le commandement de troupes à la demande de l’amiral Ruggiero Settimo. Son entreprise ayant échoué, il rentre en France et se retire d’abord à Morlaix, puis à  Brest où il meurt le 24 septembre 1867. Officier de la Légion d'Honneur en 1833, commandeur en 1838, il avait été nommé Grand Officier le 27 avril 1847 et décoré par l’empereur Napoléon III, lors de son voyage à Brest.

le général Jacques Pierre Romain Denis de Keredern de Trobriand
dit "Santiago" (collection Boal)
Veuf d'un premier mariage, sans postérité, avec Charlotte Henriette Hortense Roussel, il avait épousé, en secondes noces, Hélène Anne Charlotte de Crévoisier de Vomécourt (née le 3/5/1775 à Hurbache-88 et décédée le 18/7/1869 à Nancy-54), elle-même veuve de Joseph André Rieff qu’elle avait épousé en 1794 et dont elle eut un fils, Charles Louis Rieff, né en 1795. Santiago de Trobriand avait, par ailleurs, déjà adopté, le 11 décembre 1816, une fille, Louise Victoire Fanny, née le 9 novembre 1812. Louise Victoire, née d'une certaine dame Marie-Louise Saguin, était en réalité sa nièce, fille illégitime de sa soeur Fanny, Louise Jeanne Nicole Dervieu du Villars et dont la paternité est attribuée, sans preuves formelles, à Eugène de Beauharnais. Louise Victoire épousa par la suite, le 25 juillet 1842, son cousin Amand Fidèle Denis de Keredern de Trobriand, du rameau B des Keredern. De cette union descend l’actuel chef de nom des Keredern de Trobriand.
De Santiago, on retiendra enfin la réponse cinglante qu’il fit, après l’abdication de Napoléon, à un général prussien. A son interlocuteur  qui lui disait : « Vous, Français, combattez pour l’argent, tandis que nous, Prussiens, combattons pour l’honneur. », il répondit « naturellement, chacun se bat pour ce qu’il n’a pas ».
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